Les conducteurs non assurés coûtent cher

Les dépenses liées à l’indemnisation des conducteurs en défaut d’assurance sont de plus en plus élevées. C’est ce que révélait en février 2019 le journal Europe 1 dans un article édifiant. Selectra fait donc le point sur la situation, et les possibles solutions pour y remédier.

Conducteurs en défaut d’assurance : comment y remédier ?


Rouler sans assurance automobile coûte cher, et plus le temps passe, plus ce coût est élevé. Des solutions sont évoquées pour remédier à ce problème. Humainement comme économiquement, le défaut d’assurance a un prix.

Début 2019, le milieu de l’assurance connaissait quelques bouleversements, dont un concernant l’assurance automobile. En effet, dès le mois de janvier, les forces de l’ordre avaient désormais à leur disposition le Fichier des Véhicules assurés – ou FAV, une ressource leur permettant de plus facilement d’identifier et de sanctionner les conducteurs en défaut d’assurance.

La mise à disposition de ce fichier répondait à une réalité aux nombreuses conséquences. En 2017, l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière – ou ONISR – enregistrait 80 395 infractions pour défaut d’assurance par des conducteurs. Les conséquences pour les usagers de voitures non assurées sont multiples. Ce délit peut en effet aboutir à une amende de plus de 3 000 €, sans compter l’annulation ou la suspension du permis de conduire dans le pire des cas.

D’après une information exclusive relayée par Europe 1 en février 2019, au-delà des risques encoururent par les conducteurs en défaut d’assurance, ces derniers coûteraient de plus en plus cher au Fonds de Garantie en charge d’avancer le paiement des indemnisations. Le journal rappelle qu’en 2018, ce même Fonds de Garantie a eu à sa charge quelque 26 000 dossiers avec indemnisation, lesquels comprenaient plus de 6 500 personnes blessées suite à un accident de la route, et 109 accidents mortels enregistrés.

Le Fonds de Garantie : un accompagnant indispensableEn France, le Fonds de Garantie indemnise les victimes dans le cas d’un d’accident de la route avec un conducteur non assuré. Il s’agit d’un service public, dont la partie consacrée à l’assurance, le Fonds de Garantie des Assurances obligatoires de Dommages – ou FGAO, est soumis à la gérance l’État et plus particulièrement à celle du ministère de l’Économie et des Finances.

Conducteurs non assurés : un coût aux multiples facettes

Europe 1 rappelle en effet qu’en France, chaque année, une centaine de personnes décèdent des suites d’un accident avec des conducteurs en défaut d’assurance automobile. Et ces cinq dernières années, toujours d’après le journal, leur nombre a augmenté de 10 %. Il rappelle aussi que la situation, aux conséquences diverses et parfois graves, trouve ses origines dans des causes vairées, de la précarité financière des non assurés à la simple négligence de ces derniers. On sait qu’en France, le prix de l’assurance automobile peut varier fortement d’une région à l’autre, comme en témoignent encore les chiffres de 2019.

En 2018, 150 millions d’euros d’indemnisation ont été déboursés, affirme Europe 1, lequel a trouvé quelques explications auprès du directeur général du Fonds de Garantie, Julien Rencki, pour qui « les montants d’indemnisation progressent parce que la médecine progresse, que les prothèses sont meilleures et plus coûteuses [et] que l’espérance de vie progresse ».

Comme nous le rappelions déjà à la rentrée 2019, d’après les chiffres de l’OSNIR, 30 % des personnes condamnées pour défaut d’assurance l’an passé étaient des jeunes conducteurs (entre 18 et 24 ans). Cette réalité doit être prise en compte pour l’élaboration de solutions afin de régler le problème du défaut d’assurance en France. Europe 1 évoque notamment la création d’un chèque assurance automobile, qui revient régulièrement dans les discussions sur le sujet. Son financement se ferait par le biais de la solidarité nationale et donc celui de l’impôt sur le revenu et par la redistribution des richesses sur le territoire français. Le Fichier des Véhicules assurés va aussi dans le sens d’une meilleure prise en charge du problème pour à terme responsabiliser les conducteurs non assurés qui se verront sanctionnés.

France : le défaut d’assurance automobile, une réalité chiffréeD’après les chiffres de l’ONISR, le nombre de conducteurs en défaut d’assurance automobile – malgré l’obligation d’y souscrire – serait d’environ 700 000.

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