Incendies en Australie : bilan et coût pour les assureurs ?

Incendies en Australie : quel coût pour les assureurs ?

Les feux qui ravagent l’Australie depuis le mois de septembre 2019 se poursuivent. Les conséquences sont déjà impressionnantes et d’une ampleur sans précédent. Alors, quel rôle jouent les assureurs dans la prise en charge de cette catastrophe écologique ? Quatre mois après, à combien s’élèvent les premières estimations ? Selectra fait le point.


  • En bref : Incendie en Australie : le rôle des assureurs
  • La première estimation du Conseil des assureurs australiens en date du 7 janvier 2020 évalue le coût total des indemnisations des assureurs à 700 millions de dollars australiens, soit 434 millions d’euros ;
  • Le coût devrait augmenter dans le futur, puisque les incendies en Australie sont encore en cours ;
  • Le ministre des Finances australien a demandé une aide et une collaboration conséquentes à l’industrie de l’assurance australienne pour épauler le gouvernement ;
  • Le coût assurantiel lié aux catastrophes naturelles et d’origine humaine aurait baissé de 40 % en 2019.

Incendies en Australie : premières estimations pour les assureurs

Les incendies en Australie représentent une catastrophe écologique sans précédent. D’un point de vue assurantiel, de tels événements peuvent avoir diverses conséquences. Pour cette situation précise, le coût total pour les assureurs – c’est-à-dire le total des indemnisations qu’ils doivent reverser aux sinistrés – devrait cependant être limité, rapporte l’Agence France Presse (AFP).

Début janvier 2020, le Conseil des assureurs australiens a rendu public une première estimation du coût, qui devrait se situer autour des 700 millions de dollars australiens, soit 434 millions d’euros. À ce jour, depuis le moins de septembre 2019, pratiquement 9 000 demandes d’indemnisations ont été reçues par les assureurs de la Nouvelle-Galles-du-Sud, de Victoria, du Queensland et de l’Australie du Sud. À n’en pas douter, ce chiffre devrait grossir dans les prochaines semaines, ont expliqué les assureurs australiens.

Les conséquences du réchauffement climatique sont dévastatrices. Les incendies se déroulant en Australie depuis plusieurs mois en sont une énième preuve.

Josh Frydenberg, le ministre des Finances australien, a aussi déclaré que 20 % des demandes d’indemnisation avaient été étudiées, et que la moitié d’entre elles avaient été traitées. L’homme politique a par ailleurs sollicité les assureurs afin qu’ils fournissent au département du Trésor australien des informations très précises quant aux demandes d’indemnisations concernant les pertes matérielles du bush australien. Une proposition accueillie avec scepticisme par l’industrie assurantielle : « Le Conseil des assurances consulte ses membres sur la faisabilité de cette proposition, a expliqué Josh Frydenberg. L’industrie [assurantielle] se concentre sur la prestation de services et la réponse à ses clients, et les demandes de données représentent un fardeau supplémentaire pour les assureurs, mais ils comprennent également la nécessité de fournir des données au gouvernement. »

Secteurs privé et public sont donc en première ligne pour limiter les dégâts provoqués par cette catastrophe, bien qu’à ce jour il reste compliqué de prendre un véritable recul sur la gestion de la situation par les différents acteurs concernés.

En 2019, selon Swiss Re, le coût assurantiel lié aux catastrophes naturelles et d’origine humaine a subi une baisse de 40 % : soit 56 milliards de dollars en 2019, contre 93 milliards en 2018 – environ 50 milliards d’euros contre 83 milliards.

Catastrophes naturelles : la facture des assureurs semble limitée

Car il est important de rappeler que la catastrophe est encore en cours. Malgré un léger répit permis par d’intenses précipitations le 16 janvier 2020, les feux ravagent le pays de manière continue depuis des mois. La première estimation sera donc incontestablement revue à la hausse dans le futur. Cependant, précise l’AFP, le coût total pour les assureurs devrait être bien moins élevé que celui des incendies qui s’étaient déroulés en Californie en 2018. Le chiffre était alors de plus de 10 milliards de dollars.

Les assureurs ont un rôle à jouer dans la prise en charge des catastrophes naturelles.

Alors, comment expliquer cela ? Tout simplement car la valeur des maisons en Australie n’est généralement pas très élevée – bien moins qu’aux États-Unis notamment –, mais aussi car la prise en charge du bush australien ainsi que sa faune et sa flore ne relève pas des assureurs. Il existe une concentration de risques assurés dans certaines régions du monde, souligne l’AFP, à l’instar de villes aux États-Unis, de zones industrielles ou à forte densité d’infrastructures. Ainsi, l’on constate une baisse dans le coût lié à ce type d’événements, car les zones touchées sont souvent moins couvertes par des assurances, mais aussi moins denses au niveau des infrastructures qui les occupent.

Alors que les conséquences du réchauffement climatique ne cessent de se manifester et de croître, la question de la couverture assurantielle devient cependant centrale. Le risque d’incendie en Australie devrait augmenter dans le futur, et selon l’Australian Business Roundtable, l’on pourrait atteindre un niveau d’indemnisations à 39 milliards de dollars australiens par an d’ici l’année 2050 contre 18 milliards annuels ces dix dernières années (soit une hausse de 11 milliards à 24 milliards en équivalent euro).

Les ravages des incendies en AustralieEn tout, selon le New South Wales Rural Fire Service (service de pompiers de l’État de Nouvelle-Galles-du-Sud), ce serait près de 1 600 maisons détruites depuis les débuts des incendies, dont 672 rien qu’en janvier 2020. A ce jour ont été recensés 28 décès en raison de ces feux, plus d’un milliard d’animaux estimés disparus, et quelques millions d'hectares de forêts détruites.

Mis à jour le