+42 milliards d’euros injectés : pourquoi les Français misent massivement sur ces placements en 2026
Longtemps considérés comme le choix prudent des épargnants, les fonds euros sont progressivement en train de perdre du terrain dans l'assurance vie. En 2025, les Français ont massivement orienté leur argent vers des supports plus dynamiques : les unités de compte (UC). Résultat : la collecte nette sur ces placements a atteint un niveau historique de +42,5 milliards d'euros, selon un rapport publié le 6 mai 2026 par France Assureurs.
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Les unités de compte attirent des montants records
En 2025, les contrats d'assurance vie en unités de compte ont drainé 75,1 milliards d'euros de cotisations, soit une hausse de +13,2 % sur un an. Les UC représentent désormais près de 40 % de l'ensemble des versements en assurance vie.
Contrairement aux fonds euros, dont le capital est garanti, les UC sont investies sur les marchés financiers : actions, obligations, fonds diversifiés, immobilier ou encore ETF. Leur valeur peut donc fluctuer à la hausse… comme à la baisse.
Autrement dit, les épargnants acceptent davantage de volatilité dans l'espoir d'obtenir de meilleures performances. Et pour l'instant, cette stratégie semble avoir payé.
Des performances solides en 2025
Selon France Assureurs, les supports en unités de compte ont enregistré une performance globale moyenne de +5,5 % en 2025, après déjà +5,4 % en 2024.
Certains segments ont particulièrement bien performé :
- les fonds actions ont progressé de +8,1 % ;
- les fonds à allocation d'actifs ont gagné +5,3 % ;
- les obligations et fonds obligataires ont affiché +2,2 %.
Dans un contexte où les livrets réglementés rapportent moins qu'auparavant et où les fonds euros peinent souvent à dépasser les 2 ou 3 %, ces performances attirent naturellement les investisseurs.
Sur les cinq dernières années, les unités de compte ont d'ailleurs dégagé une performance annuelle moyenne de +4,9 %, nette des frais des fonds. Mais cette recherche de rendement ne concerne pas tous les supports.
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L'immobilier continue de perdre du terrain
Le rapport montre aussi un changement important dans les choix des épargnants : l'immobilier en unités de compte continue d'être délaissé.
Les supports immobiliers affichent une performance négative de -2,9 % en 2025, et le secteur enregistre une désaffection pour la troisième année consécutive.
Concrètement, de nombreux Français réorientent leur épargne vers les marchés financiers plutôt que vers les SCPI ou autres fonds immobiliers intégrés aux contrats d'assurance vie. Désormais, ce sont les fonds actions et obligataires qui concentrent l'essentiel des nouveaux flux.
Un placement plus risqué… qui finance essentiellement les entreprises
Pendant longtemps, l'assurance vie était surtout utilisée comme un placement sécurisé, centré sur les fonds euros. Mais avec le retour de l'inflation ces dernières années et la recherche de meilleurs rendements, les contrats évoluent progressivement vers des profils plus dynamiques.
À la fin de l'année 2025, les encours en unités de compte atteignaient ainsi 666,4 milliards d'euros, en hausse de +13,5 % sur un an.
Une grande partie de cet argent finance directement les entreprises :
- 372 milliards d'euros sont investis en actions ;
- 171 milliards en obligations ;
- 24 milliards en immobilier d'entreprise.
Les entreprises françaises captent à elles seules environ 252 milliards d'euros de ces investissements.
Attention aux frais… et au risque de perte
Même si les performances des UC peuvent sembler attractives, ces placements restent plus risqués qu'un fonds euro classique.
Contrairement à un livret ou à un fonds garanti, le capital n'est pas sécurisé. En cas de baisse des marchés financiers, la valeur du contrat peut reculer.
Les frais constituent également un point important à surveiller. D'après France Assureurs :
- les frais récurrents moyens des fonds en unités de compte atteignent 1,60 % ;
- les frais des contrats s'élèvent en moyenne à 0,88 %.
Ces coûts peuvent peser sur les performances à long terme, surtout sur les contrats les plus chargés.
Pour les spécialistes du secteur, la tendance devrait toutefois se poursuivre en 2026. Avec des marchés restés globalement solides et des épargnants toujours à la recherche de rendement, les unités de compte pourraient continuer d'attirer une part croissante de l'épargne des Français.