Les incertitudes de la Cour des comptes sur le prolongement des centrales nucléaires et la transition énergétique

conseil d'état

Le programme de « grand carénage » d'EDF, qui correspond aux investissements et autres coûts liés au prolongement de la durée d'exploitation des centrales nucléaires françaises, suscite l'inquiétude des « Sages ». Ils s'interrogent également sur l'impact économique de la loi de transition énergétique, adoptée par le Parlement en 2015.


Des doutes sur le recrutement et la formation nécessaires au « grand carénage » d'EDF

Ce programme a été lancé en 2011 après la catastrophe de Fukushima pour remplir deux objectifs : répondre aux nouvelles normes de sûreté nucléaire et prolonger la durée de vie des 58 réacteurs nucléaires français de vingt ans. La Cour des comptes estime d'ailleurs que ce plan coûtera environ 100 milliards d'euros d'ici à 2030.

Les Sages estiment que la mise en oeuvre du plan engendrera la création de 110 000 postes directs et indirects d'ici à 2020, ce qui est une bonne nouvelle pour l'emploi. Or le souci est que les processus de recrutement et la promotion de la formation n'ont pas encore débuté. Cela pourrait s'avérer très problématique pour le bon déroulement du programme d'EDF.

Le besoin d'évaluer l'impact économique de la transition énergétique pour EDF

L'un des objectifs de la loi de transition énergétique est de réduire la part du nucléaire à 50% dans le mix énergétique de la production électrique en France, d'ici à 2025. Cela devrait engendrer la fermeture de 17 à 20 réacteurs sur la période, avec en parallèle la création de parcs de production d'énergies renouvelables.

La Cour des comptes insiste ainsi sur la nécessité d’établir une évaluation de l'impact économique de ces changements dans le cadre de la Programmation pluriannuelle de l’énergie de 2016, afin de fixer précisément les trajectoires des différentes énergies du mix français en matière d'investissement, d'exploitation et de coûts globaux.

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