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Gaz naturel dans le monde : gisements, extraction et transport

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le gaz naturel est une énergie fossile présente sous forme de gisements répartis inégalement sur la planète.

Le gaz naturel est une énergie fossile bien connu des foyers français. Ils sont un tiers à l'utiliser, pour le chauffage, l'eau chaude ou la cuisine. Qui dit énergie fossile, dit gisement et extraction. Où se trouvent les principales réserves de gaz naturel dans le monde ? Comment sont exploités les gisements ? Quel est l'avenir du gaz naturel à l'heure où les énergies fossiles sont de plus en plus décriées ?

Qu'est-ce que le gaz naturel ?

usine d'exploitation de gaz en contreplongée

Le gaz naturel est une énergie fossile appelée aussi énergie première car elle ne provient pas d'une transformation d'une autre énergie (à l'inverse de l'électricité). On pense surtout au gaz naturel pour l'usage domestique (alimentation de la chaudière ou des plaques de cuisson), mais il est aussi très utile dans d'autres domaines comme l'industrie ou encore le transport. Sa consommation est en croissance depuis plus de 30 ans, notamment du fait de ses qualités environnementales : il n'émet pratiquement pas de particules fines. De plus, c'est également l'hydrocarbure qui renvoie le moins de gaz à effet de serre dans l'atmosphère une fois consommé.

La formation des gisements de gaz naturel

Avant d'être commercialisé, le gaz naturel doit être extrait des gisements, puis traité et enfin transporté jusqu'au lieu de consommation.

Le gaz naturel que les hommes extraient des profondeurs est en fait d'origine organique et s'est formé à partir de la décomposition de plancton et d'algues sur plusieurs millions d'années. En effet, la plupart des déchets organiques sont détruits et digérés par les bactéries. Une infime partie de la matière résiduelle (0,1%) se dépose toutefois au fond des océans (où elle est protégée de l'action des bactéries car le milieu est trop pauvre en oxygène) et se mélange à des sédiments (sable, argile, sel). Ce mélange forme un couche de boue qui durcit au fil des ans pour devenir de la "roche mère". Sous le poids des nouveaux sédiments qui s'y déposent, la roche mère s'enfonce très lentement dans la croûte terrestre : elle peut parcourir quelques mètres à quelques centaines de mètres par millions d'années. La pression et la température augmentent au fur et à mesure que la couche mère s'enfonce dans les profondeurs. La matière organique la composant se transforme en Kérogène puis, à partir de 2000 mètres en dessous du niveau de la mer, en hydrocarbure (carbone et hydrogène) :

  • entre 2000 et 3800 mètres, le kérogène se transforme en pétrole ;
  • entre 3800 et 5000 mètres les sédiments forment des hydrocarbures non plus liquides mais gazeux : le gaz méthane (le plus léger des hydrocarbures) ;
  • en dessous de 8000 mètres, on ne trouve plus d'hydrocarbures car les températures très élevées les détruisent. 

Les hydrocarbures remontent vers la surface de la terre car ils sont plus légers que l'eau. Si rien ne les arrête, ils s'échappent et suintent à la surface de la terre ou se solidifient en bitume perdant leur constituant volatil. S'ils rencontrent une couche imperméable appelée couverture, ils restent enfermés dans une poche qu'on appelle roche réservoir où la partie gazeuse remonte au dessus du pétrole en repoussant vers le bas la nappe d'eau. La sédimentation évolue en moyenne de 50 mètres par million d'années, il faut donc environ 60 millions d'années pour que le plancton mort se transforme en hydrocarbure liquide (pétrole) et 85 millions pour que se forme un hydrocarbure gazeux. On comprend dès lors pourquoi le pétrole ou le gaz naturel ne sont pas considérés comme des énergies renouvelables. Au départ, les exploitations de gaz naturel apparaissaient comme un dérivé des exploitations de pétrole La prospection initiale du gisement étant réalisée en vue d'une exploitation pétrolière, le gaz naturel fut initialement brûlé avec des torchères afin de limiter les risques d'incidents sur les sites d'extraction. Aujourd'hui, la chaîne de valeur du gaz naturel est mieux structurée et le gaz est désormais également recherché pour son utilisation directe.

Les étapes de production du gaz naturel

Le gaz naturel n'est pas "produit" à proprement parler. Il s'agit plutôt d'une extraction suivie du raffinage d'une matière première disponible dans la nature. Ainsi, il existe plusieurs étapes essentielles avant d'obtenir du gaz naturel utilisable par les particuliers.

Trouver les gisements de gaz naturel

La recherche de gaz naturel et l'estimation des volumes renfermés reposent sur la sismologie : des capteurs spéciaux sont mobilisés pour enregistrer des données relatives à la propagation d'ondes de choc artificielles, permettant d'obtenir des informations sur les structures géologiques en présence. Des cartographies du sous-sol sont établies à partir de ces données pour évaluer la présence de gaz naturel.

Plusieurs types de bassins apparaissent lors des explorations, on les différencie selon :

  • leur concertation d'hydrocarbure
    • les bassins prolifiques qui sont riches en hydrocarbures comme au sud du Golfe de Guinée pour le pétrole, le delta du Nil pour le gaz ou encore le delta du Niger dont certains gisements sont riches en pétrole et en gaz,
    • les bassins stériles dont la concentration en hydrocarbures ne permet pas une exploitation rentable ;
  • l'état d'avancement de leur exploitation :
    • il existe des bassins découverts depuis longtemps et qui ont déjà été forés à plusieurs reprises, ce sont les bassins matures dont l'exploitation continue mais avec très peu de chance de rencontrer de nouveaux gisements géants,
    • les bassins peu matures n'ont pas fait l'objet de nombreux forages et sont les proies privilégiés des compagnies pétrolières,
    • enfin les bassins vierges ont été très peu exploités voir jamais exploré, de part la géographie qui les rend moins accessibles.

Extraction du gaz naturel

plateforme de gaz off shore

Les infrastructures d'extraction du gaz naturel

Lorsque le gisement de gaz naturel est jugé suffisamment certain dans ses volumes et dans ses conditions économiques d'exploitation, les installations nécessaires à son exploitation peuvent être construites : puits d'extraction et gazoducs reliant les puis aux réseaux collecteurs. L'opération d'extraction consiste à faire remonter à la surface le gaz naturel enfermé dans le sous-sol, en creusant un trou, parfois jusqu'a 6000 m de profondeur. Un derick de forage est installé, c'est une tour métallique pouvant atteindre 30 mètres de haut qui permettra d'insérer verticalement les tiges de forages. La première tige est équipée d'un trépan à dents qui servira à creuser, dans le cas où la roche est très dure les dents peuvent-être en diamant afin qu'elles ne cassent pas. Dans de nombreux cas, le gaz naturel sortira des puits sans intervention extérieur du fait de la pression, mais certaines fois des équipements de pompage sont nécessaires.

La détente de la tête du puit de gaz naturel permet la condensation d'une partie du produit récupéré : il s'agit des liquides de puits de gaz naturel, à partir desquels sont produits des substances de grande valeur, comme le naphta. Le reste des produits, à l'état gazeux, est transporté par gazoduc vers l'unité de traitement du gaz naturel.

Les infrastructures d'extraction du gaz naturel offshore sont plus coûteuses que celles déployées pour exploiter des gisements de gaz onshore. L'offshore requiert en effet des plateformes de forage et/ou des navires spéciaux.

Une fois le gaz extrait, la pression du circuit est ramenée à celle prévue pour le transport avant injection du gaz dans le gazoduc de transport.

Durée de vie d'un gisement de gaz naturel

La durée de vie d'un gisement est très variable. Elle varie en général de 15 à 30 ans. Certains gisements gigantesques peuvent être exploités pendant 50 ans. A l'inverse, les gisements en mer profonde, dont les coûts d'exploitations sont beaucoup plus élevés, rendent la durée de vie du gisement beaucoup moins longue (entre 5 à 10 ans). L'exploitation d'un gisement comprend 3 étapes :

  • une première phase de "démarrage" se situe pendant les 3 premières années. Des puits sont forés progressivement ce qui permet d'augmenter la production de gaz naturel ;
  • une période de palier lors de laquelle la production est stable : sa durée peut varier en fonction de la taille du bassin ;
  • enfin une période de décroissance qui précédera la fermeture du site : pendant cette phase la production d'hydrocarbure baisse entre 1 et 10% par an.

Fin d'un gisement 

L'exploitation d'un gisement prend fin lorsque le coût d'extraction devient plus élevé que le bénéfice produit par la vente du gaz :

  • soit parce que l'eau résiduelle qui remonte avec l'hydrocarbure est de plus en plus importante et la séparation de l'eau (déshydratation) revient alors beaucoup trop chère,
  • soit les procédés de récupération assistée sont trop coûteux pour continuer de manière rentable l'exploitation.

Les réserves ne sont jamais totalement épuisées, ainsi le taux de récupération de gisement de gaz atteint les 60 à 80%, ce qui est relativement plus élevé que celui des gisements de pétrole qui ne dépasse pas les 50%.

Lacq 2030 La France possède aussi son gisement de gaz naturel, à Lacq, dans le sud-ouest de la France. Ce gisement arrive en fin de vie. C'est pourquoi Total, GDF et Arkema ont lancé le projet de recomversion de ce basin industriel : Lacq Cluster Chimie 2030 (LCC30 pour les intimes). Le but est de transformer le gisement de gaz en un pôle d'excellence en chimie fine et de spécialités. Une manière d'assurer le maintien des emplois dans la région.

Traitement du gaz naturel

Les installations du gaz naturel peuvent être situées plus ou moins en amont de la chaîne de valeur, à proximité des lieux d'extraction du gaz naturel ou des zones de consommation. Le traitement du gaz naturel revient à le déshydrater par point de rosée et à séparer ses composants :

  • le gaz de pétrole liquéfié (GPL, à ne pas confondre avec le gaz naturel liquéfié GNL),
  • le dioxyde de carbone (CO2) libéré dans l'atmosphère, séquestré ou transmis à un utilisateur industriel situé à proximité,
  • le gaz acide vendu à l'industrie chimique ou séquestré,
  • l'hélium, vendu s'il est présent en quantités suffisantes (ce qui permet de créer une source de revenus importante pour le gisement).

Le reste du gaz, qui représente la grande majorité du gaz naturel extrait et est essentiellement constitué de méthane (CH4), est injecté dans les réseaux de transport de gaz vers les lieux de consommation.

Les condensats du gaz naturel (récupérés à l'état liquide à la sortie du puits) et le gaz de pétrole liquéfié sont les deux produits disposant de la plus grande valeur marchande. Certaines exploitations gazières ne se sont montées que pour extraire ces produits, et réinjectent le reste du gaz naturel dans le gisement au lieu de l'exploiter commercialement.

Infrastructures de transport, le frein au développement du gaz naturel

gazoduc avec un homme marchant dessus

Après son extraction et son traitement, le gaz naturel souffre encore d'importants coûts de transport. La construction de gazoducs sur longue distance correspond à de lourds investissements. Le transport par navire méthanier sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL) est également très capitalistique, nécessitant la construction d'une usine de liquéfaction au point d'export, la construction d'une usine de regazéification près du point de consommation et la construction des navires spécialisés, les méthaniers. C'est pourquoi les gisements de petite taille de gaz naturel éloignés des points de consommations ne sont pas forcément exploités. Faute d'infrastructures de transport adaptées, le gaz naturel issu des gisements de pétrole peut être brulé sur place dans des torchères, au lieu d'être valorisé. Aujourd'hui, les préoccupations écologiques et la montée du prix de l'énergie incitent les acteurs du gaz à agir pour éviter le recours aux torchères.

Les gaz non conventionnels

L'appellation de gaz non conventionnels regroupe différentes formes de gaz naturel nécessitant des techniques particulières d'exploitation : la combinaison du forage horizontal et de la fracturation hydraulique a en effet rendu possible l'exploitation des ces gaz qui jusqu'ici demandaient des processus beaucoup trop coûteux pour être extraits. Si ces gaz restent plus difficiles à exploiter que les gaz conventionnels, l'importance des réserves et les nouvelles méthodes d'extraction expliquent pourquoi les producteurs s'y intéressent de plus en plus. Les gaz conventionnels comprennent, entre autres :

Gaz de schiste

Parmi les gaz non-conventionnels, c'est certainement le gaz qui a fait le plus parler de lui. Aussi appelé gaz de roche-mère ou gaz de schale au Québec, c'est un gaz naturel que l'on retrouve dans des roches marneuses ou argileuses riches en matière organique. Contrairement au gaz conventionnel, qui est prisonnier de roches perméables, le gaz de schiste est contenu dans des roches imperméables. Son exploitation, source de nombreuses polémiques, est complexe. Les pays à posséder les réserves de gaz de schiste les plus importantes sont la Chine, l'Argentine, l'Algérie et les États-Unis. Ces derniers sont aujourd'hui les pionniers dans l'exploitation du gaz de schiste, à partir des années 2000. 

L'extraction du gaz de schiste pose un certain nombre de problèmes environnementaux :

  • Utilisation importante d'eau pour fracturer la roche ;
  • Pollution des nappes phréatiques ;
  • Augmentation du nombre de tremblements de terre ;
  • Émission de gaz à effet de serre ;
  • Durabilité et surface des gisements.

Ces problématiques font du gaz de schiste une ressource controversée. En France, un moratoire voté en 2013 interdit à la fois les recherches et l'exploitation du gaz de schiste en France. D'autres pays ont adopté des législations similaires.

Gaz de houille

Le gaz de houille est moins connu. Son exploitation est beaucoup plus ancienne : utilisé comme gaz d'éclairage jusqu'à la fin du XIXe siècle, il est ensuite détrôné par l'électricité et par le gaz de ville. Il est issu de la transformation de la houille en coke, un combustible très polluant couramment utilisé en Europe lors de la révolution industrielle. Le gaz de houille était extrêmement toxique à produire. 

Gaz de réservoir compact

Le gaz de réservoir compact, comme le gaz de schiste, recquiert des techniques d'extraction complexes afin d'être exploité, comme la fracturation hydraulique des sols. Il est stocké dans des roches-réservoirs peu perméables, en grès ou en calcaire. Ces gisements se différencient notamment du Gaz de Schiste par le fait que le produit ait "migré" hors de sa roche-mère, et est contenu dans des roches plus poreuses.

Quel avenir pour le gaz naturel ?

Le gaz naturel est une ressource fossile dont les réserves sont limitées et qui devrait elle aussi connaître l'équivalent du "peak oil", c'est-à-dire atteindre le point où la production ne pourra que décliner en raison de l'arrivée à maturité des gisements de gaz. Les estimations divergent nettement, la seule certitude étant que le gaz naturel est une ressource plus abondante que le pétrole, et que ses gisements s'épuiseront moins rapidement. L'extraction des gisements de gaz naturel exploités en offshore et des gaz non-conventionnels retardera ainsi le pic de production de gaz naturel de décennies entières.

Combien de temps pourra-t-on encore extraire du gaz naturel ?

L'Agence Internationale de l'Energie (AIE) estime que les réserves prouvées de gaz naturel représentent 180 000 Gm3, dont plus de la moitié se trouvent en Russie, en Iran et au Qatar. Ces réserves correspondent à environ 60 ans de production de gaz naturel à son niveau actuel. Les avis divergent. Chez Total, on parle de plus de 100 ans. En revanche, le BP Statistical Review de 2014 avance le chiffre de 55 ans. Pourquoi une telle différence ? Parce que Total inclut dans ses calculs les réserves de gaz de schiste, ainsi que les réserves potentielles que l’entreprise entend trouver grâce à un important travail de prospection. Toujours est-il qu’il faut penser une alternative au gaz naturel. Cela pourrait être le gaz du biométhane, qui n’est pas une énergie fossile. Le biogaz peut être produit par tous les pays. Il a également un impact sur l’environnement bien moins important.

Entre 1986 et 2006, les réserves mondiales prouvées de gaz naturel ont plus que doublé : le travail de recherche des gisements de gaz a porté ses fruits et a conduit à donner à la filière du gaz naturel une grande visibilité sur ses capacités de production à venir.

La carte suivante présente la répartition mondiale des 177400 Gm3 de réserves prouvées de gaz naturel identifiées par BP en 2008.

Carte des réserves de gaz dans le monde

On observe une nette prédominance de la Russie (près du quart des ressources mondiales) et du Moyen-Orient (en particulier Iran et Qatar) dans la répartition des réserves mondiales de gaz naturel. L'Europe au contraire verra sa production de gaz naturel décliner dans le futur, étant donné la faiblesse de ses réserves et l'épuisement progressif des gisements de gaz du Royaume-Uni, de la Norvège et des Pays-Bas. C'est l'une des raisons qui rend l'Union européenne particulièrement inquiète de son indépendance énergétique.

850 000 Gm3 de réserves récupérables à long terme

Les réserves prouvées sont toutefois une manière très restrictive d'envisager les réserves mondiales de gaz naturel. En effet, les ressources de gaz naturel récupérables à long terme pourraient atteindre 850000 Gm3 si l'on considère seulement les ressources exploitables dans les conditions économiques actuelles. Les gaz dits non-conventionnels pourraient représenter 45% environ de ces 850000 Gm3, essentiellement sous la forme de gaz de charbon, de réservoirs gaziers compacts, et de gaz de schiste.

En cumulé depuis le début de l'histoire de l'extraction du gaz naturel et jusqu'en 2009, seuls 66000 Gm3 de gaz ont été extraits du sol. Les réserves de gaz mondial semblent donc être en mesure d'assurer l'avenir de la filière du gaz pendant de nombreuses décennies.

Gaz naturel et géopolitique

Le gaz n’est pas présent dans tous les pays. Si l’importation du gaz norvégien ne pose pas de problèmes géopolitique, certains pays producteurs sont plus problématiques. C’est par exemple le cas de la Russie, qui a pu utiliser pendant certains conflits le gaz comme moyen de pression sur les pays importateurs ou de transit. Ce fut notamment le cas à diverses reprises durant les évènements Ukrainiens d'EuroMaidan en 2013.

Par ailleurs, le transport du gaz par gazoduc pose aussi des problèmes géopolitiques. Comme il s’agit de routes fixes, qui traversent des pays politiquement instables, l’irruption de conflits peut faire peser un risque de pénurie.

Impact environnemental de l'extraction de gaz naturel

Le gaz est un des combustibles fossiles les moins polluants. Dans l’idéal, c’est à dire si sa combustion est parfaite, il n’émet que de l’eau et du dioxyde de carbone. Cependant, l’extraction, le transport et la combustion du gaz, dans la réalité, provoquent d’importantes émissions de méthane. Or le méthane est un gaz à effet de serre majeur, considéré comme bien plus important que le dioxyde de carbone dans le changement climatique.

Cependant, il existe en effet des alternatives au gaz naturel plus respectueuses de l’environnement. C’est le cas du biogaz, qui est issu de la fermentation de matières organiques. En somme, il s’agit d’une version renouvelable et non-fossile du gaz naturel. Ce gaz peut être utilisé pour les mêmes usages. Il semble une alternative bien plus sûre et durable que les gaz non-conventionnels.

L'extraction du gaz naturel est préjudiciable à l'environnement à plus d'un titre :

  • Les infrastructures d'exploitation et de traitement des gisements d'hydrocarbures sont particulièrement consommatrices d'énergie ;
  • Le transport du gaz naturel génère d'importantes émissions de gaz à effet de serre. Les fuites de méthane, particulièrement puissant en matière d'effet de serre, peuvent être significatives sur les gazoducs. La liquéfaction du gaz naturel pour le transport par la filière du GNL entraîne de son côté de grandes consommations d'énergie et des pertes sur les volumes transportés.
  • L'extraction du gaz de schiste est accusée de provoquer une détérioration du paysage par la multiplication des têtes de forage, une pollution importantes des sous-sols et des nappes phréatiques par des produits chimiques. La consommation d'eau dans le cadre de la technique de la fracturation hydraulique est également très importante.

Le gaz naturel dans le Monde

La production et les ressources de gaz naturel, sous toutes se formes, se concentre sur un petit nombre de pays extrêmement spécialisés dans cette ressource. On y trouve notamment la Russie, dont 40 % du PIB provenait des hydrocarbures en 2008.

Où se trouvent les réserves de gaz naturel ?

La Russie (18,1 % des réserves mondiales), l'Iran (17,2 %) et le Qatar (12,9 %) sont les trois pays les mieux dotés en gaz, concentrant à eux trois plus de la moitié des réserves prouvées de gaz naturel de la planète. Les réserves prouvées évoluent toutefois rapidement, et ce classement peut être rapidement révisé suite à de nouvelles analyses. Les États-Unis ont ainsi devancé l'Arabie Saoudite en réserves prouvées de gaz naturel suite au développement intense de l'extraction de gaz de schiste et des analyses des sols qui s'en suivent.

Réserves prouvées de gaz naturel dans le monde en 2017
Rang Pays Réserves (en milliards de mètres cubes)
1 Russie 35000
2 Iran 33200
3 Qatar 24900
4 Turkménistan 19500
5 Etats-Unis 8700
6 Arabie Saoudite 8000
7 Venezuela 6400
8 Emirats Arabes Unis 5900
9 Nigéria 5200
10 Algérie 4300
11 Irak 3500
12 Australie 3600
13 Europe (hors Russie) 3000
14 Indonésie 2900
15 Malaisie 2700
16 Egypte 1800
17 Norvège 1700
18 Kuwait 1700
19 Ouzbékistan 1200
20 Union Européenne 1200

Source: BP World Energy Outlook, 2018.

Où sont les zones d'extraction du gaz naturel ?

Les Etats-Unis (20 % de la production mondiale) et la Russie (17,3 %) sont de loin les plus gros producteurs mondiaux de gaz naturel, avec près de 40% des volumes extraits au niveau mondial. Ici encore, de rapides évolutions sont possibles d'une année sur l'autre : selon les coûts d'extraction et les variations du marché, certaines productions peuvent fluctuer de manière très importante. L'Australie a ainsi vu sa production augmenter de 18 % de 2017 à 2018.

Production annuelle de gaz naturel dans le monde
Rang Pays Production (en milliards de mètres cubes)
1 Etats-Unis 734,5
2 Russie 635,6
3 Iran 223,9
4 Canada 176,3
5 Qatar 175,7
6 Chine 149,2
7 Norvège 123,2
8 Union Européenne 117,8
9 Australie 113,5
10 Arabie Saoudite 111,4
11 Algérie 91,2
12 Malaisie 78,4
13 Indonésie 68,0
14 Turkménistan 62,0
15 Emirats Arabes Unis 60,4
16 Ouzbékistan 53,4
17 Egypte 49,0
18 Nigeria 47,2
19 Royaume-Uni 41,9
20 Mexique 40,7

Source: BP World Energy Outlook, 2018.

Les sources d’approvisionnement en France

Malgré une consommation de gaz naturel relativement importante en France, le marché du gaz naturel français reste relativement obscur. Ainsi, contrairement à une croyance très répandue, la France ne s'approvisionne pas exclusivement en gaz naturel Russe, mais bénéficie d'un marché du gaz naturel très développé.

Comment est produit le gaz naturel ?

Techniquement, il est impropre de parler production du gaz naturel. Le gaz est en réalité extrait de gisement. Exploiter du gaz naturel comprend trois étapes : l’exploration, l’extraction et la purification. En France, le seul gisement encore en activité partielle est le gisement de Lacq, qui ne fournit toutefois que les entreprises locales et de façon relativement marginale. Pour la France, le gaz provient essentiellement de Norvège (43 %) et non de Russie comme on peut l'entendre par moments. La Russie arrive ainsi en seconde position, avec 21 % des entrées brutes en France, suivi des Pays-Bas (11 %), l'Algérie (10 %) et le Nigéria (3 %).

Exploration du gaz

Il est d’abord essentiel de trouver les gisements de gaz avant de les exploiter. La recherche de nouveaux gisements se fait grâce à la cartographie et la sismographie. Ces opérations sont réalisées par des entreprises spécialisées, comme WesternGeco ou CGG. Si la présence d'hydrocarbures est détectée, plusieurs forages d'analyse sont effectués, afin d'obtenir le maximum de renseignements sur la nappe. C'est seulement après ces deux étapes que le forage sera déclaré exploitable ou non par les compagnies spécialisées en hydrocarbures. Cette décision est prise au vu des cours du pétrole et du gaz naturel, mis en relation avec les coûts d'extractions. En l'état actuel des analyses en France, il n'y a pas de réserves prouvées d'hydrocarbures suffisamment importantes pour être relevées.

Extraction du gaz

C’est bien entendu la phase la plus importante, dans le but d'extraire le gaz retenu prisonnier dans la roche. Il faut donc cela forer en profondeur afin d'atteindre les nappes d'hydrocarbures, parfois jusqu'à plus de 4000 mètres de profondeur. Cela nécessite des infrastructures complexes. Cependant, une fois le gisement atteint, le gaz remonte facilement à la surface. Cette étape est gérée par les compagnies gazières, connues du grand public (Total, BP, Shell, Gazprom...).

Purification du gaz

Une fois le gaz extrait, il faut le purifier, c’est-à-dire éliminer les composés soufrés et le CO2 pour avoir un combustible idéal. Cette opération se fait très rapidement après l'extraction, afin d'optimiser les coûts de transport en ne déplaçant pas de produits annexes et inutiles.

Transport du gaz

Il existe plusieurs méthodes pour transporter le gaz de son lieu de production à son lieu de consommation : les gazoducs et les méthaniers. Le choix pour l'un ou pour l'autre définit la stratégie commerciale des acteurs et implique des contraintes plus ou moins fortes. En France, la majorité (75,6 %) du Gaz Naturel nous provient via des gazoducs. 

Transport par gazoducs

Les gazoducs sont de deux types : terrestres et sous marins. Longs de plusieurs milliers de  kilomètres, ils sont un peu les autoroutes du transport du gaz. Des stations de compressions, tout au long de ces gazoducs, permettent la circulation du gaz à grande vitesse. Leur construction demande des investissements importants, et exigent une vision long terme de l'exploitation du gaz naturel.

Le transport du gaz par gazoduc entraîne par ailleurs des pertes. Entre la Russie et l’Union Européenne, l’énergie consommée en transport par gazoduc représente entre 10 et 15% du gaz transporté. Pour la France, 51 % du gaz importé via gazoduc provient de Norvège, contre 34 % de gaz Russe et 14,6 % de gaz naturel Néerlandais.

Le transport par méthaniers

Le gaz peut aussi être transporté sous forme liquide, via des bateaux spécifiquement conçus à cet effet. On parle alors de Gaz Naturel Liquéfié (GNL), à ne pas confondre avec le gaz de pétrole liquéfié (GPL). Les méthaniers ont l’avantage de pouvoir changer de routes et de contourner ainsi des zones temporairement à risque, ce qui est impossible avec les gazoducs. Cette méthode permet par ailleurs de varier les destinations et les origines du gaz naturel. Toutefois, ce sont des méthodes nécessitent du matériel adapté, tant de la part des producteurs que des acheteurs. En France, il existe quatre centres de regazéfication de GNL, offrant la 3e plus grande capacité de réception de GNL en Europe. En France, la majorité du GNL nous provient d'Algérie (38 % du GNL importé) et du Nigéria (30,6 %).

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