Vers une hausse de prix des smartphones Android dès la fin du mois ?

Google s'est fait remonter les bretelles par la Commission européenne avant l'été pour abus de position dominante. Résultat, l'entreprise américaine se voit octroyer une amende de 4,3 milliards d'euros. Paradoxalement, le consommateur risque d'en payer indirectement les conséquences. Alors, quelle est cette condamnation dont Google fait l'objet ?

Pour la Commission européenne, Google abuse de sa position chez les fabricants de smartphones

Cela ne surprendra personne puisque tout le monde sait que Google a acquis depuis 1998, année de sa création, une influence économique gigantesque dans le monde de la technologie. Son chiffre d'affaires atteignant les 100 milliards de dollars l'année dernière en témoigne.

Photo de la commission Européenne
La Commission europénne


Ainsi cette amende de 4,3 milliards d'euros qui leur est infligée par la Commission européenne peut sembler "dérisoire" non seulement par rapport à leur chiffre d'affaires mais aussi en accord avec leur valeur en bourse qui s'élève, depuis le rachat par Alphabet en 2015, à 875 milliards de dollars.

Il n'empêche que Google n'a pas apprécié que l'Union européenne leur tape sur les doigts, ils ont d'ailleurs décidé de faire appel de la décision auprès de la Cour de justice de l'Union européenne, considérant que les accusations qu'ils subissent sont injustifiées.

La Commission européenne, dans son rôle de prometteuse de la protection de l'UE, a estimé que Google avait enfreint les règles de la concurrence en abusant de sa position dominante auprès des fabricants de smartphones. Son jugement est ferme si l'on en croit leurs propos :

Nous pensons que par son comportement, Google prive les consommateurs d'un choix plus large d'applications et de services mobiles et que l'entreprise freine l'innovation émanant des autres acteurs, en violation des règles de concurrence de l'UE.

Abus de position dominante : quels sont les reproches faits à Google ?

Trois éléments sont reprochés à Google :

  • Google donne gratuitement, en principe, le droit aux fabricants de smartphones (Samsung, Huawei, Xiaomi, ou encore ceux construits par les opérateurs télécoms) d'installer leur système d'exploitation Android sur leurs appareils. Tout cela est régi par un contrat qui précise que les fabricants doivent directement mettre en place sur leur interface des applications de Google ; telles que la boîte mail Gmail, le moteur de recherche Google, Google Maps ou encore Youtube. C'est uniquement sous ces conditions qu'ils peuvent installer Play Store, le magasin en ligne d'applications de Google. Une contrepartie jugée injuste et qui freinerait la concurrence selon l'UE.
  • Google serait en train d'exercer un monopole en contraignant les marques de smartphones à bannir les alternatives au système Android, également appelées "forks Android". Plus concrètement, le géant du web ferait signer à ses partenaires un "accord d'anti-fragmentation".
  • Enfin, l'UE accuse Google de se servir d'importants "appâts financiers" pour conserver leur influence sur les fabricants de smartphones. Des pratiques, qui toujours selon l'UE n'ont joué qu'en leur faveur, empêchant les innovations qui peuvent être conduites par d'autres acteurs des nouvelles technologies et qui sont tout aussi légitimes que Google à contribuer au développement des nouvelles technologies.

Réponse de Google : des licences payantes pour les fabricants de smartphones

Quand l'empire attaque, Google contre-attaque. La filiale d'Alphabet a dû répondre de ces accusations et dans un communiqué publié le 16 octobre, Hiroshi Lockheimer, le vice-président de Google a fait savoir qu'ils allaient adopter trois séries de mesures qui seront appliquées dès le 29 octobre prochain.

Pour ce faire, ils ont affirmé dans un premier temps, qu'ils allaient actualiser leurs accords de compatibilité Android avec les marques de smartphones. Le vice-président a ensuite indiqué que les partenaires Android qui souhaitent distribuer des applications Google pourront également construire des smartphones et des tablettes non compatibles avec Android pour l'Espace économique européen (EEE).

Dessin d'un contrat

Les "forks" pourront donc être plus fréquemment utilisées. Ces mesures feront partie de plusieurs licences créées spécialement pour l'occasion, que les fabricants de smartphones devront financer s'ils souhaitent utiliser certains services de Google : comme le moteur de recherches Google ou le navigateur Chrome. Enfin, et c'est une première, de nouveaux accords devraient être mis en place pour la "pré-installation et le placement non exclusifs de Google Search et de Chrome".

Les fabricants de smartphones vont donc devoir payer des frais supplémentaires - on ne connaît pas encore le montant de ces licences mais elles seront très certainement élevées pour compenser le manque à gagner de Google - qui, logiquement (dans le monde économique actuel), vont se répercuter sur le prix des smartphones sur le marché. Si l'on en croit ces informations et que le prix des smartphones augmente dans quelques semaines, Google serait le principal responsable de ces répercutions. Mais en parallèle, cela favoriserait des services alternatifs. Un mal pour un bien donc ?

Mise à jour le