La création d'une nouvelle Union européenne de l'énergie est-elle une utopie ?

Alors que l'Union européenne dresse des plans d'urgence pour assurer sa sécurité énergétique, que devient l'idée d'une nouvelle Union européenne de l'énergie amorcée en juillet 2014 par la Commission européenne ?


Une Europe de l'énergie "Joker" pour Juncker ?

Il y a presque un an, Jean-Claude Juncker, président-élu de la Commission européenne annonçait fièrement une nouvelle Union européenne de l'énergie . Depuis, on ne parle que divisions entre Etats membres et incertitudes. Cette tentative ne date pourtant pas d'hier.

En 2000, la politique climatique commune voyait le jour et des crises rencontrées en Russie et en Ukraine naissaient de vifs débats sur la sécurité d'approvisionnement.

Le triptyque environnement, marché intégré et sécurité d'approvisionnement était au cœur des débats sur l'énergie mais très vite, les trois objectifs riment avec antagonisme politique.

Jean-Claude Juncker ne semble cependant pas prendre le taureau par les cornes dans un moment où la politique énergétique européenne s'enfouit de plus en plus dans l'impasse. Pourtant, il semble qu'une étude des insuccès passés suffirait dans un premier temps à poser les pierres d'une nouvelle Union de l'énergie.

Echecs et pistes !

Le triptyque fondateur de la nouvelle politique énergétique des années 2000 était fondé sur de mauvais postulats.

En effet, on a longtemps pensé que les énergies renouvelables deviendraient compétitives grâce aux nouvelles technologies, cette première théorie s'est révélée utopique. La seconde, fondée sur l'augmentation du prix des énergies fossiles a été battue en brèche notamment par la chute des prix du pétrole. Enfin, la capacité des marchés électriques, censés assurer la sécurité de l'approvisionnement, n'a pas produit les résultats escomptés, preuve en est faite aujourd'hui par l’organisation du mécanisme de capacité.

De ce constat d'échec pourra naître une nouvelle Union européenne de l'énergie si les autorités en place cherchent à mettre en avant de nouveaux objectifs et redéfinir un plan d'attaque cohérent, fondé sur une coordination des actions entre les 28 Etats membres de l'Union, en déployant par exemple de façon logique les énergies renouvelables au sein de l'Union afin de perpétuer les filières.

On peut également envisager de prendre de nouvelles mesures afin d'encadrer et réglementer le marché européen de l'énergie pour permettre une sécurité d’approvisionnement à un coût moins élevé et d’harmoniser les mécanismes de capacité pour appuyer la demande de stockage. L'évaluation des coûts liés aux réseaux pourrait également être réformée afin de permettre un déploiement plus serein des réseaux intelligents. Enfin, optimiser la politique des plans d'investissement pourrait booster le marché et l'action publique.

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