Groupama : après 54 % de bénéfice net en 2018, quels enjeux pour l’assureur ?

Groupama est l’un des assureurs mutualistes principaux du territoire français. En 2018, celui-ci a enregistré une hausse significative de son bénéfice net, mais les enjeux restent encore multiples pour s’imposer sur un marché pris d’assaut par les bancassureurs.

Groupama : les nouveaux enjeux de l’ère numérique

Pour Groupama, l’avenir se présente radieux. En mars 2019, l’assureur mutualiste affichait une hausse de ses bénéfices importante – ses meilleurs résultats en neuf ans –, venant confirmer son statut de leader. L’an passé, Groupama a enregistré une augmentation de son bénéfice net de 54 %, à 450 millions d’euros. Pour expliquer ces chiffres encourageants, il faut d’abord évoquer le changement stratégique de Groupama, qui en 2018 a décidé de faire de son cœur d’activité une société d’assurance mutualiste. Cette volonté était affichée par l’entreprise depuis plusieurs années déjà, et sa concrétisation est le fruit d’un travail sur le long terme.

Il n’est pas facile pour les acteurs de l’assurance de rester compétitifs dans un marché où la concurrence se fait de plus en plus grande. Il est nécessaire de miser sur la transparence, afin de regagner la confiance des consommateurs, mais aussi de mettre en place de façon très concrète la transition numérique qui amène avec elle son lot de nouveaux usages. Jean-Yves Dagès, le président de Groupama, a précisé : « Alors que le contexte concurrentiel se durcit, nous sommes en train de réaliser d’importants investissements dans le numérique. Le secteur doit monter une marche et elle est chère sur le plan financier ».

Concrètement, cela signifie s’ouvrir à des partenariats avec des spécialistes, ainsi que différentes mutuelles. Et c’est exactement ce que Groupama a décidé de mettre en place : « Nous sommes dans une démarche de main tendue. Il y a de la place pour que des mutuelles développent des solutions communes », a détaillé Jean-Yves Dagès. Le tout est pour les acteurs de l’assurance de s’imposer, car aujourd’hui, chacun d’entre eux est en quête de partenariats et bien conscient des enjeux du marché.

Groupama et Orange Bank : la transition compliquée au numériqueConcrètement, la volonté de diversification de Groupama s’incarne par exemple dans son investissement dans la banque sur mobile. L’entreprise détient 35 % d’Orange Bank, la filiale bancaire de l’opérateur français Orange. Pour autant, depuis le lancement en 2017, 262 millions d’euros de pertes opérationnelles ont été comptabilisés. Un démarrage ardu, mais qui ne semble pas entamer la confiance du groupe puisqu’une nouvelle offre devrait être lancée cette année.

Groupama : l’assureur tient le cap face aux bancassurances

Groupama est cela dit bien placé pour étendre son activité et la rendre pérenne, laquelle se concentre surtout sur l’assurance dommages et l’assurance à la personne. Le groupe est présent dans neuf pays. En 2018, en plus de la hausse spectaculaire de son bénéfice net, son chiffre d’affaires a augmenté de 3,2 %, à 14,3 milliards d’euros.


Quelle stratégie Groupama mettra-t-il en place en 2019 ?

C’est en France que la croissance a été la meilleure en 2018 pour Groupama, avec un chiffre d’affaires en hausse de 4 % à 14,3 milliards d’euros. De plus, elle compte environ 27 000 contrats de plus en assurance multirisque habitation – ou MRH et une satisfaction client globale au beau fixe. « Nous avons rénové notre produit il y a un an et davantage focalisé l’attention des caisses régionales sur l’habitation, parce que c’est un produit clef » a expliqué Fabrice Heyriès, le directeur général adjoint de Groupama Assurances Mutuelles.

L’année 2018 a été marquée par de nombreuses catastrophes écologiques, qui ont eu un véritable coût pour les assureurs. Groupama avait notamment enregistré 330 millions d’euros de pertes brutes du fait de l’ouragan Irma et de l’ouragan Maria.

Face à la puissance des bancassureurs qui envahissent le marché, Groupama résiste bien. Selon Jean-Yves Dagès, le président de Groupama, « la remutualisation du groupe [leur] offre un nouveau départ. [Ils peuvent] nouer des partenariats avec d’autres mutuelles et même aller plus loin », a-t-il expliqué. Et cela leur donne « la capacité d’intégrer un acteur majeur » du marché assurantiel. L’année 2019 devrait donc être déterminante pour l’avenir de Groupama.

Sur l’année 2018, une partie des gains enregistrés par Groupama provient de la vente de l’immeuble Window du quartier de La Défense, à Paris, cédé en octobre dernier pour 477 millions d’euros.

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