Connecter le monde à Internet : zoom sur le projet satellite de Facebook

Ses 2,19 milliards d'inscrits ne lui suffisent pas. Le géant Facebook souhaite maintenant conquérir les zones les plus reculées et les moins accessibles à internet de la planète, grâce à la mise en place d'un satellite, appelé Athena, en 2019, autant dire très bientôt.

Le satellite Facebook : un projet ambitieux

photo d'un enfant indien en classe
En Inde, seuls 22% de la population avaient internet (2016), contre 85% d'internautes en France (2017)

Ces zones reculées ne sont pas des moindres et représentent une véritable mine d'or pour Facebook. En 2016, la banque mondiale publiait un rapport selon lequel 4,2 milliards de personnes n'ont pas accès à internet dans le monde. Sans surprise, ce sont les pays les plus densément peuplés qui sont concernés par ce vide technologique : l'Inde, la Chine ou encore l'Indonésie. Marc Zuckerberg a trouvé une solution pour contrer l'impossible installation de câbles de fibre optique, l'internet par satellite.

D'après le magazine américain mensuel Wired qui a relayé l'information, le réseau social s'est lancé dans ce projet ambitieux, l'objectif étant d'installer plusieurs mini-satellites géostationnaires - c'est à dire qu'ils restent au dessus de la zone qu'ils couvrent et tournent donc au même rythme que la terre afin de suivre leur cible -, à 40 000 km d'altitude, soit environ 10 000 km plus haut que la couche d'Ozone qui entoure la terre. Un porte-parole de Facebook a d'ailleurs précisé à Wired :
Nous sommes persuadés que la technologie satellitaire sera un catalyseur important de la prochaine génération d'infrastructures haut débit, permettant d'offrir une connectivité aux régions rurales là où elle est actuellement faible ou inexistante.

Le réseau social qui vise principalement l'Afrique, l'Asie et l'Amérique latine fait face à un problème financier de taille. Ils ont décidé d'installer plusieurs mini-satellites au lieu d'un seul, plus lourd et volumineux - un satellite pèse en moyenne plusieurs tonnes - afin de couvrir plus précisément les territoires qu'ils ciblent et cela représente un coût non négligeable. Pour l'instant, aucune estimation du coût de ce projet ni du prix des éventuelles offres n'ont été rendues publiques.

Lors d'un programme similaire, également initié par Facebook, un drone nommé Aquila alimenté grâce à l'énergie solaire avait réussi son premier vol dans l'Arizona et se destinait à couvrir les populations n'ayant pas accès à internet. Mais, faute de performances, le projet a finalement été avorté : le temps de vol d'Aquila était trop court, de plus le moteur a subi quelques avaries. Facebook a alors annoncé qu'ils allaient confier la construction de l'appareil à Airbus, plus spécialisé dans le domaine.

D'autre part, malgré les quelques scandales sur la protection de la vie privée avec lesquels Facebook a dû en découdre récemment, ils profitent d'une notoriété toujours grandissante mais reste à savoir si ces parties-là du globe seront intéressées par son offre. Plusieurs enquêtes ont en effet montré que si les habitants de ces zones reculées, notamment rurales n'ont pas internet, c'est aussi parce que le coût des abonnements est trop élevé par rapport au salaire moyen. En Inde par exemple, un abonnement pour un accès internet haut débit coûte entre 12€/mois et une vingtaine de d'euros par mois alors que le salaire mensuel s'élève en moyenne à 40€.

Connecter le monde à Internet par satellite : un projet pas si innovant

Marc Zuckerberg n'est pas le seul à vouloir lancer l'internet par satellite. En effet, le projet Loon, ballon stratosphérique géant, engagé par le laboratoire Alphabet de Google a déjà avancé avec succès. Au compteur, un record de 190 jours de vol accomplis en 2016 et 100 000 personnes qui ont pu se connecter à internet après un ouragan à Puerto Rico.

Toujours aux Etats-Unis,Tesla, la société de voitures électriques fondée par Elon Musk, a également commencé à travailler sur le projet Starlink afin de lancer ses voitures connectées pour couvrir les espaces qui n'auront pas encore accès à la 5G, en chemin pour 2019. Ces voitures également surnommées voitures intelligentes, ont besoin comme l'expliquent leurs constructeurs, d'avoir une réactivité pour leur champ d'action et leur autonomie, très élevée et celle-ci ne peut se faire que si la connexion internet est suffisamment performante.

Internet par satellite en France : une solution abordable pour les zones inaccessibles

L'internet par satellite n'est pas une révolution puisque cette technologie existe depuis une trentaine d'années bien qu'elle demeure encore peu connue dans les pays développés comme la France. Cela s'explique aussi par le fait que l'Hexagone bénéficie d'une quasi totale couverture du territoire par son réseau de câbles internet avec l'ADSL ou par son réseau fibre optique.

Eutelsat, qui était au départ une société intergouvernementale privatisée par la suite et dont le siège est à Paris, a lancé ses premiers satellites de télécommunications dans les années 90. En 2011, Eutelsat a mis sur orbite son satellite KA-SAT avec pour objectif, la mise en place d'internet à très haut débit en Europe. Le coût global de cet investissement : 350 millions d'euros.

L'internet par satellite est une bonne alternative lorsque vous n'êtes pas éligible à la fibre ou lorsque le débit internet proposé par le fournisseur n'est pas très élevé, c'est-à-dire pas plus de 2 Mb/seconde, par exemple à la campagne si vous êtes en bout de ligne ADSL où le débit est très faible car distribué dans de nombreux logements par le même câble, ou à la montagne, une zone difficilement accessible pour installer des câbles de fibre optique.

 

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Pour recevoir la télévision, un débit de 8 Mb/seconde est conseillé afin d'éviter les bugs. Netflix, plateforme de vidéos en streaming très prisée par les internautes, recommande 3 Mb minimum pour avoir une qualité standard. Autant dire qu'il vaut mieux viser plus de débit que pas assez afin d'éviter de vous retrouver avec une vidéo qui saute sans arrêt ou met du temps à charger, que ce soit en wifi ou avec un câble Ethernet. A la campagne, le meilleur compromis est donc la connexion par satellite qui propose un débit, chez tous les opérateurs, allant jusqu'à 22 Mb/seconde. En France, six fournisseurs d'accès à internet commercialisent des offres. Voici un tableau récapitulatif des offres:

Les FAI par satellite Offres internet par satellite Comment souscrire ?
Nordnet - filiale d'Orange
  • VEGA à 36,90€/mois : TV et le téléphone fixe, en plus de l’Internet par satellite à 15 Go/mois
  • VEGA MINI à 19,90€/mois : TV et le téléphone fixe, en plus de l’Internet par satellite à 2 Go/mois
Appelez le 09 87 67 95 81 ou demandez à être rappelé
Europasat
  • 3 Go d'internet 10,95€/mois
  • 50 Go d'internet à 79,95€/mois

Le trafic est illimité pour les deux offres la nuit de 23h à 7h du matin

Appelez le 09 87 67 95 59 ou demandez à être rappelé
Ozone
  • 10 Go d'internet/mois à29,90€/mois
  • 50 Go d'internet/mois à 69,90€/mois

Le trafic est illimité pour les deux offres la nuit de 00h à 6h du matin

Sur le site d'Ozone
Tooway - service d'Eutelsat 5 types de forfaits sont disponibles : 2 Go d'internet à partir de 19,90€/mois, jusqu'à 74,90€/mois pour 50 Go/mois
Seul l'offre à 25 Go d'internet pour 44,90€/mois propose internet en illimité la nuit
Sur le site de Toowai
SkyDSL
  • 5 go d'internet à 19,90€/mois
  • Internet illimité à 59,90€/mois
Sur le site de SkyDSL
Numerisat 5 types de forfaits sont disponibles à partir de 23,90€/mois pour 5 Go/mois et plus
Internet illimité la nuit de 00h à 6h du matin
Sur le site de Numerisat

L'achat d'une parabole est indispensable pour recevoir les données du satellite, et le quota d'internet utilisable est limité, sauf la nuit pour la plupart des FAI comme vous pouvez le voir dans le tableau. Chaque FAI par satellite offre toutefois la possibilité de recharger vos gigas internet.

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