Energies vertes : les opposants à la biomasse déboutés par la cour européenne

Forêt
L'utilisation de la biomasse forestière comme source de production d'électricité est controversée.

Dans la définition des énergies renouvelables, l'Union européenne a inscrit la biomasse forestière. Pronant l'avis contraire, certains citoyens et des ONG avaient décidé de porter l'affaire auprès de la Cour de Justice de l'Union Européenne (CJUE), jugeant la biomasse plus polluante que le charbon. Le 11 mai, par le biais d'une ordonnance la CJUE a fait savoir qu'elle ne statuerait pas sur la question au motif que les plaignants "n'ont pas de statut juridique".


Qu'est-ce que la biomasse forestière ?

biomasse

La production d'électricité se base souvent sur la combustion de matière afin de la transformer en énergie. A ce titre, on peut utiliser le charbon, le pétrole, le gaz, à savoir les énergies fossiles, mais aussi le bois sous différentes formes.

C'est ce dernier qui constitue la biomasse. Comme l'explique l'Agence de l'Environnement et de Maîtrise de l'Energie (Ademe), la biomasse inclus "le bois d’œuvre, le bois de trituration destiné à l’industrie du papier et des panneaux, et le bois énergie" ainsi que "les déchets, sous-produits et coproduits provenant de l’industrie du sciage, ainsi que les produits en bois en fin de vie". Pour l'Ademe, il s'agit d'une énergie verte.

Le développement de la valorisation de la biomasse constitue l'une des voies importantes choisies par l'Union européenne et la France pour participer à la maîtrise des consommations de ressources non renouvelables et lutter contre le changement climatique. Ademe

Pourquoi cette controverse sur la biomasse et les énergies renouvelables ?

CO2

Alors que l'Union européenne l'érige au rang d'énergie renouvelable, d'autres acteurs estiment que la biomasse forestière contribue au réchauffement climatique. En effet, l'utilisation des ressources forestières pour fabriquer de l'électricité leur apparait contre-productif. Les forêts sont des poumons pour la planète, elles transforment le CO2, principal gaz à effet de serre (GES), en oxygène. A l'inverse, la combustion du bois émet du CO2.

D'après Greenpeace Canada, les centrales de biomasse "émettent jusqu’à 150% de plus de CO2, 400% de plus de monoxyde de carbone irritant pour les poumons, et 200% de plus de particules fines" que les centrales à charbon. Cela engendre évidemment des problèmes environnementaux mais soulève aussi des questions de santé publique.

En effet, les particules fines causent des difficultés respiratoires, notamment de l'asthme. A ce titre, elles ont potentiellement joué un rôle dans l'épidémie de Covid-19. Selon Yaron Ogen, chercheur à l’Université de Martin Luther de Halle en Allemagne, 78 % des décès dus au coronavirus en Europe ont eu lieu dans des régions polluées, très soumises aux particules fines. 

Que comptent-faire les plaignants ? 

Malgré le rejet de la CJUE, les plaignants ne veulent pas en rester là. En effet, beaucoup estiment que la biomasse a un impact négatif sur la planète. Soutenus par l'ONG Fern et le Center for Climate Integrity, ils ont décidé de faire appel de la décision.

L'UE s'est engagée à zéro émission nette d'ici 2050 et propose de renforcer considérablement les objectifs de réduction des GES. Brûler du bois pour l'énergie et simplement compter les émissions comme nulles, comme le fait actuellement l'UE, détruit les forêts et augmente les émissions de GES. Dr Mary Booth, témoin expert de la procédure

Consommateur, faut-il arrêter de se chauffer au bois ?Le bois est une énergie de chauffage économique et considérée comme écologique. Mais, le débat sur la biomasse peut faire réfléchir à l'impact des chaudières à bois sur le climat. En France, la filière bois est très encadrée. Les producteurs font attention à avoir une gestion saine des forêts pour ne pas mettre en danger l'environnement et les écosystèmes. Pour être sûr de bénéficier du chauffage au bois le plus plus performantes écologiquement, le consommateur peut se fier au label flamme verte.

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