Opérateurs d’infrastructures télécoms : quels sont leurs rôles ?

Covage, Axione, Altitude Infrastructure... Vous avez peut-être déjà entendu ces noms, souvent associés à la notion « d’opérateur des opérateurs ». Que font réellement ces opérateurs d’infrastructures télécoms ? Voici la réponse.

Avant, tout était simple : il y avait France Télécom, et c’était tout. D’un autre côté, il n’y avait pas d’Internet, ni de téléphone portable, encore moins de smartphone ou d’appli mobile. Juste le téléphone. Puis le minitel, dans les années 80. Vers 1985 est aussi apparu le Radiocom 2000, sorte de téléphone « portable » du format d’une valise cabine, pesant entre 1,5 et 3 kilos et d'un coût prohibitif... Bref, c’était une autre époque.

Depuis l’ouverture à la concurrence du marché des communications en 1998, les opérateurs se sont multipliés. Mais pas seulement par 4, comme on le pense souvent ! Vous le savez peut-être, les grands opérateurs nationaux Orange, SFR/Altice, Bouygues Telecom et Free ne sont pas seuls sur le territoire français. Bien au contraire... avec l’évolution constante des réseaux, des techniques et l’extension des services, on dénombre aujourd’hui officiellement plus de 1200 opérateurs télécoms. C’est en effet le nombre déclaré à l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP).
Et ce phénomène n’est pas nouveau puisque dans le courant de l’année 1999, lorsque la toute première étude de l’ARCEP a été réalisée, on dénombrait déjà pas moins de 67 opérateurs différents ! De plus, depuis 2004, les collectivités territoriales ont elles aussi été autorisées à construire et exploiter des réseaux de communications : on les appelle les RIP. Cet acronyme tristement célèbre possède un tout autre sens dans l’univers des télécoms : il désigne un réseau d'initiative publique. Et la création de ces réseaux (environ 130 depuis 2004) à divers échelons (région, département, agglomération...) a eu pour conséquence la multiplication de petits opérateurs locaux, qui sont la plupart du temps partenaires de ces RIP.

Bref... c’est devenu compliqué ! Pour y voir plus clair, nous allons nous attarder sur les deux types d’opérateurs télécoms existant en France. Ensuite, il sera plus facile de comprendre les activités spécifiques des opérateurs d’infrastructures télécoms et de revenir sur les principaux acteurs de ce secteur : des entreprises nommées Covage, Axione ou encore Altitude Infrastructure.

Qu’est-ce qu’un RIP ?L’abréviation « RIP » désigne, dans l’univers des télécoms, un réseau d'initiative publique. Il s’agit d’un réseau mis en service par une collectivité territoriale dans un endroit où l’offre des grands opérateurs privés n’est pas satisfaisante. Il répond à un souci d'aménagement du territoire et d’accès au numérique pour tous. Les collectivités peuvent ensuite déléguer l’exploitation de ce réseau à des opérateurs comme Axione, Altitude Infrastructure, Covage… dans le cadre d’un contrat de concession ou d’affermage.

Alors, opérateur privé ou public ?

Globalement, il existe 2 types d’opérateurs : les opérateurs privés déployant un réseau pour leur propre compte et les opérateurs chargés d’une mission de service public. Dans cette première catégorie, nous retrouvons les grandes marques que nous connaissons : Orange, Free, Altice/SFR, Bouygues Telecom. Ces derniers se partagent la plus grande partie du marché, mais pas sa totalité. En effet, leur statut d’opérateur privé les oblige à surveiller l’efficacité de leurs investissements. Ainsi, certains territoires restent ignorés : les grands opérateurs n’y déploient pas de réseau car ils jugent qu’il ne serait pas assez rentable. C’est ce qu’on appelle en général les « zones blanches ».

Et c’est précisément là qu’intervient le second type d’opérateurs : ceux qui exploitent un RIP, pour le compte de la collectivité locale, dans le cadre d’un contrat public/privé. On les nomme alors opérateurs délégataires de service public : et c’est ici que nous retrouvons (enfin !) les entreprises citées en tête de cet article : Covage, Axione ou encore Altitude Infrastructure...

En effet, dans la plupart des cas, la collectivité investit avec un partenaire privé, qui est chargé de construire les infrastructures physiques du réseau sur la zone concernée. Ensuite, elle lui délègue généralement l'exploitation de ce réseau. Enfin, ce partenaire vend ces ressources aux grands opérateurs et fournisseurs d'accès Internet qui, n’ayant pas investi sur place, ne disposent pas d'infrastructures réseau localement.

Vous suivez ? Supposons que vous habitiez l’un de ces endroits. Vous êtes libre du choix de votre opérateur entre Orange, Altice/SFR, Free ou Bouygues Telecom, sous réserve d’éligibilité, bien sûr. Mais quel que soit votre choix, votre connexion passera forcément par le réseau mis en place localement : et celui qui l’a construit ne vous facturera pas directement, il facturera votre opérateur. D’où cette notion « d’opérateur d’opérateurs » puisque le client, c’est votre opérateur, celui dont vous êtes vous-même client.

 

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Voilà, vous venez de découvrir la seconde facette des opérateurs d’infrastructures télécoms : leur rôle premier est de construire « physiquement » et d’entretenir des réseaux, leur second rôle est de commercialiser leurs services auprès des opérateurs télécoms que vous connaissez.

Axione, la filiale du groupe Bouygues

axione

Le groupe Bouygues est à la fois un géant du BTP et l’un des 4 grands opérateurs privés français. Il réunit donc les 2 grands savoir-faire nécessaires à la construction « physique » d’un réseau de télécoms. Dans la galaxie Bouygues, l’opérateur d’infrastructure réseau appartient au groupe Bouygues Energies & Services, filiale à 100% de Bouygues Construction. Il se nomme Axione. L’entreprise est née en 2003 et en près de 15 ans, elle a déployé 22 000 km de réseaux et facilité le développement de plus de 150 opérateurs locaux. Elle est présente sur tout le territoire, des Hauts-de-France aux Pyrénées, en passant par la Sarthe, le Finistère, le Centre, le Rhône, la Bourgogne, les Alpes, l’Aquitaine...

Opérateur d’infrastructures télécoms, Axione s’adresse à la fois à des clients privés et publics et son domaine d’activité est double :

  • d’une part, l'aménagement numérique avec les collectivités territoriales, incluant la réalisation, l’exploitation et la commercialisation d’infrastructures ;
  • d’autre part, l’implantation complète de réseaux filaires et mobiles pour des opérateurs et équipementiers télécoms, à la fois en tant que concepteur, constructeur, intégrateur et agent de maintenance.

Axione a deux grandes premières à son actif :

  • le 1er réseau FTTH (Fiber To The Home, en français, fibre jusqu’au domicile) de 50 000 prises déployé dès 2004 à Pau ;
  • le 1er réseau WiMax déployé dès 2007 dans la norme 802.16e, puis 16m pour des débits jusqu'à 10 Mb/s. Le Wimax est un nouveau standard de communication sans fil, utilisant la norme WiFi sur une zone géographique étendue. Il est principalement utilisé dans les zones rurales.

En plus de ses compétences dans les réseaux locaux, Axione possède de solides références dans des domaines très divers : la société a par exemple fourni du très haut débit pour AMP Visual TV, la société productrice de l’émission « Fort Boyard » sur le fameux site de Charente-Maritime, déployé le réseau mobile 2, 3, 4G et 4G+ pour le Nouveau Stade Vélodrome de Marseille ou mis en place un réseau en radio privée pour le nouveau siège du Ministère de la Défense. Elle a également déployé une couverture radio indoor 2G/3G/4G multi-opérateurs pour les tours Eqho et Majunga, dans le quartier d’affaires de la Défense.

Covage, un nouveau poids lourd

covage

Covage est née en 2006. L’entreprise est spécialisée dans la conception, la construction, l’exploitation technique et la commercialisation du Très Haut Débit avec la fibre optique. Elle a été créée par l’entreprise française Vinci Networks et l’entreprise canadienne Axia Netmedia Corporation. Le fonds d’investissement européen dédié aux infrastructures « Cube » est entré au capital en 2011, rejoint en 2016 par le fonds d'investissement suisse Partners Group.

En décembre 2016, Covage a frappé un grand coup sur le marché de la fibre optique avec l'acquisition de Tutor, l’un de ses principaux concurrents, pour atteindre le chiffre de 200 000 prises FTTH raccordées et un potentiel de 1,3 million de prises FTTH en France.

Depuis cette acquisition, Covage exploite 41 réseaux d’initiative publique ou privée. Ainsi, l’entreprise dessert aussi bien des particuliers (FTTH) que des entreprises (FTTO, fiber to the office, c’est-à-dire fibre jusqu’au bureau) et des services publics, notamment certaines communautés d'agglomérations ou communes. Ainsi, plus de 200 opérateurs de communications électroniques, français ou internationaux comme Vitis et sa box Videofutur, Coriolis, Ozone... s’appuient sur les réseaux de Covage pour fournir des services à leurs propres clients.

 

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Covage est bien sûr présent dans toute la France, du nord (Calais, Communauté urbaine de Dunkerque et d’Arras...) au sud (Nîmes Métropole, Alès Agglomération, Hérault Télécom...) en passant par la Normandie, les Hauts-de-Seine et l’ Essonne, le Grand Lyon, l’Auvergne, la Haute-Garonne, Nancy etc. Elle équipe notamment le Marché International de Rungis ou l’estuaire de la Seine...

Altitude Infrastructure : l’opérateur local passe à l’est !

altitude infrastructure

Altitude Infrastructure est une filiale de la holding familiale Altitude, créée par Jean-Paul Rivière en 1990. Cet opérateur local, originaire du Nord-Ouest, connaît une croissance régulière depuis 2001. Il vient par exemple vient de décrocher cette année, après les Alpes-Maritimes en 2016, la délégation de service public pour la Région Grand Est : Ardennes, Aube, Haute-Marne, Marne, Meurthe-et-Moselle, Meuse, Vosges...

Altitude Infrastructure figure parmi les leaders français de l’aménagement numérique du territoire, avec plus d’un million de prises FTTH contractualisées. Cet opérateur d’infrastructure réseau est présent sur 20 RIP à diverses échelles : 1 région, 15 départements et 4 agglomérations.

En tant qu’opérateur d’opérateurs, il propose lui aussi un catalogue de services ouvert à tous les opérateurs télécoms sur les réseaux qu’il a construit et dont il assure la maintenance. Avec succès, puisque la firme compte aujourd’hui plus de 70 opérateurs clients.

En 2009, le groupe Altitude a créé sa propre offre FAI, dédiée aux zones peu denses, sous la marque Wibox qui propose des offres « triple play » : Téléphonie fixe + Internet + TV. Elle utilise évidemment la technologie de la fibre optique. La marque exploite ainsi ses propres réseaux avec un slogan astucieux : la fibre là où vous ne l'attendiez pas ! Ainsi, loin des métropoles, la carte de déploiement de la Fibre Wibox en France promet de profiter des performances de la fibre à Aumont-Aubrac, dans la communauté d'agglomération du Pays de Vannes, dans la communauté de commune des Rives de Moselle, ou encore dans les départements de la Manche, du Doubs et de l'Eure. Wibox propose pour ses offres 3 niveaux de prix à partir de 29,90€/mois.

Tableau comparatif des offres fibre Wibox (groupe Altitude)

  MaxiFibre SupraFibre UltraFibre
Internet Jusqu’à 100Mbits/s Jusqu’à 500Mbits/s Jusqu’à 1Gbits/s
Téléphonie fixe Appels illimités vers fixes France & International Appels illimités vers fixes France & International
illimités vers mobiles
Appels illimités vers fixes France & International
illimités vers mobiles
TV Bouquet Maxi TV : 27 Chaînes de la TNT
+ Boing, Boomerang, CNN, Lucky Jack, RTL9 et Euronews offertes
Bouquet Wi TV
80 chaînes
Bouquet Wi TV
80 chaînes
+ bouquet Premium au choix : Family, Cine+, Bein Sports
Tarif 29,90€/mois
+ 5€/mois de location de la box
engagement 12 mois
39,90€/mois
+ 5€/mois de location de la box
engagement 12 mois
49,90€/mois
+ 5€/mois de location de la box
engagement 12 mois

Des grossistes pour vos opérateurs télécoms

Nous avons vu qu’au delà de construire et entretenir des réseaux télécoms, ces entreprises fonctionnaient également comme « opérateur d’opérateurs ». Les opérateurs d’infrastructures réseau ont donc un rôle de « grossiste en accès réseau » à destination des opérateurs télécoms Orange, Free, Altice/SFR, Bouygues Telecom et autres opérateurs « virtuels » (c’est-à-dire ne disposant pas de leur propre réseau comme La Poste Mobile, NRJ Mobile, Lebara etc...). Pour être tout à fait complet, voici les différents services qu’ils peuvent offrir aux opérateurs télécoms :

 Le dégroupage des NRA (noeud de raccordement d'abonnés) : en adductant (c’est-à-dire en connectant) les anciens standards France Télécom sur leurs réseaux, ils permettent aux opérateurs de connecter leurs clients au web (et par conséquent au téléphone en VoIP).
 La collecte des données : en proposant à la fois des collectes locales de proximité et des collectes nationales, ils sont capables de fournir de « l’éligibilité-client », c’est-à-dire faire remonter l’ensemble des flux clients vers un datacenter unique, local ou délocalisé.
 Des relais pour les antennes mobiles : ils peuvent fournir aux opérateurs de services mobiles des connexions en fibre optique au pied des « points hauts », c’est-à-dire au pied de leurs antennes relais.
 Le raccordement efficace de datacenters : ils permettent ainsi aux opérateurs de proposer des services à forte valeur ajoutée.
 Des liens de transmission entre réseaux : ils permettent ainsi le transport de données d’un réseau local à un autre, sur tout le territoire français, même sur de longues distances, en adaptant la capacité de transmission aux besoins des opérateurs.

Qu’est-ce qu’un NRA ?L’abréviation « NRA» désigne un nœud de raccordement d'abonnés, c’est-à-dire le descendant des centraux téléphoniques de France Télécom. C’est ici qu’aboutissent, au niveau local, toutes les lignes téléphoniques en fils de cuivre désormais utilisées par l’ADSL (et qu’on appelle la boucle locale).

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