Crise de l'énergie : vers le développement de l’éolien en mer

eolien en mer

Le 14 mars dernier, le gouvernement a signé le « Pacte éolien en mer » avec les acteurs de la filière. Il marque son engagement à développer l’éolien en mer. Cela s’inscrit dans le plan de transition énergétique du pays, mais également dans la volonté d’assurer des retombées positives en termes de création d’emplois sur le territoire. Le pacte s’articule autour d’un objectif principal : viser un volume de 2 GWh par an d’ici 2025 et 20 GWh en 2035, supporté par des travaux de construction et amélioration du parc actuel.


Pacte « éolien en mer »

Le 14 mars dernier, le gouvernement a confirmé ses engagements pris à Belfort le 10 février 2022. On retrouve la volonté d’accélérer la transition énergétique en misant sur l’éolien.

La Ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili ainsi que les représentants du secteur éolien maritime ont signé le « pacte éolien en mer » qui précise les objectifs du « offshore » pour 2025, 2035 et 2050.

3 objectifs de court, moyen et long termes

pacte eolien en mer

Pour l’éolien en mer, l’Etat s’engage donc à viser un volume minimal d’attribution d’appels d’offres de :

  • 2 GW / an d’ici à 2025 ;
  • 20 GW / an d’ici à 2035 ;
  • 40 GW / an d’ici à 2050.

Pour atteindre ces objectifs, l’Etat soutient la réalisation de travaux de planification et la construction du parc éolien offshore.

4 engagements de la filière

Il ne s’agit pas seulement de construire le parc éolien mais d'accompagner la création de la filière complète. Pour cela, le gouvernement a affirmé qu’il apportera son soutien financier pour développer le secteur :

  • Quadrupler le nombre d’emplois de la filière pour occuper, d’ici 2035, au moins 20 000 emplois directs et indirects sur le territoire ;
  • Investir 40 milliards d’euros pour la réalisation des projets, au cours des 15 prochaines années ;
  • D’ici à 2035, atteindre un contenu local à hauteur de 50 % de l’ensemble des coûts du projet ;
  • Développer des projets exemplaires en matière d’intégration à l’environnement, humain comme naturel, et en faire la promotion pour inciter à de nouvelles initiatives.

En 2020, le site de Saint-Nazaire a déjà permis la création de plus de 5 000 emplois, de quoi convaincre les acteurs locaux de participer aux projets éoliens.

Engagements concrets pour stimuler le marché de l’éolien flottant

Réduction des procédures administratives

Dans le contexte actuel de crise du gaz, le gouvernement a besoin d’accélérer sa transition énergétique. Le Premier ministre, Jean Castex, a souligné lors de son discours que les parlementaires réduiraient significativement la durée de traitement des dossiers pour les projets orientés énergies renouvelables. Cela permettra de lever un frein pour les entrepreneurs et de stimuler l’innovation.

Etat des lieux des zones maritimes

L’Etat a également initié un large projet d’état des lieux des façades maritimes du territoire, afin de définir quelles zones sont les plus propices au développement d’éolien flottant. On tient compte notamment de l’impact de la présence d’une éolienne sur la biodiversité, ainsi que la compatibilité avec les activités maritimes de la zone (pêche entre autres).

C’est la ministre de la transition écologique qui communiquera prochainement la carte des zones prioritaires. Ont déjà été identifiées plusieurs zones, notamment le sud de la Bretagne et la façade nord ainsi que 2 parcs en Méditerranée sont en cours de réflexion, au large de Narbonne et du Golfe de Fos.

Le parc éolien maritime en France

État actuel de l’éolien en mer en France

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Aujourd’hui, selon l'association France Energie Eolienne (FEE), la France dispose du plus grand littoral européen et de la seconde façade maritime mondiale. Pourtant, elle ne dispose toujours d’aucune plateforme offshore éolienne. Ses 11 millions de kilomètres carrés de zone maritime et sa géographie variée sont propices au développement de la filière.

Depuis 2019, 2 projets sont en cours de construction, dans le bassin de Saint-Nazaire et Saint-Brieuc. La première plateforme sera inaugurée en 2022 et la seconde en 2023.

Sur Saint-Nazaire, ce ne sont pas moins de 80 éoliennes, qui produiront la consommation électrique de 20 % de la population du département Loire-Atlantique. De quoi compenser et remplacer une partie des énergies fossiles et du nucléaire sur le long terme.

Éolien en mer : fonctionnement

Il s’agit d’une éolienne classique mais implantée sur une plateforme offshore, à 10 km des côtes environ. Elle est raccordée au réseau via un câble sous-marin. Elle puise l’énergie du vent grâce à ses pales et ses turbines au moins deux fois plus puissantes que pour une éolienne terrestre. Elles sont conçues de façon à mieux résister aux contraintes de la mer. Les pales, elles, sont plus larges pour permettre d’emmagasiner plus d’air.

Le vent est l’élément indispensable au bon fonctionnement d’un parc éolien. Les vents étant plus forts au large, les éoliennes maritimes peuvent produire jusqu’à 60 % d’énergie supplémentaire que sur terre. Pour pouvoir produire de l’énergie, la vitesse du vent doit atteindre au moins les 10 km / h.

La vitesse du vent augmentant avec l’altitude, les éoliennes en mer sont la plupart du temps très hautes : elles atteignent jusqu’à 176m de hauteur contre 130m en moyenne sur terre.

Potentiel du secteur éolien maritime

Le parc est encore à bâtir dans son intégralité. 50 parcs éoliens permettraient de produire 40 GWh, soit 20 % de la consommation électrique totale. L’éolien pourrait devenir la deuxième source d’énergie en France après le nucléaire, de quoi renforcer l'indépendance énergétique. Une bonne nouvelle dans le contexte actuel de crise du gaz et surtout une voie de sortie des énergies fossiles !

Le point sur l´éolien terrestre

Aujourd’hui, environ 8 % de la consommation énergétique des foyers français est issue du parc éolien terrestre. Il est principalement situé dans les Hauts-de-France et le Grand Est. On recense environ 8 000 éoliennes sur le territoire.

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