Un plan de relance pour l'énergie : nucléaire et énergie verte

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Le 10 février dernier, lors d’un déplacement à Belfort, le président, Emmanuel Macron, a présenté sa nouvelle stratégie énergétique pour la France d’ici à 2030. Au programme : un vaste plan de relance nucléaire combiné au développement des énergies renouvelables. Un virage à 180° par rapport à son objectif de 2017 de réduire d’au moins 50% le nucléaire. Quelles sont les grandes lignes de cette nouvelle stratégie ?


Une stratégie orientée nucléaire

70 % de la production électrique en France provient de l’atome. C’est la première source de consommation électrique des Français. Un réacteur classique de 900 MW permet de produire chaque mois près de 500 000 MWh, ce qui correspond à la consommation de 400 000 foyers environ.

Renforcer le parc existant

Si en 2017, le président avait annoncé la fermeture des centrales nucléaires et une réduction de 50% de la production nucléaire, aujourd’hui, il est revenu sur ses paroles.

Plus aucun réacteur nucléaire fonctionnel ne sera fermé, sauf s’il est endommagé. Régulièrement, l’Autorité de la Sûreté Nucléaire (ASN) s’assurera de leur bon fonctionnement.

La durée de vie de tous les réacteurs en activité sera prolongée. Désormais, les centrales pourront continuer à produire même au-delà de 50 ans, si leur état le permet, et après étude et approbation d’EDF et de l'ASN.

Ouverture de nouveaux réacteurs

D’ici à 2050, Emmanuel Macron entend mettre en fonctionnement 6 nouveaux ERP2. Les chantiers devraient débuter dès 2028. EDF a déjà proposé plusieurs sites :

  • Penly (Seine-Maritime) ;
  • Gravelines (Nord) ;
  • Bugey (Ain).

Le président lance également un chantier d’études pour la construction de 8 autres réacteurs ERP2.

Le président a annoncé 500 millions d’euros d’investissement dans le projet NUWARD porté par EDF, visant à développer des petits réacteurs modulaires. Un investissement de 500 millions d’euros est également destiné au développement de nouveaux réacteurs produisant moins de déchets.

Nous visons le début du chantier à l’horizon 2028, pour une mise en service du premier réacteur à l’horizon 2035. Ce délai de mise en œuvre justifie la nécessité de prolonger nos réacteurs actuels. Emmanuel Macron

Focus sur le Plan France 2030

Présenté à l'automne 2021, « France 2030 » est un plan de grande ampleur porté par Emmanuel Macron.

Il expose les solutions que le gouvernement souhaite mettre en place pour répondre aux défis écologiques. Le plan sera soutenu par un investissement de 34 milliards d’euros, qui permettra d’accompagner la transition énergétique des secteurs industriels clés, encore trop dépendants des énergies fossiles.

  • France 2030 repose sur plusieurs grands objectifs, parmi lesquels :
  • Développer de nouveaux ERP plus petits et moins polluants. 1 milliard d’euros sera alloué à la recherche dans ce domaine d’ici 2030 ;
  • Devenir le leader de l'hydrogène vert. Grâce à la construction de gigafactories d’électrolyseurs, le gouvernement espère produire massivement de l’hydrogène pour alimenter les technologies qui y ont recours ;
  • Décarboner notre industrie, en diminuant de 35 % les émissions de CO2 ;
  • Multiplier la production et mise en circulation des véhicules électriques et hybrides ;
  • Innover dans les transports du « futur » grâce à 4 milliards d’euros investis dans la recherche. Parmi les grands chantiers figure le développement du premier avion bas carbone ;
  • Innover dans l’alimentation avec des produits moins énergivores ;
  • Innover dans la santé en développant des biomédicaments notamment pour les maladies chroniques ;
  • Investir dans la recherche spatiale et sous-marine pour trouver de nouvelles solutions pour réduire notre empreinte carbone.

Quid des déchets nucléaires ?

Le président n’a pas abordé le sujet du traitement des déchets nucléaires actuels et du plan Cigéo de stockage. Ce chantier de taille représente environ 12 000 m3 / an.

Continuer à développer les énergies renouvelables

plan france 2030

En 2017, Emmanuel Macron avait lancé de nombreuses initiatives pour augmenter la part de production électrique provenant des énergies renouvelables.

Par exemple, le parc photovoltaïque a augmenté de 3 500 MW, l'éolien (terrestre comme marin) est passé de 12 000 MW en 2017 à 17 000 MW en 2022. Aujourd’hui, le gouvernement espère continuer sur cette voie, afin de porter la part des énergies renouvelables à 32 % en 2030.

L’éolien

En mer, comme sur la terre, il est prévu de faire progresser les parcs éoliens, en doublant la production d’ici 2050.

Pour accompagner cette démarche, les départements seront libres de décider de leur implantation sur leur territoire. Les mairies pourront bénéficier de certains avantages fiscaux, ce qui devrait booster le secteur.

Exploiter la filière solaire

Emmanuel Macron n’a pas caché son ambition : il souhaite multiplier par 10 les capacités de production actuelles issues de l’énergie solaire, notamment via le photovoltaïque. Pour 2050, l’objectif est clair : dépasser les 100 GW de production.

Cet engagement en faveur des énergies renouvelables a été salué par plusieurs acteurs de la filière.

C’est la première fois qu’un président affirme aussi fermement la place massive que le solaire doit occuper dans le mix électrique français. Daniel Bour, président d’Enerplan

La « Décarbonisation », un autre enjeu de la transition énergétique

Macron souhaite atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 en soutenant la mutation écologique des secteurs industriels. Cet objectif est soutenu par le plan France 2030, qui détaille la stratégie de décarbonisation de l’industrie française.

Des investissements importants sont prévus pour accompagner les grandes industries, grands émetteurs de CO2, à sortir des énergies fossiles (gaz, charbon et pétrole) :

  • 4 milliards d'euros seront alloués aux industries les plus polluantes, comme la sidérurgie, la chimie lourde, le ciment, l’aluminium, pour les accompagner dans leur transition. Le gouvernement s’est déjà rapproché par exemple du leader Arcelor Mittal avec la construction d’un four à arc électrique et la réduction de l’usage des minerais de fer dans son processus de production ;
  • 1 milliard d'euros sera alloué au déploiement de solutions déjà matures, comme la chaleur bas carbone, afin de sortir progressivement de la dépendance aux énergies fossiles ;
  • 600 milliards d'euros seront alloués pour l'innovation et la recherche.

Jean Castex, premier ministre, a affirmé que la décarbonisation de l’industrie devait devenir un argument industriel.

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