Hiver 2013-2014 : la consommation d'électricité et de gaz est en baisse

27/03/2014 - Il a fait relativement chaud pendant l'hiver 2013/2014. Conséquence : les Français ont consommé moins d'électricité et de gaz que pendant l'hiver précédent. Une bonne nouvelle pour la facture moyenne en énergie des Français, qui est également en baisse.


Une météo clémente pour l'hiver 2013/2014

Les premiers mois de l'année ont été doux. La température s'est établie nettement au-dessus des moyennes saisonnières aux mois de janvier et février. Cette douceur a permis aux consommateurs d'économiser sur leurs factures de chauffage. Pour le mois de février dernier, la température moyenne était de 5,8°C, contre 2,4°C en 2013. Ce différentiel de quelques degrés parait peu significatif, mais il a pour conséquence de substantielles économies : par rapport à l'hiver précédent, la consommation d'électricité a reculé de 8% en janvier puis de 10% en février. La consommation de gaz a quant à elle baissé de 22 %. Dès lors, les économies sont estimées par GDF-Suez autour de 50€ pour les 6 millions de ménages dotés d'un chauffage au gaz. De même, la facture d'électricité des particuliers chauffés à l'électricité va baisser de 10 à 15% par rapport aux deux premiers mois de l'année 2013.

La France : exportateur net d'électricité

 

Il n'y a pas que les clients particuliers qui se réjouissent du climat : la France en a en effet profité pour exporter en une partie de l'électricité produite sur le territoire. Les producteurs d'électricité – EDF en tête – ne trouvant pas de débouchés en France, ont exporté massivement leur production. En février, le solde exportateur de la France s'élevait ainsi à 11,2 gigawatt (GW), soit deux fois les exportations du même mois en 2013. « Le solde des échanges aux frontières progresse (+ 6,8 %), ce qui fait de la France le premier exportateur d'électricité d'Europe » note un responsable de Réseau de transport d'électricité (RTE), la filiale d'EDF en charge des lignes haute et très haute tension. De quoi soulager légèrement la balance commerciale française : la facture énergétique française (c'est-à-dire la différence entre les exportations et importations d'énergie : gaz, pétrole, charbon et électricité) atteignait 67 milliards d'euros en 2013 ! Pour répondre au besoin accru d'échanges de courant entre la France et ses voisins directs, RTE prévoit de maintenir un haut niveau d'investissements : ils s'élèveront à 1,413 milliard d'euros en 2014, contre 1,446 milliard en 2013.

Les consommations d'énergie sont thermosensibles

Flamme gaz

Il reste que la consommation française d'électricité reste soumise à de fortes variations potentielles. A RTE, on note ainsi que chaque degré Celsius en moins sur les mois d'hiver par rapport aux normales de saison amène une consommation supplémentaire d'électricité de 2,4 GWh, soit la consommation d'environ 800 000 habitants. GRTgaz, la filiale de GDF Suez en charge du réseau de transport sur la plus grande partie du territoire métropolitain continental, estime quant à elle que pour ce même degré manquant par rapport aux moyennes de saison, la consommation d'électricité monte de 80 gigawattheures/jour, soit l'équivalent de la consommation d'une ville comme Lyon.

Des énergéticiens confrontés à une baisse de la consommation

Cependant, les températures élevées ne font pas que des heureux. Avec une demande en énergie moins importante, les quantités d'électricité et de gaz naturel vendues par les fournisseurs ont été plus faibles en ce début d'année 2014, ce qui aura des conséquences sur le résultat de ces acteurs, d'autant que les mois d'hiver représentent la plus grande part des ventes d'énergie. Le 1er trimestre représente par exemple 30% des ventes de GDF Suez et le 4ème 40%. L'hiver doux aura donc des conséquences importantes sur le chiffre d'affaires des entreprises du secteur. Les producteurs de gaz et d'électricité ne sont cependant pas les plus à plaindre : la baisse est encore plus importante pour les livreurs de fioul. Selon la Fédération représentative (la FF3C), les commandes de fioul domestique ont baissé de 40% sur la première quinzaine de janvier comparé à l'année dernière.

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