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Une canicule qui a fait tomber les records dès le mois de mai

Depuis le 21 mai, de l'air brûlant est remonté du Maroc vers la France en passant par la péninsule ibérique, avant de rester piégé sous de hautes pressions. Selon Météo-France, ce blocage atmosphérique a agi comme un couvercle : l'air comprimé vers le sol s'est encore réchauffé, un phénomène que les météorologues nomment dôme de chaleur.

Le mécanisme a livré son intensité maximale jeudi 28 mai, avec des maximales approchant localement 38 à 39 °C, soit parfois des records absolus pour un mois de mai. Le pays n'avait jamais atteint de tels niveaux à cette période de l'année.

À l'échelle nationale, l'indicateur thermique a culminé à 24,8 °C le 26 mai, effaçant le précédent repère de 22,9 °C daté du 28 mai 2017. En une seule journée, plusieurs centaines de stations ont battu leur record mensuel.

Les nuits ont été tout aussi remarquables. Sur la façade atlantique, le mercure n'est plus descendu sous 20 °C, seuil des nuits dites tropicales, avec par exemple 22,1 °C relevés à Dinard contre un précédent record de 16,0 °C en mai 2018.

Dates de la fin de la canicule, région par région

Le dôme de chaleur montre désormais des signes d'affaiblissement, mais le reflux ne se produit pas partout au même moment. Vendredi 29 mai, les températures amorcent une baisse sur l'Ouest, alors qu'elles se renforcent encore sur l'Est et le Nord, au point que cette journée pourrait être la plus chaude en moyenne nationale de tout l'épisode.

Le vrai tournant intervient samedi 30 mai : le vent bascule à l'ouest sur la façade atlantique et fait entrer une influence océanique qui chasse la chaleur d'ouest en est. Voici, zone par zone, le moment où le rafraîchissement est attendu.

Calendrier indicatif du rafraîchissement par zone, d'après les prévisions de Météo-France, susceptible d'évoluer.
Zone géographique Date de la fin de la canicule Tendance des températures
Bretagne et façade atlantique Dès vendredi 29 mai, net samedi 30 Chute marquée : 20 °C à Brest vendredi contre 29 la veille
Sud-Ouest et côte aquitaine Vendredi 29 mai Baisse sensible : 23 °C à Biarritz contre 34
Centre et intérieur des terres À partir de samedi 30 mai Recul progressif au fil du week-end
Pourtour méditerranéen Week-end, à partir du samedi 30 Baisse plus tardive, brises de mer, vigilance feux maintenue
Nord et Est À partir de dimanche 31 mai Chaleur encore en hausse vendredi, rafraîchissement décalé

Le répit pourrait toutefois rester partiel : une remontée temporaire d'air chaud vers l'est du pays n'est pas exclue en fin de semaine prochaine. Côté incendies, le risque demeure limité grâce aux pluies abondantes de la première quinzaine de mai, même si le vent attendu près de la Méditerranée pourrait l'accentuer ponctuellement.

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Une canicule précoce qui a déjà fait des victimes

L'épisode s'est aussi distingué par sa gravité. Mardi 26 mai, huit départements de l'ouest (Finistère, Morbihan, Manche, Ille-et-Vilaine, Maine-et-Loire, Mayenne, Vendée et Loire-Atlantique) sont passés en vigilance orange canicule, une première pour un mois de mai. Le lendemain, l'alerte était étendue à treize départements.

Selon la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, sept décès sont liés directement ou indirectement à la chaleur, dont cinq noyades survenues notamment en Gironde, dans la Marne, en Seine-et-Marne et en Maine-et-Loire. Deux autres personnes ont succombé lors d'activités sportives, à Paris et dans la métropole lyonnaise.

À ces drames s'ajoute une pollution à l'ozone qui a atteint des seuils critiques dans plusieurs régions, aggravant les risques pour les personnes fragiles. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a appelé à éviter toute activité physique intense aux heures les plus chaudes, sans qualifier pour autant la situation d'urgence sanitaire.

La chaleur intense met enfin le réseau électrique à rude épreuve : sous le bitume, les câbles souterrains souffrent des fortes températures, ce qui peut provoquer des coupures localisées, comme l'avaient montré les pannes de l'été 2025.

Garder son logement au frais sans alourdir la facture

En attendant le rafraîchissement, les gestes conseillés par Météo-France restent les mêmes : boire régulièrement, rester au frais et éviter les sorties aux heures les plus chaudes. Encore faut-il refroidir son logement sans voir sa facture s'envoler.

Premier réflexe, le simple ventilateur brasse l'air mais ne fait pas réellement baisser la température de la pièce. À l'inverse, la consommation d'un climatiseur mobile peut grimper à vingt à trente fois celle d'un ventilateur, ce qui pèse vite sur le budget en cas d'usage prolongé.

Plusieurs gestes anti-chaleur très populaires se révèlent en réalité inefficaces, quand d'autres solutions à moins de 50 euros rafraîchissent vraiment un logement. Pour un confort durable, une climatisation réversible reste plus économe qu'un appareil mobile, au prix d'un investissement plus lourd.

Au-delà des gestes du quotidien, une bonne isolation thermique demeure le meilleur rempart. Car ces épisodes, rappelle Météo-France, sont appelés à devenir plus fréquents, plus précoces et plus intenses sous l'effet du changement climatique.

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