Le gouvernement met en place des mesures d’urgence pour développer les énergies renouvelables

projets EnR

Ce 28 juillet, Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique, a annoncé plusieurs mesures d'urgence en vue de favoriser le déploiement d’énergies renouvelables. Elles devaient faire partie du projet de loi d'exception sur les énergies renouvelables, qui sera présenté en septembre prochain.


Les énergies renouvelables, seule issue de secours à la crise énergétique

Alors que l’Union Européenne se mobilise pour réduire considérablement sa consommation de gaz, d’électricité et de pétrole, la France planche déjà sur des alternatives énergétiques. La transition vers des énergies renouvelables est devenue urgente.

Le projet de loi “d'accélération de la transition énergétique" qui doit être présenté en conseil des ministres en septembre est une étape-clé. Il a pour objectif de simplifier les procédures et d'accélérer les délais pour des projets de panneaux photovoltaïques ou de parcs éoliens, terrestres et en mer. Il existe actuellement de nombreux verrous juridiques qui freinent l’augmentation de la production des énergies renouvelables en France.

Après avoir signé l’accord européen, visant à réduire de 15% la consommation de gaz entre août 2022 et mars 2023, la France est pressée d’envisager son futur énergétique. La ministre de la Transition énergétique a donc pris les devants en annonçant le déploiement de premières mesures indispensables au renforcement des énergies renouvelables en France. Le gouvernement ne souhaite pas attendre la pénurie totale de gaz pour réagir.

Accélérer les délais des projets et augmenter l’énergie produite

Parmi les mesures anticipées et annoncées par le gouvernement, on compte :

  • L’autorisation de projets de production d’énergie renouvelable électrique sous le régime des compléments de rémunération à vendre leur électricité sur les marchés durant 18 mois avant la prise d’effet de leurs contrats ;
  • La prise en compte de la hausse des coûts des matériaux pour tous les futurs projets de production d’énergie renouvelable électrique comme de production de biométhane ;
  • Le gel de la baisse des tarifs pour les projets photovoltaïques sur bâtiment pour l’année 2022 ;
  • La possibilité pour les projets renouvelables déjà lauréats d’appels d’offres d’augmenter leur puissance jusqu’à +40% avant leur achèvement ;
  • L’allongement des délais de mise en service pour les installations de production de biométhane ayant obtenu leur autorisation environnementale.
“Ces mesures d’urgence ont vocation à produire des effets dans les prochains mois. Elles sont complémentaires de la loi d’urgence actuellement en préparation pour passer un cap dans le déploiement des énergies renouvelables”

Précise Agnès Pannier-Runacher.

En parallèle, le ministère de la Transition Écologique lance un nouvel appel d’offres photovoltaïque en Outre-Mer, en Corse, et dans les îles du Ponant.

En outre, un projet de parcs éoliens au large de l’Île d’Oléron a été acté et annoncé le 28 juillet dernier. Ce parc d'une capacité d'environ 1.000 mégawatts, pourra être complété par un second projet de la même capacité. A l’échelle européenne, la France est seulement le 4eme producteur d’électricité à partir de l’éolien.

La hausse des coûts d’équipement menace la production d’énergies renouvelables

Quel contexte a pu mener le gouvernement à accélérer sa politique avant même que le projet de loi sur les énergies renouvelables ne soit présenté ? La menace que représente l’augmentation du coût des matériaux de construction des équipements des parcs éoliens et photovoltaïques a donné cette impulsion.

Cette hausse des coûts entraîne un retard considérable dans le développement de projets de production d’énergie renouvelable, a prévenu le ministère de la Transition Écologique. “On estime que 6 à 7 GW de projets solaires et 5 à 6 GW de projets éoliens sont actuellement menacés”, précise Agnès Pannier-Runacher.

Les coûts de développement de la production d’énergie renouvelable sont habituellement couverts par le prix d’achat de l’électricité ou du biométhane garanti par l’État. Or ce n’est plus le cas. Il serait donc plus économique de développer ces projets négociés et contractualisés il y a quelques mois, avant la hausse des matériaux de construction.

Le sauvetage énergétique que représentent les énergies renouvelables

En 2022, les énergies renouvelables ont assuré 20% des besoins d’électricité de la France. Elles sont donc une ressource inestimable qui permet de prévoir une issue de secours énergétique. La France souhaite que 40 % de la totalité des différentes sources de consommation énergétique soit assurée par les énergies renouvelables d’ici 2030.

L'Hexagone importe aujourd’hui 98,5 % de son pétrole et 98 % de son gaz naturel. En accélérant sa transition énergétique, elle s’offrirait une indépendance à l’égard de ces importations et réduirait le risque de pénurie de ces énergies. Une solution intéressante en cas de persistance du conflit russo-ukrainien.

Le développement d’énergies renouvelables représente également la possibilité d'équilibrer le budget de l’Etat. Le gouvernement estime que le déficit de la balance commerciale lié aux importations d’énergie pourrait être réduit de 60 % à l’horizon 2035.

Mis à jour le