EDF : fermeture anticipée de ses centrales au fioul

L'énergéticien français prévoit de fermer ses dernières centrales au fioul d'ici à 2018. Une nouvelle décriée par les syndicats qui y voient un risque pour la sécurité d'approvisionnement. Les centrales thermiques servent essentiellement à assurer l'offre lors de fortes demandes d'électricité.


Un projet de fermeture anticipé

Initialement prévue en 2023, la fermeture des centrales au fioul a finalement été avancée à 2018 par le groupe français. Sont concernées la centrale de Porcheville dans les Yvelines ainsi que deux tranches de la centrale de Cordemais en Loire-Atlantique. Avec l'arrêt de la production de deux tranches de la centrale d'Aramon (Gard) en avril 2016, cette nouvelle fermeture représente une perte de 5,2 gigawatts de capacités de production, soit la moitié du parc thermique d'EDF.

Ces centrales ne fonctionnent en moyenne que quelques centaines d'heures par an afin d'assurer l'équilibre entre l'offre et la demande lors de pics de consommation, notamment en hiver. Rapides à mettre en service, elles émettent toutefois beaucoup de CO2 par MWh produit et ont un coût marginal de production très élevé. L'ensemble des actifs thermiques (charbon et fioul) d'EDF en France aurait ainsi enregistré plus de 800 millions d'euros de perte en 2015 selon Les Échos. Or, l'année dernière, le parc au fioul n'a fourni que 0,6% de la production alors qu'il représente 6,7% des capacités installées. Autant de raisons qui ont poussé l'électricien à anticiper la fermeture de ses centrales au fioul.

La sécurité d'approvisionnement menacée ?

Particulièrement hostiles au projet, les syndicats d'EDF s'inquiètent de grands risques sur la sécurité d'approvisionnement du réseau électrique. Mais selon le Réseau de Transport Électrique (RTE), la fermeture anticipée des centrales au fioul ne devrait pas avoir d'incidence sur l'équilibre du réseau. Les centrales fioul de Porcheville et de Cordemais n'auraient pas été en service depuis deux ans, selon EDF, si ce n'est pour des tests et des opérations de maintenance.

Enfin, la fermeture de ces centrales au fioul ne devrait pas conduire à une hausse des prix de marché. "Les réductions en cours de capacités de production ont un très faible impact car elles concernent d'abord des capacités qui sont hors marché, et qui ne sont plus appelées même en période de pointe" a précisé EDF dans un document interne.

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