Le Sigeif réussit son cinquième appel d'offres de gaz naturel et devrait faire réaliser à ses membres 30 millions d'euros d'économies.


09/04/2014 — Le Syndicat intercommunal pour le gaz et l'électricité en Île-de-France (Sigeif) vient de sélectionner les lauréats de son appel d’offres européen de gaz naturel. En jeu : la fourniture de 2,4 TWh de gaz naturel par an du 1er juillet 2014 au 30 juin 2016. Parmi la demi-douzaine de fournisseurs en lice, trois fournisseurs ont été sélectionnés. Ils approvisionneront en gaz 445 acheteurs publics de la région parisienne membres de ce groupement d’achat pour les deux prochaines années.

Une procédure nouvelle

Créé à l’aube du XXème siècle, en 1904, le Syndicat intercommunal pour le gaz et l’électricité en Île-de-France centralise les achats de gaz de 445 collectivités et établissements publics. Portant sur la livraison de 2,4 TWh de gaz pendant deux ans, ce contrat est tout simplement le plus important passé entre un fournisseur de gaz et un acheteur public. Grâce à cet appel d’offre, les personnes publiques membres du Sigeif sont en conformité avec une obligation qui rentrera en vigueur au 1er janvier 2015 : les contrats de fournitures des établissements publics devront systématiquement être mis en concurrence. C’est donc à un appel d’offre rare, mais pas inédit auquel a procédé le syndicat dirigé par Jean-Jacques Guillet, également député-maire de Chaville.

Cet appel d'offre est le cinquième conduit par le syndicat. Fort de son succès, le Sigeif s’est empressé, par la voix de son directeur général adjoint, Jean-Michel Philip, de rappeler aux communes et collectivités publiques que l’obligation de mise en concurrence allait bientôt d’imposer aux derniers récalcitrants : « En décembre 2013, nous avions informé les collectivités de cette mesure, alors seulement prévisible mais désormais inscrite dans la loi. Nombre d’entre elles l’ont entendu : pour preuve, on est passé de 267 à 445 membres. Mais il en reste encore beaucoup qui, soit n’ont pas eu le temps d’adhérer, soit n’avaient pas perçu l’imminence de l’échéance. » Il s’agit bien d’une main tendue par le syndicat aux retardataires. Le député maire de Chaville, arguant de la réussite du dernier appel d’offre, propose ainsi d’en lancer un autre dès cet été, pour faire profiter aux éventuels intéressés de la dynamique trouvée par le syndicat : les 445 collectivités et établissements publics devraient économiser 30 millions d’euros chaque année par rapport aux tarifs réglementés de vente (TRV).

Plusieurs fournisseurs retenus

Fournisseur lauréat Lot Nombre de points de livraison (PDL) Quantités de gaz fournies (en GWh/an)
Direct Energie
Direct Energie
Petits sites des membres 3100 350
Antargaz
Antargaz
Chaufferies des lycées de la région Île-de-France, des bâtiments des départements et de leurs collèges 665 600
Plus gros sites des autres membres 935 600
Site du Centre d'accueil et de soins hospitaliers de Nanterre 1 Non précisé
GDF Suez Energies France
GDF Suez
Marché des chaufferies collectives des bailleurs sociaux d'Île-de-France 335 565
Sites des établissements publics de santé 99 200
Total 5135 2 315

Source : Communiqué de presse du Sigeif.

Pour un contrat aussi complexe que la fourniture à 5 000 points de livraison de 2,4 TWh de gaz par an, le nombre de fournisseurs retenus est forcément assez important. Direct Energie est sélectionné pour fournir les petits sites, très nombreux mais à faible consommation en moyenne (3 100 sites pour 350 GWh/an). Antargaz fournira les collèges et lycées de la région Île-de-France, ce qui représente 665 sites, pour une consommation de 600 GWh par an. Antargaz se chargera également des communes et intercommunalités fortement consommatrices, ainsi que le site du Centre d'accueil et de soins hospitaliers de Nanterre. Il reste à GDF Suez de s’occuper des chaufferies collectives des bailleurs sociaux d'Île-de-France ainsi que des sites des établissements publics de santé, soit un total de 765 GWh par an pour le fournisseur historique de gaz.

Suivant les caractéristiques des différents contrats obtenus, les gains réalisés par rapport aux tarifs réglementés de vente (TRV), s’échelonnent entre 20 et 25% : le cumul permettrait 30 millions d’euros d’économies par an. Une baisse des charges appréciable en ces temps de restrictions budgétaires pour les communes et collectivités locales.

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