Gaz de ville ou gaz naturel, en deux phrases

Dans le langage courant aujourd'hui, dire « gaz de ville » ou « gaz naturel » revient au même : les deux désignent le gaz acheminé par le réseau urbain GRDF, à partir du méthane extrait du sous-sol. Mais historiquement, le gaz de ville était un produit complètement différent — un gaz manufacturé à partir de charbon, qui n'existe plus en France depuis le début des années 1970.

À retenir

Le « gaz de ville » d'aujourd'hui est en fait du gaz naturel distribué par le réseau urbain GRDF. Le véritable gaz de ville, fabriqué par distillation de la houille dans des usines municipales, a totalement disparu du réseau français entre 1957 et 1971. Si vous êtes raccordé au gaz par une canalisation, vous consommez du gaz naturel — pas du gaz de ville au sens historique.

Deux définitions du « gaz de ville » : historique et courante

Le terme « gaz de ville » recouvre deux réalités très différentes selon l'époque. Comprendre lequel des deux sens est en jeu évite la confusion, surtout quand on lit de la documentation ancienne ou qu'on hérite d'une vieille installation.

Sens historique · 1820–1970

Gaz manufacturé à partir de charbon

Le gaz de ville d'origine était produit par distillation de la houille dans des usines à gaz municipales. Sa composition : hydrogène, méthane et monoxyde de carbone (jusqu'à 15 %, inodore et toxique). Il servait d'abord à l'éclairage public (« becs de gaz »), puis au chauffage et à la cuisson domestiques.

Sens actuel · depuis ~1971

Synonyme courant de gaz naturel

Dans le langage courant, « gaz de ville » désigne aujourd'hui par habitude le gaz naturel distribué par le réseau urbain. Composition : ~95 % de méthane, extrait du sous-sol et non manufacturé. Acheminé par GRDF jusqu'au compteur du logement, sans aucun monoxyde de carbone.

Quand vous lisez « gaz de ville » sur un appareil récent (chaudière, gazinière) ou dans un bail, il s'agit bien de gaz naturel du réseau. Le terme historique survit par convention, mais le contenu du tuyau a changé depuis plus de cinquante ans.

Du bec-de-gaz parisien à la fin du gaz manufacturé

L'aventure du gaz dans les villes françaises couvre un siècle et demi : éclairage public au XIXe siècle, expansion industrielle, nationalisation d'après-guerre, puis conversion massive au gaz naturel dans les années 1960–1970. Voici les jalons à retenir.

Chronologie du gaz de ville et du gaz naturel en France
Période Étape Ce qui change
1820 Premier éclairage public au gaz à Paris Réverbères « becs de gaz » alimentés par les premières usines à gaz municipales
1850–1900 Expansion dans toutes les grandes villes Le gaz manufacturé sert à l'éclairage, puis à la cuisson et au chauffage domestique
1900–1940 L'électricité remplace le gaz pour l'éclairage Le gaz se recentre sur la cuisson et le chauffage de l'eau
1946 Nationalisation et création de Gaz de France Fusion des distributeurs locaux en un service public unique
1951 Découverte du gisement de Lacq La France dispose d'une source nationale de gaz naturel
1957–1971 Conversion progressive du réseau au gaz naturel Disparition du gaz manufacturé ; les appareils sont adaptés ville par ville
Depuis 1971 Réseau 100 % gaz naturel Le terme « gaz de ville » reste, mais désigne désormais le gaz naturel

La conversion des appareils dans les années 1960 a été une opération industrielle colossale : gazinières, chaudières et chauffe-eau ont dû être adaptés un par un, dans des dizaines de millions de logements. C'est de cette époque que vient la mention « gaz de ville » sur les vieux brûleurs — une expression que la conversion technique n'a pas réussi à effacer du langage courant.

Le gaz naturel, de quoi est-il fait ?

Le gaz naturel qui circule dans le réseau GRDF est un mélange d'hydrocarbures gazeux extraits du sous-sol, principalement composé de méthane. Sa composition exacte varie légèrement selon le gisement d'origine, mais les ordres de grandeur restent stables.

Composition moyenne du gaz naturel distribué en France
Composant Part moyenne Rôle
Méthane (CH₄) ~95 % Combustible principal, à l'origine de la chaleur produite
Éthane (C₂H₆) ~3 % Apporte un peu plus de pouvoir calorifique
Propane et butane < 1 % Traces issues du gisement
Azote et CO₂ ~1 % Gaz inertes présents naturellement
Odorisant (THT) Quelques mg/m³ Ajouté pour rendre la fuite détectable à l'odorat (le gaz est inodore à l'état pur)

Le gaz naturel arrive en France par gazoducs (Norvège, Russie historiquement, Algérie) ou par méthaniers sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL). Une partie marginale mais croissante du réseau est alimentée par du biométhane produit en France à partir de déchets agricoles ou ménagers. Pour le détail des origines et de l'acheminement, voir notre page sur la production du gaz naturel.

Gaz naturel, propane, butane : ne pas confondre

Trois gaz combustibles cohabitent dans les logements français : le gaz naturel du réseau, le propane (citerne ou bouteille) et le butane (bouteille). Ils servent à des usages proches mais ne sont ni distribués ni tarifés de la même manière.

Comparatif des trois gaz combustibles résidentiels en France
Critère Gaz naturel Propane Butane
Composition ~95 % méthane (CH₄) Propane (C₃H₈), GPL Butane (C₄H₁₀), GPL
Origine Extrait du sous-sol Raffinage du pétrole Raffinage du pétrole
Distribution Réseau urbain GRDF Citerne (extérieur) ou bouteille Bouteille uniquement
Usage type Chauffage, eau chaude, cuisson Chauffage en zone non raccordée Cuisson, appoint, mobil-home
Stockage Aucun (livraison continue) Citerne aérienne ou enterrée Bouteille à l'intérieur ou en local
Coût relatif au kWh Le plus bas du marché résidentiel 2 à 3× plus cher que le réseau Le plus cher au kWh

Le biogaz (ou biométhane) est une quatrième catégorie : chimiquement identique au gaz naturel mais d'origine renouvelable, produit par méthanisation de matières organiques. Il est injecté dans le même réseau que le gaz naturel fossile et arrive au compteur sans distinction technique. Détails sur la page dédiée aux énergies renouvelables.

Comment savoir quel gaz alimente votre logement

Un simple coup d'œil suffit à identifier le gaz que vous consommez. Quatre signaux convergent et désignent presque toujours la même réponse.

  • Arrivée par canalisation depuis la rue, avec un compteur GRDF (compteur Gazpar communicant ou compteur jaune classique) dans le logement ou le local technique = gaz naturel du réseau, c'est le « gaz de ville » courant ;
  • Citerne dans le jardin (aérienne ou enterrée), remplie périodiquement par camion = propane ;
  • Bouteille rouge, bleue, verte ou grise stockée dans la cuisine, le cellier ou un local extérieur = butane (en intérieur, plus rarement propane en bouteille en extérieur) ;
  • Aucune arrivée de gaz, pas de citerne, pas de bouteille = logement tout électrique (ou chauffé au fioul / bois si vous avez une cuve ou un poêle).

En cas de doute, votre facture est la source la plus fiable : si vous recevez une facture d'un fournisseur de gaz (Engie, TotalEnergies, Ekwateur, Eni, Sowee, etc.) avec une mention « distribution GRDF » et un numéro de PCE (Point de Comptage et d'Estimation), vous êtes raccordé au gaz naturel. Pour vérifier si votre commune est desservie, consultez l'outil officiel de GRDF (search.grdf.fr).

Bon réflexe

Si vous emménagez et que le logement est raccordé au gaz naturel, vous pouvez choisir librement votre fournisseur — il n'y a plus de monopole depuis l'ouverture du marché en 2007. Le réseau (canalisations, compteur, dépannage) reste opéré par GRDF, identique chez tous les fournisseurs ; seul le prix du kWh et de l'abonnement varie.

Comparer les offres de gaz naturel

Le gaz que vous recevez par le réseau est le même quel que soit le fournisseur — seul le prix change. Comparer prend cinq minutes et permet souvent d'économiser plusieurs dizaines d'euros par an. Tous les contrats résidentiels sont sans engagement ; le nouveau fournisseur résilie l'ancien à votre place, sans coupure ni intervention sur le compteur. Parmi les fournisseurs du marché, OHM Énergie propose par exemple une offre dédiée au gaz naturel.

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Questions fréquentes sur le gaz de ville

Le gaz de ville existe-t-il encore aujourd'hui en France ?

Non, plus dans son sens historique. Le véritable gaz de ville — un gaz manufacturé par distillation de la houille dans des usines à gaz municipales — a disparu du réseau français entre 1957 et 1971, remplacé par le gaz naturel importé. Le terme reste dans le langage courant pour désigner par habitude le gaz acheminé par le réseau urbain, c'est-à-dire le gaz naturel distribué par GRDF dans plus de 9 500 communes.

Gaz de ville et gaz naturel, c'est la même chose ?

Dans le langage courant aujourd'hui, oui : dire « j'ai le gaz de ville » revient à dire « je suis raccordé au gaz naturel du réseau ». Historiquement, non : le gaz de ville était composé d'hydrogène, de méthane et de monoxyde de carbone (toxique), produit à partir de charbon. Le gaz naturel actuel est composé à environ 95 % de méthane extrait du sous-sol, sans monoxyde de carbone.

Comment savoir si je suis alimenté en gaz de ville ou en gaz bouteille ?

Regardez l'arrivée de gaz dans votre logement : si le gaz arrive par une canalisation depuis la rue avec un compteur GRDF (compteur Gazpar ou compteur traditionnel jaune), vous êtes raccordé au gaz naturel du réseau urbain — ce que la plupart des gens appellent encore « gaz de ville ». Si vous remplissez une citerne dans le jardin ou si vous utilisez une bouteille en cuisine, il s'agit de propane ou de butane, pas de gaz naturel.

Quelle est la différence entre gaz de ville et propane ?

Trois différences majeures. Composition : le gaz naturel (ex-« gaz de ville ») est composé à 95 % de méthane, le propane est un gaz pétrolier liquéfié (GPL). Approvisionnement : le premier arrive par canalisation, le second en citerne ou bouteille à livrer. Prix : le gaz naturel reste l'option la plus économique du marché résidentiel pour le chauffage ; le propane en citerne coûte environ deux à trois fois plus cher au kWh.

Pourquoi a-t-on arrêté de produire du gaz de ville ?

Pour trois raisons. La toxicité : le gaz de ville contenait jusqu'à 15 % de monoxyde de carbone, un gaz inodore mortel responsable de nombreuses intoxications domestiques. Le pouvoir calorifique : deux fois plus faible que celui du gaz naturel, il fallait en brûler davantage pour la même chaleur. La disponibilité : la découverte du gisement de Lacq en 1951 puis les importations massives ont rendu le gaz naturel à la fois plus sûr, plus efficace et moins cher à distribuer.

Toutes les communes françaises sont-elles raccordées au gaz naturel ?

Non. D'après les données publiées par GRDF, le réseau de gaz naturel dessert plus de 9 500 communes en France, soit environ 77 % de la population, mais une grande partie des zones rurales reste sans raccordement possible. Dans ces zones, les solutions courantes sont le propane en citerne, le fioul, le bois ou l'électricité. Pour vérifier votre éligibilité, consultez l'outil officiel de GRDF avec votre adresse exacte.