Fin du chauffage au gaz : voici la date officielle où l'État veut vous faire basculer vers la pompe à chaleur

Fin du chauffage au gaz : voici la date officielle où l'État veut vous faire basculer vers la pompe à chaleur

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Alors que le gaz naturel a longtemps été promu comme l’énergie de confort par excellence, l’État change sa stratégie. Pour tenir ses objectifs climatiques, la France va devoir remplacer le chauffage fossile à marche forcée. Ainsi, selon la nouvelle Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) publiée la semaine dernière par le gouvernement, l'industrie devra produire et installer un million de pompes à chaleur par an d'ici à 2027. Un virage industriel qui risque de bousculer les habitudes, mais surtout le portefeuille des ménages.

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Le compte à rebours est lancé pour la chaudière à gaz

Pendant des décennies, le gaz naturel (ou gaz de ville) était le choix de la raison : pratique, relativement bon marché et moins polluant que le fioul. Mais la nouvelle feuille de route énergétique de la France change radicalement la donne. L'objectif désormais est de réduire le parc de chaudières gaz dans le résidentiel de 20 % d'ici 2030. Cela représente environ 350.000 foyers qui devront, chaque année, abandonner le gaz pour une autre solution.

Pour accélérer cette mutation, l'exécutif ne compte pas seulement sur la bonne volonté écologique. L'arme principale est financière et réglementaire. La PPE confirme la suppression des incitations financières à l'installation de chaudières à gaz ou à fioul, une mesure déjà entamée au 1er janvier 2025. 

En clair, installer une chaudière à gaz neuve se fera désormais sans le soutien de l'argent public. C'est un signal redoutable envoyé aux propriétaires : investir dans le gaz aujourd'hui, c'est parier contre la stratégie nationale.

Un prix du gaz en constante augmentation

Au-delà de l'achat de l'équipement, la PPE souligne un risque de "ciseau tarifaire". Moins il y aura de consommateurs raccordés au réseau de gaz, plus le coût d'entretien de ce réseau pèsera lourd sur la facture de ceux qui restent. Le prix de l'abonnement et de la distribution pourrait donc mécaniquement augmenter pour les derniers fidèles du gaz.

Pour remplacer le gaz : la pompe à chaleur (PAC)

Si le gaz doit sortir, qui prend la place ? La réponse tient en trois lettres : PAC. La pompe à chaleur (PAC) est désignée comme la remplaçante officielle. L'État veut produire et installer un million de pompes à chaleur par an d'ici la fin de l'année 2027. Ce n'est plus une transition, c'est une mobilisation générale.

Il ne s'agit pas uniquement d'importer des machines d'Asie. Le plan d'action intitulé "Action Chaleur.4" vise à renforcer la filière française pour produire ces machines sur le sol national. L'idée est de transformer une contrainte écologique en opportunité de réindustrialisation. 

Pour les ménages, la promesse est celle d'une efficacité énergétique redoutable : une PAC restitue trois à quatre fois plus d'énergie qu'elle n'en consomme.

Un mur d'investissement pour les ménages

Cependant, le passage de la théorie à la pratique se heurte souvent à la réalité. Remplacer une chaudière à gaz par une pompe à chaleur air/eau représente un investissement conséquent, souvent compris entre 10.000 et 15.000 €, là où une chaudière gaz coûtait trois fois moins cher. 

Même si les aides comme MaPrimeRénov' ou les CEE (Certificats d'Économies d'Énergie) sont là pour amortir le choc, le "reste à charge" peut demeurer dissuasif pour les classes moyennes.

Le secteur du bâtiment va devoir s'adapter à une vitesse grand V. La PPE insiste sur la nécessité de "massifier" les rénovations globales. Car poser une pompe à chaleur dans une passoire thermique est un non-sens. L'amélioration de l'isolation thermique doit précéder le changement de chauffage, ce qui alourdit encore la facture initiale et la complexité des chantiers pour les particuliers.

Les réseaux de chaleur : l'alternative oubliée ?

Tout le monde ne pourra pas installer une pompe à chaleur, notamment en habitat collectif dense où l'installation de groupes extérieurs est complexe. C'est ici qu'intervient l'autre grand levier de la stratégie : les réseaux de chaleur urbains. L'objectif est de doubler le rythme de déploiement pour atteindre près de 300 TWh de chaleur livrée en 2030.

Le "droit au raccordement"

Pour les copropriétés situées à proximité d'un réseau de chaleur vertueux (alimenté par la géothermie ou la biomasse par exemple), le raccordement pourrait devenir la norme, voire une obligation dans certaines zones de développement prioritaire. C'est une solution "clé en main" qui évite la gestion de chaudières individuelles.

La France dessine donc un avenir où la fumée des chaudières s'efface au profit des ventilateurs de pompes à chaleur et des tuyaux de chauffage urbain. Une mutation technique qui s'annonce aussi radicale que le passage du charbon au fioul au siècle dernier.

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