Prix de l'eau : pourquoi votre facture va grimper de 3,5 % à 6 % par an jusqu'en 2040

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Le temps de l'eau peu coûteuse arrive à son terme en France. Une étude publiée le 10 juin 2026 par La Banque Postale, la SFIL, Intercommunalités de France et le WWF France anticipe une hausse durable et structurelle du prix de l'eau, déconnectée des seules variations de l'inflation. Les tarifs de l'eau potable devraient progresser de 3,5 % à 6 % chaque année jusqu'en 2040, et ceux de l'assainissement de 3,5 % à 4 %. Reste à savoir qui financera cette facture, et ce que les ménages peuvent faire pour amortir le choc.
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Une étude qui chiffre la facture des prochaines années
Intitulée « La gestion de l'eau, un long fleuve pas si tranquille pour les collectivités locales », l'étude publiée le 10 juin 2026 dresse un constat alarmant pour l'avenir : le modèle de financement de l'eau en France n'est plus tenable en l'état.
Les dépenses totales des services d'eau et d'assainissement, qui regroupent l'investissement, le fonctionnement et le remboursement de la dette, atteignaient déjà 15,4 milliards d'euros en 2024. Selon les scénarios retenus, elles pourraient augmenter de 50 % à 100 % d'ici 2040.
Le manque à investir est chiffré à 6,4 milliards d'euros par an. Il se répartit entre le petit cycle de l'eau, à savoir l'eau potable et l'assainissement (4,4 milliards), et le grand cycle, qui couvre les eaux pluviales et la prévention des inondations (2 milliards).
Ces montants se répercutent sur les usagers, car ce sont eux qui financent l'essentiel du système. Comprendre les tarifs de l'eau et leur composition aide à anticiper l'ampleur de la hausse.

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Une directive européenne et des réseaux à bout de souffle
La principale cause de cette flambée est réglementaire. La directive européenne dite DERU 2, que les États membres doivent transposer dans leur droit national avant le 31 juillet 2027, durcit nettement les exigences sur le traitement des eaux usées, avec l'obligation d'éliminer les micropolluants comme les résidus de médicaments ou de cosmétiques.
L'étude va plus loin en intégrant le traitement des pollutions émergentes, notamment les PFAS, ces polluants dits éternels. Dans ce scénario dit « dépollution », la hausse des tarifs de l'eau potable atteindrait 4,5 % à 6,5 % par an, soit davantage encore que la simple remise à niveau des réseaux.
Car les infrastructures sont déjà fragilisées. La France compte 850 000 kilomètres de canalisations d'eau potable, dont une partie vieillissante : près d'un litre sur cinq se perd en chemin à cause des fuites, alors que le rythme de renouvellement stagne sous la barre de 1 % par an.
Le financement public ne suivra pas seul. Les subventions des agences de l'eau reposent sur des budgets plafonnés, progressivement réorientés vers le grand cycle de l'eau.
Ce que la hausse pèsera sur le budget des ménages
Sur la facture d'eau d'un foyer, deux postes se cumulent : la fourniture d'eau potable et l'assainissement des eaux usées, auxquels s'ajoutent diverses taxes et redevances. Ce sont ces deux services qui supporteront l'essentiel de la hausse.
Pour seulement maintenir leurs réseaux en l'état, les collectivités devraient relever leurs tarifs de 3,5 % à 6 % par an pour l'eau potable et de 3,5 % à 4 % pour l'assainissement. À défaut, elles devraient s'endetter lourdement, au risque de porter leur délai de désendettement à une dizaine d'années, contre trois ans aujourd'hui pour l'eau potable.
Les auteurs estiment toutefois que la marge existe, la dépense en eau restant modeste dans le budget des foyers. Olivier Grimberg, directeur secteur public local de la SFIL, l'a souligné lors de la présentation de l'étude.
Il existe des marges de manœuvre pour augmenter ce prix de l'eau.
Taxe Gemapi et sobriété, deux leviers très inégaux
Les collectivités disposent d'un autre outil : la taxe Gemapi (gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations). Facultative, elle reste largement sous-exploitée. Un cinquième des intercommunalités ne l'ont pas instaurée, et là où elle existe, son montant moyen plafonne à 9 euros par habitant, loin du plafond de 40 € autorisé.
Portée à son maximum, cette taxe pourrait rapporter 2,3 milliards d'euros par an, davantage que le déficit d'investissement annuel. Mais son potentiel est mal réparti sur le territoire, et elle pèse surtout sur les activités économiques.
Pour les particuliers, les marges sont plus étroites. Contrairement à l'électricité ou au gaz, l'eau n'est pas un marché ouvert : chaque commune est desservie par un distributeur unique, et le prix est fixé par la collectivité, sans possibilité de changer de fournisseur.
Le seul vrai levier consiste donc à consommer moins. Avec un prix du mètre cube qui varie fortement d'une commune à l'autre, l'effet d'une baisse diffère selon les territoires. En France, la consommation moyenne avoisine 148 litres par jour et par habitant, soit près de 54 mètres cubes par an, dont une part peut être réduite sans perte de confort.
Trois réflexes pour limiter sa facture
Privilégier la douche au bain, équiper ses robinets de mitigeurs et ses toilettes d'une chasse double débit, et surveiller régulièrement son compteur pour repérer une fuite. Ces gestes, détaillés dans notre guide pour réduire sa consommation d'eau, permettent souvent de compenser une partie des hausses à venir.

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