Coupures d’eau chaude via Linky : des économies considérables selon Enedis

compteur Linky

Fin septembre dernier, un arrêté pris par le gouvernement dans le cadre du plan de sobriété énergétique n’a pas manqué de faire couler l’encre. Le dispositif concerné, interprété à tort comme la généralisation des coupures d’électricité chez les particuliers, consiste en la possible désactivation des ballons d’eau chaude entre 12 et 14 heures. Quelques semaines plus tard, le pari semble gagnant du côté d’Enedis.


Craintes de coupures d’électricité : un arrêté polémique

Le 27 septembre dernier était publié au journal officiel un arrêté relatif au réajustement des dispositifs de comptage. Autrement-dit, celui-ci offrait à Enedis la possibilité de prendre la main sur l'activation de certains équipements électriques, notamment les ballons d’eau chaude. L’arrêté prévoyait en outre la disposition suivante :

“Les dispositifs de comptage mis à la disposition des utilisateurs des réseaux publics de distribution ayant souscrit une offre de fourniture assurant une gestion quotidienne du contact pilotable, les gestionnaires de réseaux publics de distribution d'électricité désactivent temporairement la fermeture du contact pilotable sur la période des heures creuses méridiennes.”

En clair, ce décret supposait ainsi que les usagers ayant souscrit un contrat heures pleines - heures creuses et plus spécifiquement ceux dont les heures creuses s'appliquent entre 12h et 17h - pouvaient voir leur ballon d’eau chaude sujet à une simple opération de reprogrammation de la part d’Enedis, via leur compteur Linky. Le gestionnaire de réseau avait par ailleur précisé la chose suivante :

“Il s’agit d’une télé-opération réalisée par Enedis par le biais des compteurs communicants, qui permet, à distance, de suspendre l’ordre technique d’enclenchement de ces usages pilotés, notamment le ballon d’eau chaude, pendant les Heures Creuses.”

Enedis ajoutait alors néanmoins dans son communiqué, que cette démarche simple s’avèrerait sans conséquences sur le quotidien des consommateurs, tout en permettant une économie équivalente à 2,5 GW à 12h30 (soit 2 unités de production), et 1 GW à 13h (1 unité de production). Autrement-dit, l’équivalent de deux réacteurs nucléaires. Sur le papier donc, repousser la période de chauffe des ballons d'eau chaude sur les heures creuses de la nuit pour près de 5 millions de clients représentait un gain considérable dans la course à la sobriété énergétique et un rempart efficace aux éventuelles coupures d’électricité lors des pics de consommation journaliers. Un mois plus tard, qu’en est-il réellement ?

Un pari réussi selon Enedis

Selon Enedis, cité par le Parisien, ce dispositif mis en place depuis le 15 octobre, a déjà porté ses fruits. “Après un mois et demi, l'expérimentation visant à réduire la pointe de midi a donc fait toutes ses preuves et est un succès”, a expliqué Thierry Sudret, le directeur Exploitation et systèmes d'Enedis au quotidien ce mercredi.

“Cela nous a permis d'économiser 2 400 mégawatts (MW) de puissance”, soit la consommation de 2,4 millions de Français. À titre de comparaison, c’est plus que la consommation parisienne. Il est à noter qu’en cas de besoin urgent d'eau chaude au cours des heures concernées, cette procédure n'empêche aucunement la mise en marche forcée du ballon d’eau chaude. Un simple interrupteur qu'il faut toutefois repositionner après usage, afin d’éviter que le ballon ne fonctionne ensuite en heures pleines et plombe les factures d’énergie suivantes.

Au micro de France Bleu, Thierry Sudret a par ailleurs tenu à préciser qu’il ne s’agissait en aucun cas de couper l'eau chaude, mais uniquement la période de chauffe. “Les gens disposeront toujours de l'eau chaude mais le ballon ne se réchauffe pas pendant cette période. Par contre, il se réchauffe pendant la nuit”, a t'il ajouté.

Cette mesure, en vigueur jusqu'au 15 mai 2023 s'inscrit dans le cadre du plan de sobriété énergétique du gouvernement. Selon RTE, le gestionnaire du réseau électrique, les risques de tension sur le réseau électrique se situent le matin entre 8h et 13h et le soir entre 18h et 20h, notamment durant la période de vigilance, située principalement en novembre et en décembre.

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