Écoles, hôpitaux, transports : que prévoit le plan d’urgence en cas de coupures d’électricité ?

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Si l’approvisionnement énergétique semble assuré pour cet hiver 2022-2023, ce sera non sans quelques sacrifices. Entre autres, il se pourrait que le mois de janvier fasse les frais de coupures d’électricité temporaires sur l’ensemble du territoire, prévient le gestionnaire de réseau électrique RTE. Comment sera appliquée cette mesure extrême ?


Coupures d’électricité : un plan national testé dès le mois de décembre

France Info vient de partager certains éléments d’une circulaire envoyée aux préfets et qui concerne les coupures d’électricité à prévoir pour cet hiver. Dans ce document, on apprend notamment que le dispositif sera testé dès la semaine prochaine. “Un test national est prévu par Enedis et RTE le 9 décembre, auxquelles les préfectures seront associées sous forme d’exercice sur table", précise la circulaire en question. La France se prépare donc à d’éventuelles coupures les jours où le réseau électrique sera trop tendu. Le but étant d’éviter à tout prix le blackout énergétique.

La probabilité de coupures d’électricité cet hiver, notamment durant le mois de janvier, est donc de plus en plus envisagée. La crainte des températures très basses et d’une consommation nationale qui ne parviendrait pas à baisser autant qu’elle le devrait, laisse place à ce scénario qui redoutent les usagers. Le retard sur la réactivation des réacteurs nucléaires toujours à l’arrêt ne contribue pas quant à lui à apaiser les appréhensions.

Il faut toutefois rappeler que plusieurs dispositifs ont été mis en place en vue d’éviter ce scénario. La France a notamment signé un accord de soutien mutuel avec l’Allemagne pour parer au risque de pénurie d’énergie. En effet, la France aidera son voisin allemand pour faciliter les livraisons de gaz, quant à lui il sécurisera l’approvisionnement d’électricité Hexagonal.

De son côté, la consommation nationale d’électricité est en baisse cet automne, grâce à des températures plus clémentes qu’à l’accoutumée, mais aussi aux efforts collectifs des consommateurs et des industries. D’après les dernières données partagées par RTE, la consommation d’électricité aurait baissé de 6,7% lors de la dernière semaine de novembre par rapport aux années précédentes (2014-2019).

Pourtant le gestionnaire d’électricité est formel, il existe encore une série de paramètres inconnus à l’heure actuelle, qui pourraient influencer la tension sur le réseau électrique. C’est pourquoi RTE et le gouvernement ont prévenu que s’il le fallait, des coupures d’électricité tournantes seraient appliquées durant l’hiver 2022-2023.

À quoi ressembleront les coupures d’électricité cet hiver ?

La mise en route de délestages suivra un protocole strict et dépendra d’éléments fluctuant quotidiennement.

“Chaque jeudi, RTE identifie, en fonction des données météorologiques, des informations sur la disponibilité des moyens de production et des interconnexions, un possible recours au délestage entre le samedi 0h00 et le vendredi de la semaine suivante jusqu’à 23h59”, précise la circulaire envoyée aux préfets.

Les coupures électriques que prévoit le plan national dureront au maximum deux heures lors de créneaux horaires restreints, identifiés comme les périodes à risque sur le plan électrique :

  • Le matin, entre 8h et 13h ;
  • Le soir, de 18h à 20h.

Les coupures ne devraient concerner que les jours de semaine. Les samedis, dimanches et jours fériés devraient être épargnés.

Les zones de délestage n’impliqueront pas une région ou un département dans leur ensemble. Seuls des espaces géographiques seront définis. La Corse sera une exception et n’est pas concernée par le dispositif car son approvisionnement en électricité est indépendant du continent.

Trois jours avant la coupure, un signal rouge Ecowatt sera émis, afin de demander à tous les Français de faire un effort sur leur consommation d’électricité et faire baisser la demande sur le réseau. Si les objectifs de réduction ne se concrétisent pas, alors le délestage sera confirmé. La liste des zones concernées par les coupures sera publiée la veille de l’opération à 17 h.

Afin de renseigner les zones concernées par les coupures électriques, Enedis a mis en place le site coupures-temporaires.enedis.fr, qui comprend notamment une carte de France, sur laquelle il est possible de découvrir quelles zones géographiques subiront un délestage.

Le site permettra également de rentrer directement son adresse postale, afin de vérifier si une coupure électrique est prévue à son domicile. La plateforme Ecowatt offre quant à elle un aperçu de l’état des coupures électriques. Les usagers ayant renseigné leur numéro de téléphone sur l’outil de suivi de la consommation électrique seront alertés par SMS.

De nouveaux paramètres pourraient être remaniés le matin de la coupure d’électricité. Cet ajustement sera appliqué à partir de 6h du matin. Encore une fois l’information sera largement diffusée sur les plateformes d’Enedis mais aussi d’Ecowatt. Les médias du groupe France Télévisions et Radio France seront également des relais d’informations.

Secteurs prioritaires : 14 000 sites épargnés par les coupures

Certaines zones ont impérativement besoin d’électricité en continu. D’après la circulaire émise par le gouvernement, on compte au moins 14 000 sites dits prioritaires, qui devraient donc être épargnés par les coupures.

Ces sites relèvent de secteurs dont la France ne peut se passer, pour des questions de santé ou de sécurité. La liste en question recense des lieux et établissements tels que :

  • Les hôpitaux et cliniques ;
  • Les gendarmeries et commissariats de police ;
  • Les casernes de pompiers ;
  • Les domiciles des personnes hospitalisées chez elles ;
  • Les tribunaux ;
  • Des sites industriels sensibles ;
  • Des installations classées.

Les mesures de délestages devraient concerner 60% de la population française, après ce ciblage par ordre de priorité.

Pourra-t-on se déplacer en transports en commun ?

Sans électricité pendant deux heures, pourra-t-on également prendre des transports comme le train, le tram ou le métro qui nécessitent un afflux en électricité ? Ce point est également évoqué dans le plan de crise partagé par le gouvernement.

Les trajets en train pourraient souffrir de ces coupures. Des annulations sont envisagées, afin d’éviter d’arrêter le train durant deux heures et que les voyageurs restent coincés sur une voie.

De même pour les trams et les métros, où il faudra également s’attendre à des suspensions et annulations. S’ils peuvent assurer l’ensemble de la ligne avant qu’une coupure ne se déclenche, les transports seront maintenus.

Les transports privés en voiture pourraient également être impactés. Puisque dans les zones de délestages, les feux tricolores et l'éclairage public ne fonctionneront plus. Les automobilistes seront alors invités à éviter au maximum les déplacements.

Les écoles plongées dans le noir ?

Les établissements scolaires et universitaires ne font - à priori - pas partie des sites dits prioritaires. Ils pourraient donc être concernés par les délestages. Que prévoit le plan de crise pour les écoliers et étudiants ?

Les écoles se situant dans un secteur géographique concerné par une coupure électrique dans les créneaux matinaux - soit entre 8h et 13h - ne pourront pas accueillir les enfants durant la demi-journée. Les établissements qui ne disposeront ni de lumière ni de chauffage ou encore de dispositif d'alarme anti-incendie ne seront pas en mesure d’assurer la sécurité des enfants. Les écoles impactées par les délestages ne pourront ouvrir leurs portes que l’après-midi. En déplacement au Salon Educatech Expo à Paris, le Ministre de l’éducation, Pap Ndiaye l’a par ailleurs confirmé :

“Les délestages programmés vont en effet toucher les écoles et les établissements scolaires, selon trois créneaux : 8 heures-10 heures, 10 heures-midi et 18 heures-20 heures [en cas de coupure le matin] la rentrée des élèves le jour concerné se fera en début d'après-midi, avec sans doute un repas qui sera néanmoins prévu pour les élèves qui sont à la cantine.”

Dans le secondaire, les coupures pourront être appliquées sur les créneaux du matin comme du soir. Les collèges et lycées pourront également être touchés par des coupures en soirée. Dans l’enseignement supérieur, les universités et écoles, il en sera de même : les coupures pourraient tomber à n’importe quel moment. Pour l’heure, aucune proposition de fermeture des établissements n’a toutefois été prévue.

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