Plus d'1 million de foyers basculés en heures creuses par la CGT-Énergie

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Marre d'être coincé dans les transports à cause des inondations ou des grèves ? La contestation autour du projet de loi travail prend une tournure inattendue qui pourrait peut-être refaire sourire les franciliens... La CGT-Énergie s'invente "Robin des Bois" de l'électricité, revendiquant jeudi matin le passage en tarif heures creuses de plus de 1 100 000 abonnés en région parisienne. Un conflit social qui, décidément, électrise !


Quand la CGT-Énergie revêt les habits de Robin des Bois...

Après avoir bloqué la production de neuf centrales nucléaires la semaine dernière, la Fédération des Mines et de l'Énergie (FNME-CGT) a décidé de passer à la vitesse supérieure dans son opposition au projet de loi El Khomri. "Face à l'entêtement du gouvernement, la CGT oppose la détermination illimitée des électriciens et gaziers pour agir sur l'économie du pays", a déclaré le syndicat dans un communiqué. Et en la matière, la FNME-CGT use des symboles, s'autoproclamant "Robin des Bois de l'énergie". Mais en quoi le héros moyenâgeux de la forêt de Sherwood vient-il s'immiscer dans le conflit social le plus épineux de l'année ?

Non... Robin des Bois n'a pas pris le tunnel sous la Manche pour venir s'opposer au projet de loi travail. La FNME-CGT a simplement emprunté le costume du légendaire prince des voleurs pour rendre la contestation un peu plus électrique. But de l'opération ? Octroyer des faveurs aux usagers et "construire un rapport de force soutenu par la majorité des salariés en élargissant le plus possible le mouvement", selon Marie-Claire Cailletaud, porte-parole de la CGT-Énergie.

Les heures creuses pour tous

Coupures ciblées d'électricité et de gaz naturel dans les services de l'État ou les locaux du Medef, réduction ou arrêt de la production électrique dans les 19 centrales nucléaires françaises... La CGT avait habitué les médias aux opérations coup de poing. Cette fois, elle initie une nouvelle stratégie : choyer les usagers au détriment des pouvoirs publics.

À 09h30 ce matin, la FNME-CGT a observé dans un communiqué avoir fait basculer "plus de 1 100 000 abonnés en région parisienne" vers le tarif heures creuses. Ces actions baptisées "Opérations Robin des Bois" ont également été menées à Lorient (Morbihan) et dans la région de Cherbourg (Manche), profitant à plus de 100 000 personnes selon Catherine Melet de la CGT-Énergie. Des chiffres contestés par Enedis (ex- ERDF), gestionnaire du réseau de distribution d'électricité, qui évoque 500 000 clients concernés en Île-de-France. Le fournisseur historique EDF n'a quant à lui pas souhaité s'exprimer. Alors, la CGT-Énergie aura-t-elle réussi à convaincre les usagers de rejoindre la lutte ?

Les heures creuses, kézako ?

L'option tarifaire heures pleines / heures creuses (HP/HC) se distingue de l'option Base en proposant des tarifs différenciés (plus chers ou moins chers) selon les plages horaires. Elle permet de moduler la consommation des ménages, en programmant le fonctionnement de certains usages en dehors des périodes où la demande est forte (matinée, début de soirée) en vue de limiter les pics de consommation. Les plages horaires sont fixées localement par Enedis, le gestionnaire du réseau de distribution d'électricité.

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