Hinkley Point : le gouvernement britannique reporte sa décision finale

Projet de réacteur EPR à Hinkley Point
Projet de réacteur EPR à Hinkley Point

EDF comptait sur un feu vert du gouvernement britannique pour la mise en construction de la centrale EPR d'Hinkley Point, mais le Premier ministre britannique a reporté sa décision à l'automne.


Nouveau rebondissement dans le projet de construction de la centrale EPR d'Hinkley Point, situé dans le sud-ouest de l'Angleterre, alors qu'EDF vient d'obtenir le feu vert de l'Etat français. Arrivée au poste de Premier ministre en juillet, Theresa May avait annoncé qu'elle prendrait le temps d'"examiner avec soin" le projet avant de donner un avis final. Ce lundi, la femme d'Etat a annoncé qu'elle ne donnerait pas de décision avant cet automne.

Un des points bloquants semble être la présence d'un acteur chinois parmi les investisseurs. Financé à un tiers par CGN, un géant du nucléaire appartenant à l'Etat chinois, le programme d'Hinkley Point pose un problème de sécurité industrielle puisqu'il a pour objectif d'assurer l'approvisionnement en électricité du pays.

Une facture plus élevée que prévue

Le gouvernement britannique se pose par ailleurs la question de la viabilité financière du projet, à l'aune d'une étude publiée ce dimanche par le Financial Times. La livraison des réacteurs EPR d'Hinkley Point s'accompagne d'une clause d'engagement pour l'Etat britannique, qui devra acheter l'électricité produite au prix garanti de 92,50 livres le MWh sur une période de 35 ans. Soit plus du double du prix moyen du MWh observé aujourd'hui sur les marchés de gros dans les îles britanniques (41,95 livres).

Selon le quotidien de la City, EDF et son partenaire CGN pourraient ainsi empocher 160 milliards de livres sur 35 ans, alors que le Parlement britannique avait estimé la facture à 85,6 milliards. Ce grand écart serait le résultat d'une différence d'estimation quant à l'évolution du prix de l'électricité sur les marchés de gros, des projections récentes permettant d'envisager des baisses de prix importantes grâce au développement des énergies renouvelables. Si le prix de l'électricité sur les marchés évolue à la baisse, l'Etat britannique devra alors couvrir la différence, conduisant à une facture significativement plus élevée.

Les responsables d'EDF et de CGN, de leur côté, ont montré des signes d'impatience, ce contrat représentant - et pour cause - d'importants enjeux financiers pour les deux corporations.

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