EDF quitte le CAC 40 et fait place à Klépierre à la Bourse de Paris

C'est à la suite d'une réunion du conseil scientifique des indices, structure d'Euronext, tenue en huis clos lundi dernier que la décision est tombée : le géant de l'énergie EDF sortira du CAC 40 le 21 décembre prochain.


EDF : 10 ans de bourse, un parcours tumultueux

Entré en Bourse le 21 décembre 2005, l'énergéticien le plus connu au monde en sortira finalement dix ans plus tard. Il laisse sa place à Klépierre, une société spécialisée dans l'investissement immobilier, dont la capitalisation est pourtant plus faible que celle d'EDF (13,2 milliards, contre 24,7 milliards pour EDF).

Une épreuve pour le président du groupe Jean-Bernard Levy, dont la prise de fonction date d'il y a un peu plus d'un an. Les dirigeants du groupe ont affiché une réaction laconique suite à l'annonce, rappelant qu'EDF restait "la 22ème capitalisation boursière en France" mais qu'elle ne disposait "que d'un flottant limité à 15%, ce qui explique la décision d'Euronext."

Les experts de l'indice vedette de la Bourse de Paris ont choisi de remercier EDF. Pour Euronext, le fait que l'Etat en soit toujours actionnaire à 84,5%, implique en effet que la part des titres négociables au jour le jour n'est plus que de 15%, soit 4 milliards d'euros de capitalisation. Il est vrai que depuis l'année de l'ouverture du marché de l'énergie à la concurrence en 2007, le titre d'EDF n'a cessé de chuter. C'est ainsi que l'action, qui valait 32 euros lors de son entrée en Bourse en 2005, n'en vaut plus que 13 euros aujourd'hui.

EDF reste un énergéticien de référence en Europe

Jean-Bernard Levy

Jean-Bernard Levy, président d'EDF depuis le 26 octobre 2014.

C'est ce que la direction d'EDF n'a pas hésité à rappeler : non seulement "le groupe est présent dans le quotidien de 25 millions de Français", mais il est également "un énergéticien de référence en Europe." C'est surtout un véritable géant de l'économie française dont la Bourse de Paris se défait : avec un chiffre d'affaires de 72,9 milliards d'euros en 2014 et 160 000 salariés, le groupe se porte plutôt bien mais reste endetté (37,5 milliards d'euros fin juin 2015).

Si l'énergéticien reste fort de ses 73 réacteurs nucléaires en France et au Royaume-Uni, les projets en cours tels que ses réacteurs troisième génération, lui demanderont un investissement massif ces quinze prochaines années, auquel il devra faire face.

Le directeur financier d'EDF, Thomas Piquemal, estime qu'EDF a des atouts", tels que "Cap 2030", plan stratégique lancé récemment par J-B Levy, qui doivent "lui permettre d'être mieux valorisé que ses grands concurrents européens", à l'heure où eux aussi peinent en Bourse. Rappelons que les allemants E.ON et RWE ont laissé derrière eux trois et cinq fois leur valeur entre 2010 et 2015.

Les prix de gros de l'électricité en déclin

Le marché de gros de l'électricité s'est déjà mieux porté. Dans un article récent du Monde, le directeur financier d'EDF, Thomas Piquemal, rappelait qu'EDF vendait son électricité "très en dessous de son prix de revient de 55 euros." De leur côté, les analystes financiers parlent d'une "décote politique", intervenue à la suite des épisodes mémorables sur les hausses des prix de l'électricité annoncées en 2013, puis annulées un an plus tard par la ministre de l'énergie Ségolène Royal.

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