« Un milliard pour les caisses de l’État » : pourquoi EDF reste solide malgré la fin de l’euphorie

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Alors que le budget national cherche désespérément des sources de rentabilité pour financer la transition écologique, l'électricien historique redevient le premier contributeur de la souveraineté française. Ce vendredi 20 février 2026, EDF a officialisé un bénéfice net robuste de 8,4 milliards d'euros, permettant de reverser un dividende symbolique d'un milliard d'euros directement dans les caisses de l'État. Ce retour à la performance opérationnelle, après une année 2024 dopée par les prix fous de l'énergie, pose toutefois un défi immense : cette solidité financière suffira-t-elle à franchir le mur des 72 milliards d'investissements promis pour les futurs réacteurs EPR2 ?
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La fin de l'euphorie pèse sur les comptes
La chute était attendue, elle est désormais actée. En affichant un résultat net de 8,4 milliards d'euros pour l'exercice 2025, EDF tourne la page de l'année record 2024 où le groupe avait engrangé 11,4 milliards d'euros. Le chiffre d'affaires suit la même tendance, reculant de 4,5 % pour s'établir à 113,3 milliards d'euros.
Ce repli s'explique principalement par la baisse des prix de l'électricité sur les marchés européens. L'ère des prix spots délirants est révolue, ce qui impacte directement les marges de l'électricien. De plus, les marchés financiers moins favorables ont pesé sur la performance du portefeuille d'actifs dédiés, amputant le résultat financier de plus d'un milliard d'euros.
Cependant, Bernard Fontana, le Président-Directeur général d’EDF, se veut rassurant et insiste sur la solidité du Groupe :
« Sûreté, sécurité, santé sont les priorités du Groupe, afin de fournir à nos clients une électricité compétitive, souveraine et bas carbone. L’année 2025 a été marquée par des résultats opérationnels et financiers solides. Ces résultats traduisent les actions engagées pour augmenter durablement notre performance opérationnelle. »
Le réacteur nucléaire français tourne à plein régime
C'est la véritable bonne nouvelle de ce bilan 2025. Si les prix baissent, EDF a pu compenser une grande partie de ce manque à gagner par une hausse significative des volumes vendus. La production nucléaire dans l'Hexagone a bondi de 11,3 TWh pour atteindre 373 TWh, un niveau inédit depuis six ans.
Cette performance industrielle valide la stratégie de maintenance et de maîtrise des arrêts de tranche. Le parc historique répond présent, et le nouveau réacteur EPR de Flamanville 3 a enfin atteint 100 % de sa puissance, marquant une étape symbolique dans le renouveau de l'atome tricolore.
Seule ombre au tableau de la production : l'hydraulique, qui recule de plus de 9 TWh après une année 2024 exceptionnellement pluvieuse.
Dividende pour l'État
Malgré la baisse du bénéfice, la santé financière d'EDF permet de rétribuer son actionnaire unique. L'État français percevra ainsi un dividende d'un milliard d'euros au titre de l'exercice 2025. Une manne bienvenue pour les finances publiques.

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Dette en baisse avant le mur d'investissement
L'autre indicateur scruté de près par les analystes est la dette. Le groupe a réussi à se désendetter de près de 3 milliards d'euros sur l'année, ramenant son endettement financier net à 51,5 milliards d'euros. Cette discipline budgétaire est cruciale, car EDF se trouve au pied d'un mur d'investissements colossal.
La relance du programme nucléaire français, avec la construction prévue des réacteurs EPR2, nécessite des capacités de financement solides. Le groupe a d'ailleurs présenté un devis prévisionnel de 72,8 milliards d'euros (valeur 2020) pour ce programme ambitieux.
L'agence de notation S&P a salué cette trajectoire en relevant la note d'EDF à "BBB+ stable" en janvier dernier, un signal positif pour les futurs emprunts du groupe.
L'épine britannique : Hinkley Point C dérape encore
Si la situation en France s'assainit, le chantier britannique d'Hinkley Point C (HPC) continue de peser lourdement sur les comptes. EDF a dû passer une dépréciation d'actifs de 2,5 milliards d'euros liée à ce projet titanesque.
Le groupe a officialisé un nouvel "ajustement" du calendrier et des coûts. La facture prévisionnelle grimpe désormais à 35 milliards de livres (en valeur 2015), contre une fourchette précédente de 31 à 34 milliards. Quant au démarrage du premier réacteur, il est désormais prévu pour 2030, une échéance que la direction qualifie de « plus réaliste ».
Ces déboires outre-Manche rappellent la complexité industrielle de la filière EPR, même si le groupe met en avant le "savoir-faire" et "l'effet de série" acquis sur HPC qui bénéficieront au futur projet Sizewell C et au programme français.

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