L’île d’Ouessant mise sur le courant marin pour s’éclairer

La petite île du Finistère ne manque pas d’originalité : déjà connue pour ses traditions maritimes ancestrales, elle vient de lancer la production d’électricité à partir d’énergies marines. Le secret ? Une hydrolienne, cousine sous-marine des éoliennes, immergée depuis juin 2015 en mer d’Iroise... Commercialisée par l’entreprise Sabella, l’énergie hydrolienne devrait assurer 50% à 70% de la consommation électrique sur le territoire ouessantin.


Une production d’électricité sous-marine

Depuis l’été dernier, les habitants d’Ouessant ne regardent plus la mer de la même manière. Dans le passage du Fromveur, un nouveau courant pouvant atteindre 9 nœuds – soit plus de 4,5 mètres par seconde, balaie désormais les flots. Car à 55 mètres de fond est nichée l’hydrolienne D-10 qui transforme l’énergie des puissants courants en électricité. Le principe est simple : la turbine hydraulique utilise l’énergie cinétique des courants marins... comme une éolienne utilise l’énergie cinétique du vent.

Une révolution pour l’île qui n’a jamais été raccordée au continent par un câble électrique - jusqu’alors, l’énergie était produite par une centrale au fioul. "C’est important, c’est la première étape avant de "décarboner" l’énergie à Ouessant", observe son maire, Denis Palluel. De la taille d’un immeuble de cinq étages et pesant 400 tonnes, l’hydrolienne devrait permettre de couvrir 15% des besoins en électricité du territoire insulaire. À terme, c’est une véritable ferme sous-marine qui va voir le jour : deux ou trois autres machines plus puissantes seront installées d’ici 2019 en vue d’assurer 50 à 70% de la consommation en électricité des Ouessantins.

Une fabrication 100% française

Prototype d'hydrolienne

Le prototype d'hydrolienne D-03 à Bénodet

Derrière cette innovation se cache une entreprise française et 100% bretonne : la Sabella – qui tire son nom du latin ver marin. Après un premier projet soutenu par l’ADEME à Bénodet dans le Finistère, les concepteurs bretons se lancent dès 2012 dans la construction de l’hydrolienne D-10. Une première en France et dans le monde pour un territoire insulaire !

La PME bretonne fait même des émules : les Chinois, les Indonésiens et les… Inuits s’intéressent à ses turbines hydrauliques. "Ouessant est devenue une vitrine, des délégations sont venues voir ce que l'on faisait, comme des gens du Grand Nord canadien, mais au-delà de la vitrine, ce qui nous intéresse c'est le projet local, même si on est heureux de servir de vitrine pour Sabella", se félicite le maire de l’île. Sabella parie sur la vente de 25 à 30 machines dans le monde pour les cinq prochaines années. Une nouvelle success story à la française !

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