Comment facturer l'électricité au locataire saisonnier et éviter les litiges ?

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La refacturation des charges d’électricité en location saisonnière n’est valable que si le contrat de bail saisonnier la prévoit expressément et si les montants sont justifiés, notamment au moyen d’un rapport détaillé. À défaut, les charges sont réputées incluses dans le loyer et toute refacturation peut être contestée. Cet article revient en détail sur le cadre juridique applicable, les moyens de calculs des charges, la facturation et les spécificités propres aux plateformes de location.

On vous accompagne sur votre problématique de refacturation de charges récupérables (énergie, gaz, eau)

Quel cadre juridique encadre la location saisonnière ?

En France, la location saisonnière laisse une grande liberté contractuelle : ce sont les termes du contrat qui déterminent ce qui est inclus dans le prix et ce qui peut être facturé en plus.

L'article L324-2 du Code du tourisme impose seulement que tout contrat de location saisonnière soit écrit et mentionne le prix demandé. Il ne prohibe pas la distinction entre loyer de base et charges annexes, à condition que le contrat soit précis.

CA Rouen, 8 sept. 2022, n° 21/01649 : La Cour d'appel valide la refacturation des charges d'eau, d'électricité et de gaz car le contrat prévoyait qu'elles seraient calculées « suivant relevés et factures des prestataires »

Pour être juridiquement valable, la refacturation des charges en location saisonnière repose sur deux piliers :

  1. Le contrat doit le prévoir expressément : une clause vague ou absente rend la refacturation inopposable. En l'absence de stipulation, les charges sont réputées incluses dans le loyer. 

    Par exemple, une clause rédigée ainsi : « Le locataire remboursera au bailleur, sur présentation des justificatifs, sa consommation réelle d'électricité, d'eau et de gaz calculée sur la base des relevés de compteurs individuels et des tarifs en vigueur » satisfait à cette exigence.

  2. Les montants doivent être justifiés : relevés contradictoires à l'entrée et à la sortie, factures du fournisseur, tarif au kWh appliqué. Un forfait opaque sans information est susceptible d'être annulé par le juge (CA Poitiers 2024). 

    Pour faciliter cette justification, l'outil de suivi de consommation d'électricité MySelectra permet de générer automatiquement un document récapitulatif complet, à la demi-heure près, constituant ainsi une preuve solide et opposable en cas de litige.

Abonnement ou consommation seule ? Selon la jurisprudence (CA Pau, 17 mai 2024, n° 21/01457), l'abonnement de l'électricité est une charge récupérable uniquement s'il est expressément stipulé au contrat. 

Modèle de contrat de location saisonnière avec une clause sur la facture d'électricité

La refacturation des charges n’est opposable que si elle est clairement indiquée dans le contrat signé par les deux parties. Clause vague ou contrat incomplet peuvent empêcher la refacturation d’être acceptée. Retrouvez ci-dessous nos modèles de contrat saisonnier gratuits avec clause de refacturation d’électricité, prêts à l’emploi :

Ces modèles intègrent notamment :

  • Une clause de refacturation des consommations réelles (électricité, eau, gaz) calculées sur relevés contradictoires

Comment suivre la consommation d'électricité d'un locataire saisonnier ? Prenez le contrôle avec la solution MySelectra

En location saisonnière comme la location en meublé de tourisme, vous pouvez refacturer les charges d'électricité à votre locataire en fin de séjour à condition de pouvoir les justifier par un relevé précis. Sans ce justificatif, difficile de prouver la consommation réelle et d'éviter les contestations.

Pour être en mesure de facturer précisément la consommation réelle, deux approches existent :

  • Le relevé manuel : noter l'index du compteur à l'entrée et à la sortie du locataire. Simple en théorie, mais contraignant et imprécis.
  • La solution MySelectra : un suivi automatisé, heure par heure, pour détecter les abus en temps réel, calculer précisément la consommation du séjour et de générer des rapports fiables basés sur des données heure par heure, afin d'anticiper et de maîtriser votre budget énergétique.

MySelectra - suivi de consommation électrique sur mobileMySelectra - vue calendrier des séjours sur mobile 
Visuels de l'application MySelectra : suivi des séjours et consommation électrique heure par heure

Télécharger MySelectra sur l'AppStore (iOS) Télécharger MySelectra sur le PlayStore (Android)

Exemple de rapport de consommation

MySelectra - exemple de rapport de consommation 
Exemple de rapport de consommation de MySelectra : modulable demi-heure par demi-heure, jour par jour

Les différents modes de facturation de l’électricité en location saisonnière

Le choix du mode de facturation des charges d'électricité n'est pas anodin : il influence directement la satisfaction de vos locataires et votre capacité à récupérer les sommes dues sans friction. On vous recommande le forfait de base avec correction pour un bon compromis entre transparence et protection du propriétaire.

Forfait tout compris (modèle plateformes)
💡 PrincipeUn montant fixe global couvre loyer et charges, sans distinction ni justificatif.
✅ AvantagesSimple à gérer, rassurant pour le locataire.
❌ InconvénientsLe bailleur supporte seul le risque de surconsommation. Rentabilité fragilisée en cas de séjour hivernal ou de locataires peu sobres.
Facturation au réel (recommandée)
💡 PrincipeLe loyer est séparé des charges ; le locataire rembourse sa consommation effective calculée sur relevés de compteurs et tarifs en vigueur.
✅ AvantagesMéthode la plus équitable et la plus sûre juridiquement. L'outil MySelectra génère automatiquement un rapport récapitulatif (relevés, factures, détail au kWh).
❌ InconvénientsNécessite une clause contractuelle explicite et la production de justificatifs à chaque séjour.
Forfait de base avec correction
💡 PrincipeUne provision forfaitaire est incluse dans le loyer ; au-delà d'un seuil défini, le surplus est refacturé au réel sur présentation des relevés.
✅ AvantagesCompromis entre simplicité pour le locataire et protection pour le bailleur.
❌ InconvénientsRédaction contractuelle soignée indispensable : seuil, mode de calcul du dépassement et justificatifs attendus doivent être clairement définis.

Comment limiter le risque d'impayés après le séjour ?

La refacturation post-séjour est la situation la plus délicate : le locataire est parti, et récupérer des sommes non prélevées en amont est souvent laborieux. Voici les bonnes pratiques pour sécuriser votre encaissement.

  • Prélevez une provision à la réservation : demandez un acompte sur charges (50 à 100 €) en plus du loyer, régularisable après le séjour sur présentation du décompte.
  • Utilisez un dépôt de garantie suffisant : le dépôt peut couvrir les charges impayées en cas de litige. Précisez-le dans le contrat.
  • Communiquez le décompte rapidement : envoyez le relevé final dans les 48 h suivant le départ, avec la facture correspondante. Le locataire est plus enclin à payer lorsque le montant est justifié immédiatement.
  • En cas de litige : la prescription des actions dérivant du bail est de 3 ans à compter de la connaissance des faits (CA Lyon, 9 juil. 2025, n° 23/04109). Vous avez donc le temps d'agir, à condition de conserver les preuves.
SituationSolution
Charges incluses dans le loyer forfaitaireAucune action nécessaire, tout est soldé
Provision versée, régularisation post-séjourDécompte envoyé sous 48 h + relevés signés
Refacturation à 100% après départDépôt de garantie + plateforme de paiement sécurisée
Aucune clause dans le contratCharges réputées incluses, impayé non recouvrable

Les pratiques des plateformes de location sur la refacturation de l'électricité

Si la loi autorise la refacturation des charges en location saisonnière, les grandes plateformes de réservation imposent leurs propres règles, souvent plus restrictives. Avant d'insérer une clause de refacturation dans votre contrat, vérifiez la politique de la plateforme que vous utilisez.

PlateformeRefacturation
AirbnbTout frais non déclaré lors de la création de l'annonce ne peut pas être réclamé au locataire via la plateforme, y compris une surconsommation électrique.
HomeExchangeDans le cadre de l'échange de maisons, les hôtes ne peuvent pas demander de frais supplémentaires aux membres accueillis. La consommation électrique est intégralement absorbée par le propriétaire.
Booking.comLa liste des frais supplémentaires autorisés (petit-déjeuner, animaux, parking…) ne mentionne pas l'électricité comme poste facturable distinct. Une refacturation de consommation réelle est difficile à mettre en œuvre via cette plateforme.
AbritelLes propriétaires peuvent créer des frais personnalisés et les afficher à l'avance dans l'annonce, notamment une provision sur charges ou un forfait électricité. Condition : ces frais doivent être visibles avant la réservation.

Attention : même si votre contrat prévoit une refacturation de l'électricité, certaines plateformes refuseront de traiter le paiement ou bloqueront la réclamation. Pour sécuriser votre refacturation, privilégiez la location en direct ou utilisez Abritel avec des frais déclarés à l'avance. Pour automatiser la gestion de vos locations sur ces plateformes, découvrez notre comparatif des logiciels de gestion location saisonnière.

💬 Questions fréquentes sur l'énergie en location saisonnière

⚖️ Puis-je légalement facturer l'électricité en plus du loyer ?

Oui. La location saisonnière n'est pas soumise au régime impératif de la loi du 6 juillet 1989. La liberté contractuelle prévaut : vous pouvez facturer l'électricité en sus, à condition que le contrat le prévoie expressément et que vous justifiiez les montants par des relevés. Source : Art. L324-2 Code du tourisme · CA Rouen, 2022

🚗 Mon locataire a rechargé sa voiture électrique : puis-je lui facturer ?

Oui, si votre contrat prévoit la refacturation des consommations réelles et que vous disposez du relevé de compteur prouvant la surconsommation. Vous pouvez également interdire expressément la recharge via une clause spécifique. Sans relevé contradictoire, la preuve sera difficile à apporter.

🏠 Quels sont les usages abusifs à surveiller ?

Voici quelques exemples d'usages qui peuvent multiplier la consommation habituelle par 3 ou 10.

🚗

Recharge de véhicule électrique

Une recharge complète représente 50 à 100 kWh, soit l'équivalent de 10 à 20 € sur la prise domestique, à l'insu du propriétaire. (source : KelWatt)

🖥️

Minage de cryptomonnaies

Un équipement de minage mobilise entre 1 000 et 3 000 W en continu. Sur une semaine, la surconsommation peut dépasser 500 kWh et dépasser 100 €. (source : KelWatt)

🌡️

Chauffage ou climatisation mal réglés

Fenêtres ouvertes avec le chauffage en route, climatisation à fond 24h/24 : des consommations multipliées par 3 sur une courte période. (source : MDPI)

Sans relevé de compteur à l'entrée et à la sortie, il est impossible de prouver et de facturer ces surconsommations au locataire. La charge de la preuve repose sur le bailleur (CA Nîmes, 21 mars 2024, n° 23/00259).

📅 Jusqu'à quand puis-je réclamer des charges impayées ?

La prescription est de 3 ans à compter du jour où vous avez eu connaissance des faits (consommation anormale, relevé de sortie). Passé ce délai, votre créance est prescrite. Conservez tous vos relevés et justificatifs pendant au moins 3 ans après la fin du séjour.

Source : CA Lyon, 9 juil. 2025, n° 23/04109

🔌 Mon compteur Linky peut-il servir de preuve en cas de litige ?

Oui. Les données du compteur communicant Linky, accessibles via votre fournisseur ou une application comme MySelectra, constituent un élément de preuve recevable. Il est recommandé de les exporter et de les archiver immédiatement après le séjour, en parallèle des relevés physiques. Pour aller plus loin sur vos obligations fiscales en tant que bailleur, consultez notre guide sur la fiscalité de la location saisonnière.

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