Barack Obama mise sur l’énergie solaire pour contrer les changements climatiques

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Lundi 24 août, Barack Obama s’est rendu dans le Nevada où il s’est exprimé sur son plan ambitieux destiné à favoriser la production d’énergie solaire aux Etats-Unis.


Un pas vers la fin des centrales à charbon

Sa démarche s’inscrit dans une logique pro-active « d’amélioration » des effets du changement climatique. En effet, certains États américains sont baignés par le soleil tout au long de l’année (Californie, Nevada, Floride, Texas, etc.), autant en profiter ! Le prix du solaire a d'ailleurs chuté de 78% entre 2009 et 2014, ce qui permet d’affirmer qu’aujourd’hui il est économiquement viable de se concentrer sur la production d’électricité solaire. Un objectif de production de 300MWh d’électricité solaire a été fixé à l’horizon 2020. C'est ainsi l'occasion de se détourner progressivement des centrales à charbon dont le parc est vieillissant. 

De plus, le président Obama requiert dans son « Clean Power Plan » que les États s'engagent sur la voie d'une réduction de leurs émissions de carbone à hauteur de 32%.

Donner confiance aux Américains sur le potentiel de l'énergie solaire

Le plan d’Obama s’accompagne de mesures incitatives. Par exemple, un milliard de dollars sera débloqué pour servir de garantie de dépôt pour les projets de recherche dans le domaine de l'énergie solaire ainsi que pour les propriétaires qui utiliseront de l'énergie renouvelable. A ce propos, le plan prévoit que les propriétaires qui adopteront des énergies renouvelables pourront le faire sans en subir les coûts tout de suite car ils pourront rembourser les investissements réalisés pour l'installation avec leurs taxes de propriété. De plus amples informations seront émises par le Département d'Energie au sujet des aides apportées aux développeurs d'énergies renouvelables, mais on parle d'un milliard de dollars en plus des dix milliards déjà existants de garantie de dépôt servant à financer les projets de distribution et production d'énergie renouvelable. 

Obama s'engage... mais marche sur un fil!

Il est intéressant de remarquer les précautions prises par le président américain dans son interlocution : il n’a pas insisté sur la dimension dramatique du changement climatique (à l’approche de la COP21, cela peut surprendre) pour ne pas effrayer les climato-sceptiques. En revanche, il a souligné l’opportunité que ce plan représente pour l’inventivité (industrielle ?) américaine.

D'autre part, à peine annoncé, son plan fait déjà l'objet de vives attaques. De la part des pétroliers évidemment (ce qu'Obama a évoqué non sans humour dans son discours, expliquant que les industriels pétroliers étaient toujours en faveur de la liberté de marché excepté en matière d'énergie propre), mais aussi par l'opposition qui parle d'un risque élevé d'augmentation du prix de l'électricité et d'une baisse de la croissance à terme. 

Ce qui n'a pas l'air de faire peur à certains ! Il semblerait en effet que le plan Obama pour les énergies renouvelables séduisent les intérêts, par exemple, de Google qui sortira bientôt son logiciel Sun Roof permettant d’évaluer la rentabilité d’une installation solaire pour tout un chacun.

Enfin, sur le plan législatif, aucune chance que le plan soit évincé, car le président n'a pas besoin de le faire passer par le Sénat et la Chambre des Représentants. Pourtant, s'agissant de l'application du plan par les 50 États, l'experte Janet McCabe soulignait qu'ils pourraient préférer mettre en place "le leur" plutôt que de se le voir imposer par l'Etat fédéral...

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