Gérard Mestrallet s'engage pour le climat

Le PDG du groupe Engie était ce week-end à New York en marge de l'Assemblée générale de l'ONU. Gérard Mestrallet souhaite engager les entreprises dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Maintenant, l'idée que les risques climatiques peuvent engendrer des risques économiques est largement répandue parmi les chefs d'entreprises européens. 

Ce n'est pas une mince affaire lorsqu'on est cataloguée comme l'une des entreprises les plus polluantes au monde et lorsqu'on connait le climat régnant entre les majors pétrolières européennes et américaines. En effet, alors que certaines compagnies comme Total ou Shell ont pris pleinement conscience de l'importance de leurs investissements dans les énergies renouvelables, d'autres comme ExxonMobil ou Chevron rejettent tout projet discuté en ce sens. Gérard Mestrallet a pourtant fait tomber la cravate pour s'exprimer sur l'épineuse question de l'enjeu climatique.

L'ex-GDF Suez, Engie, a déjà ouvert la voie et montre l'exemple en développant des techniques permettant de consommer moins en conservant le même rendement. Une activité prometteuse : l'efficacité énergétique représentait 16 milliards du chiffre d'affaires du groupe sur les 75 milliards enregistrés en 2014. L'énergéticien souhaite augmenter de 40% cette activité d'ici 2019.

Dans l'hôtel palace le Mandarin Oriental non loin de Central Park, le PDG se confie au micro de l'AFP : "Les entreprises ont pris conscience de la gravité de l'enjeu climatique. Ce n'était pas vraiment le cas lors de conférences sur le climat de Copenhague et Johannesburg."

Désigné "Voix des entreprises" au sein d'un groupe de sociétés conviées aux débats sur la négociation climatique de la COP 21 à Paris, le chef du groupe gazier de 66 ans prend son rôle à cœur. Il explique que de nombreux groupes tels que l'assureur Axa ou le fonds d’investissement BlackRock ont été presque contraints d'investir contre le réchauffement climatique, se sentant menacés de perdre leurs gros clients. Les entreprises représentées par le PDG d'Engie prônent désormais la mise en place d'un prix mondial du carbone et l'augmentation des enveloppes consacrées aux avancées technologiques telles que les réseaux électriques intelligents (smart grid).

Pourtant, Engie exploite toujours des centrales à charbon, ce que lui reprochent les ONG militantes. Le groupe se défend en mettant en avant des pourcentages, preuves de son engagement : "le charbon représente 15% de nos capacités de production d'électricité, contre 20% pour les énergies renouvelables."

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