Internet très haut débit en Europe : une France en retard mais plus performante ?

Une excellente connexion internet pour tous les Européens est l'un des challenges de l'Union Européenne qui tend vers une société dite du "gigabit" pour 2025. Mais où en est-on aujourd'hui ? D'après un récent classement mondial établi par Google et l'université de Princeton, les pays scandinaves sont bien placés pour le déploiement du très haut débit, la France a, quant à elle, pris un peu de retard et le Royaume-Uni se retrouve loin derrière.

Internet très haut débit en Europe : les pays scandinaves, excellents élèves

Le classement publié par le M-Lab, une étude réalisée conjointement par Google Open Source Research et l'université de Princeton, met en relief la vitesse de connexion internet par pays (200 Etats au total). Pour la fiabilité de leurs résultats, les chercheurs se sont appuyés sur des tests par habitant, allant de quelques milliers à des millions, selon la taille de l'Etat en question.

Dessin d'un podium

Même si elle ne fait pas partie de l'Europe, il est important de mentionner Singapour qui remporte la première place de cette liste, avec une vitesse moyenne de téléchargement atteignant les 60 Mb/seconde. La cité-Etat est principalement équipée de fibre optique dans ses logements et bureaux tandis qu'une minorité de Singapouriens utilise l'internet par câble.

De retour en Europe, ce sont les pays nordiques qui arrivent derrière Singapour, avec toutefois, un débit descendant moyen bien moins élevé :

  • La Suède atteint les 46 Mb/seconde et prend la 2ème position.
  • Le Danemark suit de près la Suède avec 43,99 Mb/seconde arrive 3ème.
  • La Norvège avec 40,12 Mb/seconde arrive, quant à elle, au pied du podium

Ces pays sont équipés pour la majorité d'internet par fibre avec une terminaison en câble coaxial (FTTB).

La différence entre internet par fibre optique (FTTH) et internet par câble (FTTB) ?Ces deux technologies succèdent à l'internet via ADSL. La première est composée de dizaines de câbles très fins qui transmettent internet par la lumière à une vitesse pouvant aller jusqu'à 1000 Mb ou 1Gb/seconde. Cette technologie rejoint directement chaque logement, contrairement à l'internet par terminaison en câble (FTTB) qui arrive jusqu'à une rue ou un immeuble et nécessite ensuite une terminaison en câble coaxial pour fonctionner. La vitesse est bien moindre qu'en fibre optique FTTH mais reste trois fois plus élevée que l'ADSL.

Pour le reste du classement, la Roumanie crée la surprise en prenant la cinquième place et les petits pays d'Europe qui nécessitent moins de travaux sont bien placés : la Belgique (6ème), les Pays-Bas (7ème), le Luxembourg (8ème), la Hongrie (9ème) ou encore la Suisse, 11ème du classement, et l'Espagne 16ème.

Internet très haut débit : la France accuse un retard relatif

23ème, c'est la place qu'occupe la France dans ce classement, 12ème parmi les pays de l'Union Européenne avec une vitesse de téléchargement de 24 Mb/seconde. La fibre optique couvre actuellement 28% du territoire français et se place peu avant l'Allemagne (25ème). Un résultat qui peut sembler médiocre, notamment par rapport à la communication effectuée par les différents opérateurs télécoms français autour de la fibre optique.

Alors pourquoi ce retard ? David Barroux, le rédacteur en chef des Echos nuançait les critiques lancées contre le réseau internet français. Il expliquait en mai dernier que si la plupart des pays scandinaves sont à la pointe dans le haut débit, et que l'Hexagone a du retard, c'est en grande partie parce que l'internet par câble (FTTB) ne s'est jamais vraiment développé en France. - Seul SFR le propose à grande échelle (ndlr) - Pour le journaliste, la France est un marché hyper compétitif dans lequel l'investissement a crû de 37% en trois ans, soit un quart du chiffre d'affaires des opérateurs. Il ajoute que la France travaille d'arrache-pied sur la performance de sa connexion :

Nous sommes, nous, en train de déployer un réseau en fibre optique jusque chez l'abonné. Cela prend plus de temps et coûte beaucoup plus cher. Mais, au final, nous disposerons d'ici peu d'un réseau ultra-performant bien supérieur à celui de tous nos voisins.

En France, les opérateurs télécoms développent leur fibre optique : Orange est leader, suivi par SFR, Bouygues Telecom et Free. D'autres opérateurs, plus petits, proposent leurs offres dans des zones plus reculées du territoire grâce aux Réseaux d'Initiative Publique (RIP). En avril dernier dans les tribunes du Monde, Delphine Gény-Stephann, secrétaire d’Etat à l’économie, a réaffirmé l'ambition française de respecter l'objectif très haut débit mis en place par l'Union Européenne pour 2025. Tandis, qu'en parallèle, la 5G pointe le bout de son nez.

La Grande-Bretagne : mauvaise élève de l'internet très haut débit

Les Britanniques, en plein Brexit, éprouvent certaines difficultés à se mettre à la fibre optique. Ils ne sont que 35ème au niveau mondial et 26ème au niveau de l'Union Européenne.

Dessin d'une maison avec connexion wifi

En cause, le manque d'investisseurs et l'arrêt du monopole d'Openreach (branche historique de BT Group) en charge de la construction et de l'entretien des lignes téléphoniques (majoritairement ADSL) au Royaume-Uni. Afin de remédier à sa réputation de mauvais élève, le gouvernement britannique s'est engagé à consacrer pour le moment 200 millions de livres (224 millions d'euros) pour développer le réseau en fibre optique.

Il a également fait part de sa volonté de légiférer sur les nouveaux logements qui devront être automatiquement équipés de la fibre optique, même pour les immeubles (bureaux, habitations) en location. Ces mesures devraient permettre à 15 millions d'Anglais de bénéficier de la fibre d'ici à 2025, soit 25% de la population.

 

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