Mega Energie : vers une cession de l'activité française

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Le fournisseur Mega Energie France est entré en redressement judiciaire le 9 octobre 2023. Avec un portefeuille de 15000 clients et 26 salariés selon ses comptes 2021, le fournisseur a reçu des manifestations d'intérêts de plusieurs concurrents. Cette procédure est le dernier épisode d'une vague de difficultés liées à la crise de l'énergie (Planète Oui, Iberdrola, Bulb, Ovo, Leclerc et Cdiscount ont déjà dû fermer boutique sur ce marché). Que va-t-il se passer pour les contrats de gaz et d'électricité des clients de Mega Energie ?

Un redressement discret pour une grosse entreprise

Ni la presse, ni la CRE, ni le Médiateur de l'Energie ne se sont fait l'écho de la cessation de paiement le 31 août 2023 de la filiale française de Mega Energie. La société basée à Montpellier avait pourtant toutes les raisons de faire les gros titres :

  • Avec un chiffre d'affaires de 91 millions d'euros en 2021, Mega avait connu une ascension fulgurante
  • Le tribunal de commerce a mandaté FHBX comme administrateur judiciaire, la société de la célèbre Hélène Bourbouloux qui traite les procédures collectives les plus médiatiques
  • Mega Energie continue au 23 octobre à proposer une des offres les moins chères du marché, bien qu'indexées pour partie sur les marchés de gros. De nombreux clients souscrivent donc chaque jour chez un fournisseur en cessation de paiement !

Que va-t-il se passer pour les clients de Mega Energie ?

Des difficultés circonscrites au marché françaisLe redressement judiciaire subi par Mega Energie ne concerne pas tout le groupe, mais seulement le marché français. Le fournisseur basé à Liège devrait continuer à prospérer sur le marché belge.

Aujourd'hui, le fournisseur Mega Energie proposait deux offres aux consommateurs, l'une d'électricité et l'autre de gaz :

  • L'offre Flexy Elec ;
  • L'offre Flexy Gaz.

Que va-t-il se passer pour Mega Energie et ses clients ?

Actuellement, l'activité française de Mega Energie est mise en vente par l'administrateur judiciaire et différents fournisseurs ont fait part de leur intérêt pour cet actif.

Il est donc vraisemblable que l'activité de Mega Energie sera cédée au fournisseur d'énergie le plus offrant. Les clients basculeront chez un nouveau fournisseur. Dans ce cas, les conditions souscrites par les clients chez Mega Energie ne changent pas. Ce schéma s'est déjà rencontré lors de la vente du portefeuille de clients de Planète Oui à Mint Energie.

Mega Energie, un fournisseur en difficulté depuis plusieurs mois

Le redressement judiciaire intervient après plusieurs mois marqués par des signaux de faiblesse de la part du fournisseur.

Mega Energie commercialise des offres indexées en partie sur le cours du prix du marché de gros du gaz et le contrat Future Month EEX pour l'électricité.

Pour un consommateur moyen, cette offre peut sembler alléchante et se révéler un véritable piège en cas de hausse des prix de marché. Cela rappelle, par exemple, les difficultés des clients de Barry, offre indexée sur le marché spot lors des premiers évènements de la crise de l'énergie. Ne sachant comment calculer le prix sur les 12 prochains mois, Selectra avait donc fait le choix de retirer cette offre de son comparateur, afin de ne pas induire en erreur le consommateur cherchant à réduire ses factures.

De plus, Mega Energie s'était vu administrer un carton rouge de la part du Médiateur National de l'Énergie dans son rapport d'activité 2022 dénonçant les litiges ouverts à l'encontre des fournisseurs d'énergie. Celui-ci avait constaté des augmentations de prix abusives durant la crise énergétique, avec notamment :

  • Aucune information claire et précise sur les conséquences pour la facture des consommateurs d'une indexation sur le marché de gros ;
  • Aucune possibilité pour les consommateurs de connaitre le prix de l'énergie au moment où ils la consommaient.

Ainsi, le taux de litiges ouverts à l'encontre de Mega Energie s'est élevé à 374 pour 100000 clients en 2022.

Enfin, il est à noter qu'en 2021, le fournisseur avait pris la décision d'une "poursuite d'activité malgré un actif net devenu inférieur à la moitié du capital social" soulignant déjà de fortes difficultés financières, liées à la crise énergétique.

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