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L'échec britannique, une aubaine pour Marseille

L'origine de cette secousse diplomatique trouve ses racines de l'autre côté de la Manche. Initialement, la compagnie britannique Xlinks ambitionnait de relier le Maroc au Royaume-Uni via un câble de 3 800 kilomètres, un chantier pharaonique estimé à 29 milliards d'euros. Cependant, le gouvernement de Keir Starmer a finalement douché ces espoirs, préférant privilégier la capacité énergétique nationale plutôt que de dépendre d'un lien si long et coûteux.

Loin de renoncer, Xlinks a réorienté ses plans vers le continent. En 2024, leur filiale, Elemental Power, a vu le jour sur le sol français avec pour mission de piloter les travaux administratifs et techniques pour raccorder le Maroc au port de Marseille. La cité phocéenne, qui a considérablement renforcé son rôle de hub logistique ces dernières années, s'apprête ainsi à devenir le point d'entrée névralgique de l'énergie verte africaine en Europe occidentale.

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Une infrastructure de rupture technologique

Le tracé prévu par Qantara Med rompt avec la logique historique des interconnexions. Jusqu'à présent, la péninsule ibérique servait de pont naturel pour l'électricité transitant entre l'Afrique du Nord et le reste du continent. En choisissant une liaison sous-marine directe, les promoteurs du projet s'affranchissent des contraintes physiques et politiques des Pyrénées.

Pour le secteur de l'énergie, ce câble représente la possibilité pour le Maroc d'intégrer le réseau électrique européen. Marseille ne serait plus seulement un port de marchandises, mais un nœud pour le réseau électrique du sud de la France, capable d'absorber des gigawattheures sans passer par la péninsule ibérique.

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L'Espagne face au spectre de l'isolement énergétique

À Madrid, l'annonce de ce projet suscite une inquiétude grandissante. Depuis des années, l'Espagne lutte contre son statut d'« île énergétique », réclamant sans cesse à la France le renforcement des lignes transfrontalières pour exporter ses propres surplus renouvelables. Le fait que Paris privilégie désormais un lien direct avec le Maroc est perçu comme une pression supplémentaire sur la position stratégique de l'Espagne.

Ce choix technique français pourrait bien être le reflet d'une volonté de contrôler directement les vannes de l'énergie de demain, sans dépendre des politiques tarifaires ou des blocages d'infrastructures de son voisin immédiat.

Le Maroc, futur géant de l'exportation verte

Le Maroc n'est plus un simple partenaire commercial, mais un nouvel acteur de la décarbonation européenne. Grâce à des investissements dans le solaire et l'éolien, le Maroc dispose de gisements d'énergie dont le coût de production défie toute concurrence européenne

La diversification des routes d'exportation est devenue une priorité pour Rabat, qui voit dans Qantara Med le moyen de sécuriser ses débouchés vers les marchés les plus demandeurs.

Le projet Qantara Med reste pour l'heure en phase de développement préliminaire, en attente des validations réglementaires définitives. Néanmoins, la création d'Elemental Power en France marque une étape irréversible : l'énergie de demain ne suivra plus forcément les chemins les plus courts, mais ceux qui offrent la plus grande indépendance géopolitique.

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