EPR d’Hinkley Point : accord conclu entre EDF et ses partenaires chinois

EDF a conclu un accord avec ses partenaires chinois sur les futurs EPR britanniques d’Hinkley Point. Ces derniers financeront le projet à hauteur de 33,5%, avec la bénédiction du gouvernement anglais. Un arrangement qui bénéficie à toutes les parties.


C’est la fin d’un long feuilleton et elle est heureuse pour tous les protagonistes. EDF, ses partenaires chinois China General Nuclear (CGN) et China National Nuclear Corporation (CNNC) et le gouvernement britannique ont bouclé le financement des deux EPR d’Hinkley Point. Jean-Bernard Lévy, PDG de l’électricien français, signera l’accord le 21 octobre à Londres. Le coût total du projet est aujourd’hui estimé à 33 milliards d’euros.

EDF devra trouver de l’argent frais

Les deux partenaires chinois d’EDF financeront 33,5% du projet, une part conforme aux chiffres annoncés il y a quelques jours dans la presse, à quelques unités près. C’est moins qu’espéré par EDF, qui attendait une participation à hauteur de 40% aux prémices des négociations. Pour le premier producteur mondial d’électricité, la signature de cet accord est néanmoins une grande victoire : elle conforte son alliance avec la Chine et lui permet d’exporter deux exemplaires de l’EPR. 

Le plus dur reste à venir pour le groupe français. D’abord, négocier les 150 contrats de sous-traitants qui accompagneront la construction des deux EPR. Ensuite, récupérer des fonds pour payer la note. Surendetté, EDF ne peut actuellement dégager suffisamment de trésorerie libre positive. Le groupe a annoncé une revue stratégique d’une partie de ses actifs et notamment de ses centrales thermiques européennes, dans le but de les vendre. Leur cession pourrait rapporter jusqu’à 10 milliards d’euros.

La Chine dans le club des exportateurs de nucléaire

La centrale de Bradwell. Un réacteur chinois sera construit à sa place.

La centrale de Bradwell, en cours de démantèlement. CGN et CNNC y construiront un réacteur 100% chinois.

Pour la Chine et ses industriels CGN et CNNC, c’est jour de fête : ils rentrent dans le club restreint des nations exportatrices de technologie nucléaire et s’assurent avec EDF un partenariat qui leur permettra de poursuivre la construction d'une centrale nucléaire 100% chinoise en terre britannique, à Bradwell. Pour le royaume, cet accord était une nécessité vitale : le parc de centrales anglaises est l’un des plus vieux au monde. Les deux tranches d’Hinkley Point fourniront 7% des besoins en électricité de la Grande-Bretagne lors de sa mise en service, aux alentours de 2025.

Mais l’intrusion des Chinois dans le dossier donne des sueurs froides à une partie de l'establishment militaire britannique. Selon The Timesdes membres des services de renseignement britannique estiment que l’accord, dans un domaine aussi stratégique que l’énergie nucléaire, pourrait représenter une "menace pour la sécurité" du pays. Des critiques largement relayées dans la presse (voir par exemple la BBC) et auxquelles Downing Street a tenté de répondre ces derniers jours.

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