Fin des tarifs d'achat : les producteurs d'électricité verte devront s'adapter

Au 1er janvier 2016, le système de tarif d'achat de l'énergie renouvelable sera remplacé par un système de prix de marché plus prime. Si le nouveau système ne devrait pas affecter le prix de vente de l'énergie, il obligera les producteurs à s'organiser pour vendre leur énergie.


Pas d'impact sur le prix de vente

Grâce aux tarifs d'achat de l'électricité, les producteurs ont aujourd'hui la garantie de pouvoir vendre leur électricité à un prix fixe sur une période de 15 ou 20 ans (correspondant à la durée de vie de l'installation), directement à EDF Energies Nouvelles. Ce tarif d'achat, plus ou moins avantageux selon les énergies, a été conçu pour assurer un niveau de rentabilité normal. Avec le nouveau système de vente sur le marché, le prix de marché perçu par le producteur est assorti d'une prime variable qui vient combler l'écart avec la rémunération cible souhaitée par l'Etat. Sur le plan de la rémunération, l'introduction des énergies vertes sur le marché n'a donc pas d'impact.

Cette évolution serait pourtant "loin d'être neutre" pour les industriels, selon Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables (SER). Vendre son énergie sur le réseau requiert en effet de mettre en place une organisation dédiée.

L'agrégateur, un nouvel intermédiaire indispensable

Le fait de vendre son électricité sur le marché comporte une contrainte majeure, qui est que le producteur doit être capable d'effectuer des prévisions de sa production. Cette disposition permet aux organismes régulateurs du marché de mieux gérer l'équilibre du réseau : l'électricité étant une énergie difficilement stockable à l'heure actuelle, le montant des injections sur le réseau doit être à tout heure plus ou moins équivalent au montant des soutirages (les consommations). L'obligation de prévision est rendue compliquée par la nature intermittente de la production des énergies vertes. La production de l'éolien et le photovoltaïque en particulier sont sujets aux aléas des conditions climatiques.

Pour éviter de se retrouver avec un écart entre les prévisions et la production réelle et d'ainsi payer de lourdes amendes, les producteurs d'électricité verte se tournent vers un nouvel intermédiaire, l'agrégateur. L'agrégateur achète la production électrique d'un grand nombre de producteurs répartis sur le territoire. En constituant ainsi un porte-feuille diversifié, il minimise la marge d'erreur, ce qui lui permet d'éviter les pénalités. Parce que le métier d'agrégateur est compliqué, les producteurs de taille moyenne n'ont d'autre choix que de se reposer sur cet intermédiaire dont les prestations sont facturées à prix fort. De nombreux producteurs envisagent aujourd'hui d'internaliser ces activités en faisant l'acquisition d'un de ces acteurs.

Qui est concerné ?

L'obligation de vendre son énergie sur le marché de gros sera faite à toutes les installations ouvertes à partir de la date du 1er janvier 2016, et ne s'appliquera qu'aux installations supérieures à une certaine puissance. Celle-ci est variable selon le type d'industrie.

Ce système s'appliquera au solaire photovoltaïque ainsi qu'à la biomasse, au biogaz et à l'hydraulique, mais épargnera pour le moment les parcs éoliens. L’éolien offshore est une énergie encore émergente, que le gouvernement a placé au premier plan dans ses objectifs de développement. L’éolien terrestre, de son côté, devrait être concerné en 2018 au plus tard.

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