Pourquoi vos factures financent le gaz de schiste américain, malgré l'interdiction française

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Chaque hiver, des millions de foyers français règlent leur facture de gaz sans se douter d'une réalité que peu de politiques osent formuler clairement : une part croissante de ce gaz vient des États-Unis, extrait par fracturation hydraulique, une technique que la France interdit sur son propre sol depuis 2011. En 2022, 25 % des importations gazières françaises provenaient de méthaniers américains chargés de gaz de schiste. Et ce chiffre ne cesse de progresser. La France ne produit donc pas de gaz de schiste, mais elle en consomme, elle en finance l'extraction à l'autre bout de l'Atlantique, et elle en dépend pour sécuriser son approvisionnement. Comment en est-on arrivé là, et à quel prix ?
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Gaz de schiste : un potentiel colossal… mais entièrement théorique
Les principales formations susceptibles de contenir du gaz de schiste se situent dans le bassin parisien, le sud-est (vallée du Rhône, Languedoc) et le nord-est de la France. Ces zones sont connues depuis longtemps des géologues et ont fait l’objet d’évaluations, notamment à partir de données analysées par le BRGM.
Certaines études internationales ont évoqué des volumes de plusieurs milliards de barils équivalent pétrole en place dans le sous-sol français. Des ordres de grandeur spectaculaires, qui correspondraient théoriquement à plus de 20 ans de consommation nationale.
Mais il ne s’agit pas de réserves exploitables. En l’état actuel des connaissances, aucune estimation officielle de pétrole ou de gaz de schiste récupérable n’existe pour la France. Entre les incertitudes géologiques, les coûts d’extraction, les contraintes environnementales et l’interdiction de la fracturation hydraulique, la part réellement mobilisable pourrait être très faible.
Autrement dit : un potentiel géologique qui fait régulièrement rêver… mais qui reste aujourd’hui purement théorique.
Depuis 2011, la fracturation hydraulique est interdite en France. Depuis 2017, c'est l'exploration et l'exploitation de l'ensemble des hydrocarbures non conventionnels qui sont exclues du code minier. La justification officielle tient en quelques mots : risques de pollution des nappes phréatiques, fuites de méthane, micro-séismes, et incompatibilité avec les objectifs climatiques.
Le gouvernement français ne rouvre pas ce débat, estimant que le mix énergétique national, dominé par le nucléaire, maintient une intensité carbone faible, et que l'électrification des usages permettra de se passer du gaz à moyen terme.
Fracturation hydraulique : comment ça marche ?
La fracturation hydraulique consiste à forer la roche jusqu'à 2000 à 3000 mètres de profondeur, puis à y injecter un mélange d'eau, de sable et d'additifs chimiques à une pression pouvant atteindre 600 bars. Les microfissures ainsi créées libèrent le gaz emprisonné dans la roche, qui remonte ensuite vers la surface.
Chaque puits mobilise entre 10 et 15 millions de litres d'eau. C'est cette consommation massive d'eau, combinée au risque de contamination des nappes phréatiques et aux émissions de méthane, qui a conduit la France à l'interdire.

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Le paradoxe français : interdire le gaz de schiste chez soi, en importer massivement
C'est ici que la position française se complique. Si la fracturation hydraulique est interdite sur le territoire, l'importation de gaz produit par cette technique reste parfaitement légale.
Depuis la crise énergétique de 2022, les États-Unis sont devenus le premier fournisseur de GNL de la France. Cette année-là, près d’un quart des importations gazières françaises provenaient de méthaniers américains.
Or la quasi-totalité du gaz exporté par les États-Unis est issue de gisements non conventionnels : près de 80 % de la production américaine est aujourd’hui du gaz de schiste, selon l’Energy Information Administration. Autrement dit, la France consomme massivement un gaz dont la méthode d’extraction est interdite sur son propre sol.
Pour tourner la page du gaz russe, cette dépendance s’est renforcée. La France est devenue le premier pays européen en capacités d’importation de GNL et les contrats se multiplient. Engie a signé un accord de 15 ans avec le producteur texan NextDecade pour 1,75 million de tonnes par an à partir de 2026, tandis que TotalEnergies investit directement dans les terminaux d’exportation américains.
Résultat : le gaz de schiste, juridiquement banni en France, s’impose de facto dans le mix énergétique par le jeu des marchés internationaux, un paradoxe régulièrement dénoncé par une partie de la classe politique.
Trump relance la machine : quelles conséquences pour la France ?
Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, en janvier 2025, a donné un coup d'accélérateur mondial au débat sur les hydrocarbures non conventionnels. Dès son investiture, l'administration Trump a signé des décrets favorisant la relance tous azimuts de l'exploitation pétrolière et gazière, levé les derniers verrous réglementaires sur les forages en terres fédérales, et retiré les États-Unis de l'accord de Paris ainsi que de la Convention-cadre des Nations unies sur le climat en janvier 2026. Les émissions américaines de gaz à effet de serre ont progressé d'environ 2,4 % en 2025, interrompant une tendance à la baisse observée depuis 2005.
Pour la France, cette dynamique américaine a une implication directe : les contrats d'importation de GNL déjà signés vont s'exécuter dans un contexte de surproduction assumée et de prix potentiellement bas. Ce qui rend encore plus difficile, politiquement, toute remise en cause de ces importations.
Par ailleurs, il serait tout aussi difficile de rouvrir le débat sur une exploitation locale qui, elle, serait soumise à des normes environnementales strictes et à un coût de production bien plus élevé.
L'empreinte carbone du GNL américain
Le gaz naturel liquéfié importé des États-Unis ne présente pas qu'un enjeu géopolitique. Sa chaîne de transport, liquéfaction, traversée de l'Atlantique par méthanier, regazéification, est hautement énergivore.
Certaines estimations avancent que l'empreinte carbone totale du GNL américain pourrait être supérieure à celle du charbon si l'on intègre les fuites de méthane à l'extraction. Un argument de poids pour les associations environnementales qui s'opposent à ces importations.
Exploiter du gaz de schiste en France : une option toujours fermée, pour combien de temps ?
La question d'une exploitation nationale reste officiellement close. Aucun parti de gouvernement ne porte aujourd'hui de projet crédible de relance de la fracturation hydraulique, et les sondages d'opinion ne montrent pas d'appétit populaire pour cette option.
La géologie européenne est par ailleurs moins favorable qu'aux États-Unis : les formations de schiste françaises sont plus fragmentées, moins étendues, et les coûts de production seraient structurellement plus élevés qu'outre-Atlantique. Le modèle américain, fondé sur une densité de puits très élevée et une logique de rendements décroissants acceptés, se transpose difficilement dans un contexte européen où le foncier est contraint et la réglementation environnementale exigeante.
Des voix minoritaires continuent néanmoins de plaider pour une réévaluation. À l'heure où la souveraineté énergétique redevient une priorité stratégique en Europe, dépendre du gaz de schiste américain pour chauffer les logements français tout en interdisant son extraction sur le sol national interroge la cohérence de la politique énergétique nationale. Le débat, officiellement clos depuis 2011, n'a peut-être pas dit son dernier mot.

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