Google, Facebook : les géants du Web à l'assaut des câbles sous-marins

Google continue son immersion dans le cloud computing en déployant son réseau sous l’océan. La firme américaine a récemment annoncé l’installation de trois nouveaux câbles sous-marins en 2018 et 2019. Ces infrastructures qui représentent environ 99% des communications intercontinentales constituent un véritable enjeu pour les géants du Web et les opérateurs télécoms…

Google investit dans les câbles sous-marins

ocean et couché de soleil

Alphabet, la maison mère de Google, l’a annoncé récemment : le géant américain va installer trois nouveaux câbles sous-marins en 2018 et 2019. L’objectif ? Relier ses centres informatiques entre eux et surtout permettre le développement mondial de ses services cloud.

Pour rappel, en 2008, la firme californienne a lancé pour les entreprises et les professionnels de l'informatique la Google Cloud Platform : une suite de services cloud de stockage, networking (ensemble d'équipements informatiques connectés entre eux pour échanger des données), Big Data (un ensemble de très gros volumes de données pouvant être traitées et exploitées afin d'en tirer des informations), développement d’applications ou encore de machine learning (type d'intelligence artificielle permettant aux ordinateurs d'acquérir de nouvelles connaissances sans être explicitement programmés). Depuis, Google n’a cessé de développer sa plateforme de cloud computing qui est pour le moment disponible dans les douze régions suivantes : l’Oregon, l’Iowa, la Caroline du Sud, la Virginie du Nord, Montréal, Londres, Francfort, la Belgique, Mumbai, Singapour, Taiwan, Tokyo et Sydney.

En vue de son développement prochain dans les régions de Los Angeles, Hong-Kong, Osaka, la Finlande et les Pays-Bas, Google a dû investir dans des nouveaux câbles sous-marins. Ces derniers sont indispensables au bon fonctionnement des communications transcontinentales téléphoniques, internet et en partie télévisuelles. Ils assurent notamment une bonne connexion internet aux utilisateurs mondiaux.

Les premiers câbles sous-marins ont été posés dès la fin du XIXème siècle pour les besoins du télégraphe. Il en existe aujourd’hui près de 428*, utilisant la fibre optique, qui sillonnent le fond des océans. S’ils ont pendant longtemps été l’apanage des opérateurs télécoms, ces dernières années, de plus en plus de géants du Web investissent dans ces tuyaux sous-marins. Pour en savoir plus, il est possible de consulter en ligne la carte mondiale des câbles sous-marins qui est régulièrement mise à jour par TeleGeography.

*D'après le centre de recherche de Telegeography

Zoom sur la fabrication et la pose des câbles sous-marins Les câbles sous-marins sont installés et entretenus par des grands bateaux, appelés les câbliers. S’ils présentent l’avantage de relier les différents continents en empruntant les chemins les plus courts, ils sont régulièrement endommagés par des morsures de requins, des coups de chaluts des bateaux de pêche ou encore des érosions naturelles. C'est pourquoi, les câbles sont enterrés afin d'être protégés. Le coût total pour la fabrication et la pose d'un câble pour relier deux continents s'élève à plus de 700 millions d'euros. En France, Orange participe activement à l'installation et l'entretien de ces câbles à l'aide de sa flotte câblière, appelée Orange Marine. En 2016, l'opérateur a notamment investi dans un câble de 20 000km nommé SEA-ME-WE 5 (de l'anglais South East Asia-Middle East-Western Europe 5) qui relie le Sud de la France à Singapour, en passant par la Turquie, le Qatar, le Bangladesh ou encore la Birmanie.

La conquête des câbles sous-marins par les géants du Web

Ordinateur Apple et Google

Pour étendre son réseau, Google va installer au total trois câbles sous-marins :

  • “Curie” (baptisé ainsi en l’honneur de Marie Curie) qui reliera le Chili à la Californie par l’océan Pacifique. Il sera le premier câble sous-marin intercontinental appartenant entièrement à une compagnie non-télécom, puisque Google en est l’unique investisseur ;
  • “Havfrue” (du danois “sirène”) qui reliera le Danemark aux Etats-Unis. Pour financer ce câble, Google s’est associé à Facebook ;
  • “HG-K” qui sera installé entre Hong-Kong et Guam. Ce câble est financé en coopération avec RTI-C et NEC.

Leur mise en service est prévue en 2019. Au total, Google aura investi dans l’installation de sept câbles sous-marins en 2018 et 2019. La firme avait déjà annoncé, il y a quelques temps, d’autres projets similaires. Si les câbles sous-marins sont autant convoités par les géants du Web, c’est parce qu’ils représentent un enjeu capital pour l’expansion et la qualité de leurs services.

Ces dernières années, le trafic sur les réseaux mondiaux a explosé nécessitant la construction de nouvelles infrastructures pour permettre l’échange des données. D’après TeleGeography, plus de la moitié du trafic sur les liaisons transatlantiques et transpacifiques proviennent des GAFAM (l’acronyme pour désigner les cinq géants du web : Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft), ce qui explique leur volonté d’investir dans les fonds marins.

Google a ainsi compris dès 2008 que l’expansion de ses services cloud passerait par la conquête des mers. Facebook et Microsoft ont rapidement emboîté le pas à la firme californienne en finançant, à leur tour, des câbles sous-marins. Les deux compagnies se sont d’ailleurs associées à l'entreprise de télécoms Telxius pour installer, entre l’Espagne et les Etats-Unis, Marea qui est, à ce jour, le câble le plus puissant du monde.

Au total, ce sont 99% du trafic intercontinental des données et près de 8 000 milliards d’euros de transaction qui circulent quotidiennement sous les océans. D'après Cisco, le trafic mondial des données devrait être multiplié par sept d'ici 2021. La prise d’assaut des fonds marins par les géants du Web n’est donc pas prête de s’arrêter...

 

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