Faire baisser ses factures d'électricité grâce à l'autoconsommation collective

autoconsommation collective

Face à la hausse des prix de l’électricité, nombreux sont les consommateurs en quête de solutions alternatives, afin d’alléger le montant de leurs factures. Solution prisée par excellence, les énergies renouvelables ont le vent en poupe, à commencer par l’énergie solaire à domicile. Mais pour faciliter l’accès à cette énergie dont l’installation demeure coûteuse, certains optent pour le format collectif. Se rassembler pour mieux économiser, et si c’était là la solution la plus efficace ?


L’autoconsommation collective, qu’est-ce que c’est ?

Depuis le décret n° 2017-676 du 28 avril 2017 relatif à l'autoconsommation d'électricité, il est possible de s’adonner à ce que l’on appelle l’autoconsommation collective. Avant cette date, l’autoconsommation se restreignait à l’échelle d’un foyer. Avec ce décret, il est désormais autorisé de partager l’énergie renouvelable produite entre plusieurs producteurs ou consommateurs.

Autrement-dit, l’autoconsommation collective consiste à regrouper plusieurs producteurs et/ou consommateurs au sein d’une même personne morale, afin que chacun puisse bénéficier de la production d’énergie renouvelable d’une ou plusieurs installations. L’autoconsommation collective est régie par certaines règles :

  • Les membres de l’organisation d’autoconsommation collective doivent se rassembler autour d’une structure juridique appelée “personne morale” (PMO) ou “personne morale organisatrice”. C’est notamment à elle qu’incombe la charge d’établir une convention d’autoconsommation collective avec le gestionnaire du réseau public de distribution.
  • Les “points de soutirage” et “d’injection” doivent être situés en aval d’un même poste public de transformation d’électricité de moyenne et basse tension. Autrement dit, les parties prenantes doivent se situer dans une zone géographique relativement proche (de 2 à 20 km en milieu rural environ).
  • Tous les utilisateurs impliqués doivent être équipés d’un compteur communicant Linky.

Une opération d’autoconsommation collective ne nécessite aucun équipement particulier pour les consommateurs - outre un compteur communicant - et ils restent raccordés au réseau public de distribution. Dans la majorité des cas, l’énergie concernée par cette “association” est d’origine photovoltaïque.

Rejoindre une opération d’autoconsommation collective

Selon les données d’Enedis, en juin 2022, on dénombrait pas moins de 102 opérations d’autoconsommation collective sur l'Hexagone, 40 de plus qu’à la même période l’année précédente. L’autoconsommation collective regroupait à cette période pas moins de 1 308 participants, dont 1 150 consommateurs et 158 producteurs. Un chiffre qui ne cesse de s’accroître si l’on se réfère aux multiples projets en développement sur le territoire.

À Reims, par exemple, le bailleur social Plurial Novilia s’est lancé dans une quinzaine d’opérations portant sur de l’habitat collectif ou encore sur du pavillon individuel. De son côté, la ville de Lyon accueille le projet Sollys, qui compte une résidence de 11 bâtiments (bureaux et résidentiels) en autoconsommation collective. Pour résumer, les projets pullulent et revêtent des caractères différents. En effet, les personnes morales ou PMO peuvent être :

  • Des copropriétés ;
  • Des associations ;
  • Des coopératives locales ;
  • Des établissements scolaires ;
  • Des commerces ;
  • Des lotissements.

Si les communes s’intéressent désormais de près au système d’autoconsommation collective, elles ne sont pas les seules. En effet, certaines coopératives se développent afin de permettre aux particuliers de bénéficier simplement d’une énergie verte de proximité, à l’image du fournisseur Enercoop, à la tête du “1er réseau d’énergie citoyenne en France”, avec pas moins de 11 “coopératives d’intérêt collectif”. Enfin, il est également possible de bénéficier d’une opération d’autoconsommation collective au sein d’un même immeuble, ou d’un lotissement.

Quelles économies grâce à l’autoconsommation collective ?

Pour qu’un projet d’autoconsommation collective soit rentable il faut nécessairement que le maximum de la production soit consommé. À priori l’autoconsommation collective bénéficie d’un taux d’autoconsommation supérieur à celui des systèmes individuels, dans la mesure où l’énergie produite est consommée sur des plages horaires plus étendues. Toutefois, l’autoconsommation collective demeure à ce jour une pratique peu répandue, il est donc difficile d’estimer avec précision les économies exactes réalisées. Mais à en croire les premiers résultats du projet SerenyCalas, à Calas, dans les Bouche-du-Rhône, le principe pourrait être particulièrement rentable.

En effet, quelques semaines auparavant, le projet d’autoconsommation collective qui réunit 74 bénéficiaires (68 particuliers, un groupe scolaire, trois commerçants, une piscine de copropriété et une maison de retraite) a livré ses premiers chiffres.

Pour sa première année de fonctionnement, SerenyCalas a produit 276 MWh d’énergie verte locale entre février 2022 et janvier 2023, le tout dans un périmètre de 20km en zone rurale. Une production qui représente une autonomie à hauteur de 36 % et une économie de 17 % grâce à la consommation d’énergie solaire locale.

“Dans le contexte de crise énergétique et d’inflation du prix de l’énergie, l’autoconsommation collective et les circuits courts sont plus que jamais pertinents. Nos solutions contribuent à diminuer l’empreinte carbone d’un territoire et à limiter la facture énergétique des bénéficiaires, en agissant comme un bouclier tarifaire, avec un tarif maîtrisé dans le temps”, souligne par ailleurs Donald François, le dirigeant fondateur de SerenySun Energies.

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