L’Apple Card, nouveau moyen de paiement d’Apple : une révolution ?

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Avec l'Apple Card, Apple complète son application Apple Pay et concurrence plus directement les banques.

Ce 25 mars, lors d’une conférence à Cupertino, Apple a dévoilé son nouveau moyen de paiement dans la prolongation de son service de paiement mobile : l’Apple Card. Cette nouvelle carte de crédit a été conçue en partenariat avec le réseau Mastercard et la banque Goldman Sachs, jusqu'à présent absente du secteur des services aux particuliers. Elle sera disponible dès cet été outre-Atlantique.

De nombreuses fonctionnalités

La matérialisation d’Apple Pay

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L'Apple Card comprendra une carte virtuelle et une carte physique.

Après le succès d’Apple Pay, qui compte désormais plus de 253 millions d’utilisateurs dans le monde, le géant américain développe son offre bancaire et présente une carte carte de crédit dotée de diverses fonctionnalités et appelée à s'intégrer dans l'univers Apple, notamment en étant connectée à Apple Pay.

L'Apple Card prendra la forme d'une carte de crédit intégrée à Apple Pay et liée à l’application Wallet. Il sera ainsi possible de suivre en direct les dépenses associées à celle-ci ainsi que de les géolocaliser. La catégorisation des dépenses se fera par code couleur et s’affichera sous forme de graphique. De ce côté-là, rien de bien nouveau par rapport aux offres proposées par les néobanques telles N26, Revolut ou encore Bunq.

L'Apple Card a avant tout vocation à être utilisée en paiement mobile. Il s'agit donc principalement d'une carte signée Apple à intégrer dans l'application Apple Pay. Une carte de crédit physique sera également disponible, de façon à effectuer des paiements par voie classique. Alors quelle est l'utilité ?

Le paiement mobileCette option récente permet aux utilisateurs de smartphone de payer directement via smartphone, essentiellement par la technologie du sans contact (NFC). Il suffit d'approcher son smartphone du terminal de paiement. Ce service est proposé par des applications telles Apple Pay, Samsung Pay, Paylib, LyfPay, Orange Cash ou Google Pay. Pour bénéficier du paiement mobile, il faut être dans une banque partenaire de ces applications et disposer d’un smartphone compatible.

Une carte ultra-sécurisée ?

La firme met tout d'abord l’accent sur la sécurité : la carte a avant tout vocation à être utilisée en paiement mobile via Apple Pay, les standards de sécurité de l'application s'appliqueront donc ; c'est à dire que l'utilisateur devra s'authentifier par reconnaissance faciale (FaceID) ou par empreinte digitale (TouchID) sur son iPhone pour autoriser chaque paiement mobile.

En ce qui concerne la carte physique, celle-ci sera pratiquement neutre : ni numéro de carte, ni code CVV, ni date d’expiration. Les coordonnées de la carte ne pourront donc pas être copiées pour effectuer des paiements à l'insu du titulaire. Pour effectuer un paiement en ligne, une carte virtuelle (comportant un numéro unique et un CVV unique) sera générée sur l'application Wallet du titulaire après authentification par Touch ID ou Face ID.

De plus, conscient des préoccupations en termes de données personnelles et de respect de la vie privée, Apple s’engage à ne pas consulter les transactions effectuées via l’Apple card tandis que la banque Goldman Sachs, en charge du système opérationnel de la carte, s’engage à ne pas utiliser les données à des fins commerciales.

Des cartes bancaires de plus en plus innovantes.La carte bancaire virtuelle, aussi appelée e-carte bleue, est une carte bancaire en ligne faite pour effectuer des achats sur internet. Sa spécificité est qu’à chaque paiement, un numéro de carte bancaire, un code de vérification (CVV) et une date d’expiration sont générés. En phase de test, la carte biométrique est la dernière innovation en matière de carte bancaire ; celle-ci remplace le code pin par une vérification d’empreinte digitale, effectuée par le titulaire sur la carte elle-même.

Des frais réduits et un programme de fidélité associé

Autre ligne de communication d'Apple sur son nouveau produit : les frais bancaires. Apple affirme que l'Apple Card ne générera aucun frais, notamment pas de frais d'abonnement. Certaines ligne tarifaires restent cependant à préciser, notamment le coût d'envoi de la carte physique ou de son renouvellement. 

Le géant américain a mis en place un programme de fidélité associé à la carte de crédit, le “daily cash”. Pour tout achat, l’utilisateur récupérera une partie du montant. Le pourcentage de cashback, autour de 1%, pourra monter à 3% pour un produit Apple. Les sommes seront créditées le jour de la dépense.

Une commercialisation à venir en France ?

Dans un premier temps, la carte bancaire d'Apple ne sera pas présente en France. Le marché bancaire français étant différent du marché américain sur certains points clés qui font la force de l’Apple Card, les experts sont sceptiques concernant l’arrivée de cette carte de crédit en France.

Le cashback, une fonctionnalité difficilement transposable en France

Les taux de cashback d’Apple peuvent sembler très séduisants mais pourraient difficilement s’appliquer en France. En effet, le cashback n’est rien d’autre que le reversement au particulier d’une partie de la la commission d’interchange, ce montant que la banque du commerçant doit verser à la banque du client à chaque paiement par carte. Or, cette commission est plus importante aux Etats-Unis qu’en France, ce qui limite de fait le potentiel de cashback sur le marché français.

Des taux d’intérêts importants

Il est important de souligner que l’Apple Card est une carte de crédit. Une carte de crédit permet à son titulaire de bénéficier d’un crédit renouvelable : chaque paiement effectué avec la carte est en réalité un crédit accordé par un établissement de crédit ; en fin de période (généralement en fin de mois), le titulaire doit rembourser les crédits accordés, complétés d’intérêts, souvent supérieurs à ceux d’un crédit à la consommation classique.

Avec l’Apple Card, le problème se pose au niveau du niveau des taux d’intérêts. Si celui-ci varie en fonction du client, les taux d’intérêts envisagés par Apple sur le marché américain varient entre 13,24% et 24,24%.En France, ou la culture du crédit est différente et les taux d’intérêts plus bas, ce taux semble particulièrement élevé. De plus, les français disposent en grande majorité de carte de paiement à débit immédiat ou différé et restent peu familiers du mécanisme des cartes de crédit.

L'Apple Card : notre conclusionPrésentée en grande pompe par Apple, l'Apple Card ne semble pourtant relever du gadget plus que de la révolution. Peu d'éléments la distinguent réellement des cartes bancaires déjà présentes sur le marché. Du côté de la sécurité, les cartes bancaires virtuelles ou les cartes à CVV dynamique, proposées par des banques de plus en plus nombreuses, apportent les mêmes garanties - elles-même déjà quelque peu accessoires compte-tenu de la généralisation de la technologie 3D Secure. Du côté des tarifs, les banques en ligne proposent des cartes gratuites, qui plus est adossées à une offre bancaire complète. Couplées à l'application Apple Pay et à une application pour suivre ses dépenses (un agrégateur de comptes, par exemple), le résultat est pour ainsi dire le même. Si l'on ajoute à cela les taux de crédit envisagés pour l'Apple Card et la difficulté d'exporter le système de cashback, l'Apple Card ne semble pas encore prête de conquérir la France. Et d'ailleurs, ça n'est pas prévu pour le moment.

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