EDF, le “champion de la croissance bas-carbone”, utilise des centrales à charbon

Le numéro mondial de la production d’électricité convoite le titre de champion de l’énergie décarbonée. Sauf qu’il utilise encore des centrales à charbon autour du globe, des installations réputées comme très polluantes. 


EDF nourrirait-il quelques contradictions ? Depuis un mois, l’électricien français multiplie les déclarations concernant sa volonté de produire une électricité propre et sans émission de CO2. Sauf que selon le magazine l’Usine Nouvelle, il exploite toujours plusieurs centrales à charbon en France, en Italie, en Pologne, en Belgique et en Chine. 

Des centrales françaises impossibles à fermer ?

Dans l'Hexagone, EDF possède deux centrales au Havre et à Cordemais (Loire-Atlantique), produisant chacune 800 à 1000 grammes de CO2 par kilowatt-heure. Le groupe explique qu’il ne peut pas fermer ses deux centrales sous peine d’être accusé de “casser les prix du marché en faisant de la rétention de capacité”. Résultat : si 98% de la production française d’EDF est certifié sans CO2, il reste 2% d’énergie fortement carbonée. 

Ailleurs en Europe, l’entreprise possède une dizaine de centrales à charbon. Avec ses unités françaises, la capacité de puissance atteint 3000 mégawatts pour l’électricité à base de charbon en 2015, un chiffre réduit de moitié en deux ans. EDF a fermé dix centrales obsolètes et rénové les plus récentes afin d’abaisser le taux d’émissions de CO2.

Une unité au charbon en construction en Chine

Reste la Chine, pays roi de l’électricité produite à partir de la houille (80% de la production chinoise aujourd’hui) et où EDF s’est fait une place au soleil en investissant… dans le charbon. Il livrera en 2016 une centrale supercritique, installation qui polluera un peu moins qu’une unité classique. Il possède déjà cinq centrales thermiques dans l'Empire du Milieu.

30% d’investissements verts

Conscient des contradictions entre son discours et ses actes, EDF se défend en expliquant qu’un tiers de ses investissements est fait en direction des énergies renouvelables, soit “plus que pour le nucléaire”, précise à l’Usine Nouvelle Nathalie Nahon, directrice "Développement durable" d’EDF. Le groupe français vient d’ailleurs de lever pour 1,25 milliards d’euros d'obligations vertes, afin de financer des projets éco-durables. 

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