2,1 milliards € : votre département touche-t-il le pactole des énergies renouvelables ? (Carte interactive)

2,1 milliards € : votre département touche-t-il le pactole des énergies renouvelables ? (Carte interactive)

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Pour une fois, le jackpot n'est pas pour les métropoles. Dans les villages de moins de 500 habitants, les énergies renouvelables assurent désormais jusqu'à un quart du budget total de la commune. C'est le constat frappant d'une nouvelle étude qui dévoile comment l'éolien et le solaire sont devenus l'assurance-vie financière de la France rurale face à la baisse des dotations.

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Une bouffée d'oxygène pour les budgets communaux

Nicolas Goldberg, expert énergie chez Colombus Consulting, souligne l'ampleur du travail de fourmi nécessaire pour aboutir à cette étude : trois mois à éplucher les circuits complexes de la fiscalité locale (IFER, taxe foncière, CVAE...). Les résultats présentés hier donnent le vertige et tordent le cou à l'idée que la transition énergétique ne serait qu'un coût pour la société. 

Avec 2,17 milliards d'euros de recettes fiscales générées en 2024, les énergies renouvelables s'imposent comme un pilier financier pour les territoires. Ce trésor de guerre ne dort pas dans les caisses de l'État central : l'étude révèle que 77 % de ces sommes atterrissent directement dans les poches du "bloc communal", c'est-à-dire les mairies et les intercommunalités.

Toujours selon cette étude, pour la seule fiscalité directe, c'est 91 % de la valeur qui reste sur le territoire. Concrètement, cela signifie que l'installation d'un parc éolien ou solaire finance la cantine, la voirie ou les services publics locaux.

Concrètement, que paie une éolienne ou un panneau solaire ?

Les montants abstraits parlent peu aux riverains. L'étude a donc le mérite de traduire ces recettes fiscales en équivalents concrets pour la vie quotidienne des habitants. Prenons l'exemple de l'éolien terrestre, souvent décrié. 

Un parc standard de quatre éoliennes génère en moyenne 77.000 € par an pour le bloc communal. Sur moins de sept ans, cette somme couvre intégralement la rénovation thermique d'une école primaire. C'est un levier d'investissement colossal pour des petites communes qui peinent souvent à boucler leur budget.

Le solaire n'est pas en reste, même si les montants sont plus modestes par projet. Un parc au sol de 2 mégawatts rapporte environ 7000 € par an à la commune, soit le financement d'un terrain de basket en six ans. 

La méthanisation, quant à elle, se révèle être un poids lourd : une installation moyenne injectant du gaz dans le réseau génère 95 000 € annuels pour la collectivité. C'est l'équivalent du budget annuel d'une cantine scolaire pour 100 élèves, repas sains inclus.

Le "jackpot" des petites communes rurales

C'est dans la France rurale que l'impact est le plus spectaculaire. L'étude note que 85 % des communes accueillant un parc éolien comptent moins de 2000 habitants. Pour les très petits villages de moins de 500 âmes, dès lors qu'ils accueillent un parc, les recettes issues des énergies renouvelables représentent près d'un quart de leur budget total. Une indépendance financière inespérée face à la baisse des dotations globales.

Un argument de poids pour les municipales de 2026

Cette étude tombe à point nommé. À quelques semaines des prochaines élections municipales, elle offre aux élus sortants comme aux futurs candidats une grille de lecture pragmatique. La transition énergétique ne se résume plus à une conviction écologique ; elle devient une stratégie de survie budgétaire. Les recettes sont décrites comme "prévisibles" et "dynamiques", contrairement à d'autres ressources locales plus volatiles.

Le Syndicat des énergies renouvelables met d'ailleurs à disposition un "Atlas fiscal" interactif pour permettre à chaque citoyen et élu de visualiser les retombées dans son propre département. Comme le souligne Jules Nyssen, président du SER, il s'agit de montrer que chaque territoire détient une part de la solution, non seulement pour le climat, mais pour sa propre autonomie financière.

Source : Syndicat des énergies renouvelables / Colombus Consulting

Au-delà de la taxe : l'emploi et l'industrie

Si la fiscalité est l'argument massue pour les maires, l'impact économique ne s'arrête pas aux frontières de la commune. La filière bois-énergie, par exemple, génère à elle seule 128 millions d'euros de retombées fiscales via les entreprises de la chaîne de valeur (exploitation forestière, chaufferies). L'hydroélectricité, pilier historique, continue de rapporter gros avec environ 642 millions d'euros de fiscalité totale.

Ces chiffres rappellent que derrière les mâts d'éoliennes et les panneaux photovoltaïques, il y a un tissu industriel et des emplois non délocalisables. L'entretien, la maintenance et l'exploitation de ces centrales nécessitent une présence humaine constante sur le terrain. 

C'est une économie circulaire de l'énergie qui se met en place : la ressource (vent, soleil, déchets) est locale, la production est locale, et la richesse générée reste majoritairement locale.

Comparatif des retombées fiscales moyennes par type d'installation (pour le bloc communal)
Type d'installationRecettes annuelles moyennesÉquivalent concret
Parc éolien (4 machines)77 000 €Rénovation école primaire (7 ans)
Méthaniseur (30 GWh/an)95 000 €Cantine pour 100 élèves (1 an)
Parc solaire (2 MW)7 000 €Terrain de basket (6 ans)
Centrale hydraulique (4,5 MW)53 000 €Maison de santé (15 ans)

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