La Carte Vitale dématérialisée bientôt partout en France ?

Les services publics de la santé prennent-ils enfin le virage de la dématérialisation généralisée ? C’est en tout cas la volonté du Gouvernement, qui petit à petit met en place différents dispositifs allant dans ce sens. Dernier changement en date : la création d’une carte Vitale digitale, et une phase d’expérimentation en cours dans deux départements français.

Secteur de la santé : comment accélérer la digitalisation ?

En 2019, au cœur des bouleversements subis par le secteur de l’assurance et du suivi santé, on retrouve l’innovation technologique. Cette dernière mène évidemment vers une digitalisation généralisée des services, même si l’on constate qu’en France, les compagnies d’assurance sont encore à la traîne de ce côté-là. Malgré tout, les offres 100 % digitales se multiplient, et environ 29 % des Français assurés gèrent leur contrat depuis une application mobile. Les attentes concernant l’assurance et la santé changent : les gens veulent des contrats plus modulables, et des services plus effectifs.

Mais hors du marché de l’assurance, c’est aussi le service public de la santé qui passe à l’étape de la dématérialisation. Pourtant, là aussi, la transition est longue à se faire. On l’a par exemple constaté avec le Dossier médical partagé – sorte de dossier de santé numérique –, un projet de longue haleine. Celui-ci a pour but de centraliser les informations de santé des patients. Lancé en 2004, ce dossier n’a réellement entamé sa mise en place concrète n’a été effective qu’en 2011. Pour autant, huit ans plus tard, on ne peut pas dire que la démocratisation du DMP soit enfin totalement effective – même si les choses bougent ces derniers mois.

Fin mai 2019, un autre aspect clé de la couverture santé publique en France était l’objet de toutes les discussions : la carte Vitale. En effet, plusieurs départements – les Alpes-Maritimes et le Rhône – ont été les premiers à se lancer dans l’aventure de la carte Vitale dématérialisée, pour une phase test qui s’étendra sur un an, jusqu’en mai 2020. Une suite logique après la présentation de la « feuille de route du numérique en santé » de la ministre de la Santé Agnès Buzyn au mois d’avril 2019.

La carte Vitale dématérialisée a les mêmes fonctions que son ancêtre. Elle recoupe en effet toutes les informations pertinentes de son possesseur, et obéit aux mêmes règles en cas d’usage, de perte ou de vol – situation dans laquelle il faudra évidemment le signaler à l’organisme concerné.

Carte Vitale numérique : deux départements tests et une démocratisation à l’horizon 2021

Le but pour le Gouvernement est clair : démocratiser l’utilisation de l’« e-carte » Vitale d’ici 2021, et ce partout en France. C’est un décret paru au journal officiel le 29 mai 2019 qui a dévoilé le projet et les spécificités de l’« e-carte d’assurance maladie ». Le secteur de la santé, avec difficulté, fait donc sa transition numérique et celle-ci se trouve au cœur du projet de loi « Ma santé 2022 », adoptée en mars 2019 par l’Assemblée nationale.


À quoi ressembleront les services santé de demain ?

Pour la ministre de la Santé, la direction prise va dans le sens logique du progrès : « La demande des patients d’accéder à des droits à jour en toute circonstance et de bénéficier de démarches en ligne (comme, par exemple, la déclaration de médecin traitant) ont amené les pouvoirs publics à imaginer et concevoir une version dématérialisée de la carte Vitale, explique la feuille de route de “Ma Santé 2022” pour accélérer le virage numérique. La population étant largement équipée en smartphone en France, il a été décidé de lancer le développement d’une “appli carte Vitale” (dite “apCV”). Cette “appli carte Vitale” est destinée à devenir l’outil d’identification et d’authentification des patients dans le système de santé », est-il précisé.

Quelle forme prend cette carte Vitale nouvelle génération ? Il s’agit, comme expliqué ci-dessus, d’une application, la « apCV », disponible sur smartphone et tablette. Pour la phase test, les personnes dépendant des caisses d’assurance maladie des départements des Alpes-Maritimes et du Rhône peuvent, sur la base du volontariat, accéder gratuitement à cette carte Vitale numérique, de même que les personnes dépendant des mutualités sociales agricoles de l’Ain-Rhône et de Provence-Azur.

Dans un premier temps, l’application servira d’outil complémentaire à la carte Vitale matérielle des assurés. Et son utilisation se limitera à un usage auprès des spécialistes participant à l’expérimentation de l’« apCV ». Pour les concernés, un simple passage du smartphone sur le terminal prévu pour l’utilisation du dispositif sera nécessaire pour l’utiliser.

Un rapport devrait d’ailleurs être rendu en mars 2020, au plus tard deux mois avant la fin de l’expérimentation.

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