Mai 2026 : le prix du gaz bat son record historique

Après le mirage d'une très légère baisse le mois précédent, la publication de la Commission de régulation de l'énergie (CRE) pour le mois de mai 2026 confirme le retour d'une forte inflation. Le Prix Repère de Vente de Gaz (PRVG), véritable boussole du marché pour les consommateurs, enregistre une hausse moyenne brutale de 15,4 % toutes taxes comprises par rapport au mois d'avril.

Dans le détail de la nouvelle grille officielle (zone GRDF), le prix du kilowattheure pour un foyer se chauffant au gaz passe de 0,10415 € TTC en avril à 0,12558 € TTC en mai, soit une hausse de 20,6 %. Pour les ménages utilisant le gaz uniquement pour la cuisson et l'eau chaude, le tarif bondit à 0,15616 € TTC. L'abonnement annuel, quant à lui, reste figé à 343,90 € pour le profil chauffage.

Pour mesurer l'impact réel de cette mise à jour sur votre pouvoir d'achat, nous avons calculé la facture annuelle d'un ménage moyen consommant 11 200 kWh de gaz par an. Avec les tarifs d'avril, cette facture s'élevait à 1 510 €. En appliquant la nouvelle grille de mai, elle grimpe en flèche à 1 750 €. Cette évolution représente un surcoût de 240 € sur l'année (soit une hausse globale de 15,9 % sur la facture complète).

Évolution de la facture annuelle de gaz entre avril et mai 2026 pour un profil chauffage consommant 11 200 kWh par an.
Mois Prix du kWh TTC Facture annuelle estimée
Avril 2026 0,10415 € 1 510 €
Mai 2026 0,12558 € 1 750 €
Évolution + 20,6 % + 240 € (+ 15,9 %)

L'explosion du mois de mai marque un tournant pour le budget des ménages français, effaçant d'un trait les baisses concédées en début d'année.

Pourquoi l'impact immédiat de mai sera (temporairement) limité

Si la facture annuelle simulée s'alourdit lourdement, son effet sur les prélèvements de ce mois de mai sera paradoxalement atténué. La Commission de régulation de l'énergie précise que cette augmentation intervient au printemps, une période marquant la fin de la saison de chauffe.

Les radiateurs étant éteints, le volume de gaz consommé chute drastiquement. L'autorité évalue ainsi l'impact réel moyen sur la facture du mois de mai à seulement 6,19 euros TTC supplémentaires. Les 27 % de foyers ayant sécurisé leur contrat avec une offre à prix fixe ne se verront appliquer aucune augmentation.

1 000 € de plus sur la facture de gaz en l'espace de 10 ans !

D'un point de vue historique, jamais le gaz n'a été aussi cher en France. En l'espace de 10 ans, la facture de gaz payée par les ménages a augmenté de 134 %, passant de 747 € en mai 2016 à 1 750 € en mai 2026, soit une augmentation de 1 000 € pour un ménage chauffé au gaz ! (consommation retenue : 11 200 kWh par an).

Pourquoi le prix du gaz explose avec 2 mois de décalage ?

Comment le prix de référence peut-il exploser alors que la planète entière observe avec soulagement un début de trêve au Moyen-Orient ? La réponse se trouve dans la méthodologie de calcul officielle de la CRE.

Le tarif publié pour le mois de mai n'est pas une photographie instantanée du marché actuel. La part "approvisionnement" repose à 80 % sur la moyenne des cotations constatées un mois plus tôt (en l'occurrence, mars 2026), et à 20 % sur des cotations trimestrielles arrêtées en février.

En clair, la grille de mai reflète la panique des marchés lors du pic de la crise iranienne, lorsque les cours avaient ponctuellement doublé.

C'est ce délai de latence de près de deux mois qui crée cette violente onde de choc aujourd'hui. Comme l'avait anticipé Selectra il y a quelques semaines, le mécanisme de la CRE protège les usagers dans l'immédiateté d'une crise en lissant les prix, mais l'impact d'un conflit géopolitique finit inéluctablement par rattraper la facture du consommateur final.

L'espoir d'une baisse du prix du gaz prononcée dès le 1er juin

Si le mois de mai s'annonce difficile, ce fameux décalage technique de la CRE pourrait très vite se transformer en atout majeur pour les mois à venir. En effet, les marchés financiers ont réagi très positivement aux récents événements diplomatiques, avec des cours du gaz naturel s'effondrant de près de 20 % suite aux dernières annonces.

Au regard de cette accalmie boursière, Selectra anticipe d'ores et déjà une baisse prononcée des tarifs dès le 1er juin 2026. Cette projection optimiste reste toutefois conditionnée à deux facteurs cruciaux : il faut impérativement que le cessez-le-feu récemment négocié se maintienne dans la durée et que le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz reste ouvert et sécurisé.

Si ces conditions sont réunies tout au long du mois d'avril, la mécanique de rattrapage de la Commission de régulation de l'énergie répercutera automatiquement l'effondrement des prix de gros sur le prix du gaz payé par les ménages à compter du 1er juin, balayant ainsi la douloureuse parenthèse de mai.

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