Engie : Isabelle Kocher décroche le titre de directrice générale du groupe

Celle qui était jusqu’à présent directrice générale déléguée a été intronisée aujourd’hui à la tête d’Engie (ex-GDF Suez), dans le cadre de l’Assemblée Générale des actionnaires. Un nouveau départ pour cette quadragénaire, désormais première patronne française du CAC 40, qui prend les rênes du groupe à un moment plus que charnière.


Une succession contrôlée

C’est officiel : celle que l'on attendait déjà depuis plusieurs mois s’est emparée du siège, plutôt convoité, de directeur général d’Engie. Un passage de témoin qui a eu lieu cet après-midi au Palais des Congrès de Paris, à l’occasion de l’Assemblée Générale des actionnaires. Pour Isabelle Kocher, c’est une consécration : après avoir été conseillère pour les affaires industrielles au cabinet de Lionel Jospin, alors Premier ministre, cette diplômée de la rue d’Ulm et du Corps des Mines entre au sein du groupe Suez en 2002 et gravit les échelons jusqu’à devenir en 2014 directrice générale adjointe du groupe, à l’époque encore dénommé GDF Suez.

Âgée de 49 ans, madame Kocher va occuper dès demain le bureau de Gérard Mestrallet au 35ème étage de la tour d’Engie à La Défense tandis que son mentor s’installera un étage au-dessus. Un duo au sommet autant qu’un défi : Isabelle Kocher devra notamment réussir à s’affranchir de la tutelle d’un mentor quelque peu imposant. À la demande de l’Élysée et de Bercy, Gérard Mestrallet, jusqu’alors PDG du groupe, conserve le titre de président non exécutif. Le patron français n’en est pas à sa première prolongation : il a également été prolongé, il y a quelques jours, en tant que président du conseil d’administration de Suez.

Alors, qui dirige qui ? Isabelle Kocher, qui a fait un parcours sans faute dans l’entreprise, a déjà pu faire ses preuves dans ses nouvelles fonctions de dirigeante puisqu’elle a coordonné le projet de réorganisation du groupe, effectif depuis le 1er janvier dernier. Tout l’objet de l’Assemblée Générale du 03 mai est donc de valider la séparation des fonctions de président et de directeur général. Mais "chacun chez soi" comme le dit l'adage : la fonction de président non exécutif reste symbolique ; Gérard Mestrallet pourra ainsi être en charge de l’organisation des réunions du conseil d’administration et de l’Assemblée Générale ou assurer la représentation du groupe.

De multiples défis à relever

Entre un virage stratégique vers les énergies renouvelables et une vaste réorganisation, basée sur 24 business units et 5 directeurs adjoints chargés de leur supervision, Isabelle Kocher doit faire face à de nombreux enjeux. Dès demain, la nouvelle directrice générale devrait dévoiler un nouveau comité de direction avec des nominations de directions fonctionnelles pour les business units. Plusieurs va-et-vient ont déjà été annoncés, à l’instar du départ de l’actuelle directrice de la communication, Valérie Bernis, ou de l’arrivée d’un nouveau directeur des ressources humaines, Pierre Deheunynck, actuellement au Crédit Agricole.

Très observée, l’arrivée d’Isabelle Kocher aux commandes d’Engie est exceptionnelle à plus d’un titre : il s’agit de la première femme à accéder à une telle fonction au sein d’un groupe du CAC 40. Un challenge d’autant plus important que la nouvelle directrice générale arrive à ses fonctions dans une période assez sombre pour les énergéticiens européens et un contexte de perfomances en berne. Baisse de la demande, chute des prix de l’énergie, transition énergétique, fin progressive des énergies fossiles, prix plancher du carbone... Isabelle Kocher devra rapidement trancher entre centrales à gaz et installations renouvelables. Une fonction difficile pour des choix stratégiques dans un environnement complexe.

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