Fintech : Tout savoir sur ces startups qui bousculent les banques
Une fintech est une entreprise qui utilise la technologie numérique pour améliorer ou automatiser des services financiers comme le paiement, la banque, l’assurance ou l’investissement. Les fintechs proposent des solutions plus rapides, plus simples et souvent moins coûteuses que les acteurs traditionnels, en s’appuyant sur des outils comme les applications mobiles, l’IA et les plateformes en ligne.
C'est quoi une Fintech ?
Définition d’une Fintech
Une fintech est une entreprise qui développe et exploite des technologies numériques innovantes (applications mobiles, intelligence artificielle, APIs, cloud, blockchain…) afin d’améliorer, automatiser ou réinventer des services financiers : paiement, banque, crédit, assurance, investissement, conformité réglementaire, etc.
Les fintechs ont pour objectif de proposer des services plus simples, plus rapides, plus personnalisés et souvent moins coûteux que ceux des acteurs financiers traditionnels. Le terme fintech apparaît dès les années 1980, mais le secteur connaît une croissance rapide à partir des années 2010 avec la généralisation du smartphone, d’Internet haut débit et des technologies de paiement numériques.
À l’origine majoritairement composées de startups, les fintechs regroupent aujourd’hui des entreprises de toutes tailles. Certaines ont dépassé le stade de la jeune pousse pour devenir des scale‑ups ou de véritables groupes internationaux comptant des millions de clients.
Plusieurs sortes de Fintech : Paytech, Roboadvisor, Insurtech
Pour une définition plus précise, on peut distinguer plusieurs catégories de Fintech.
| Type de Fintech | Définition | Exemples |
|---|---|---|
| Paytech | Solution d’optimisation de tous types de paiements | Lydia, Leetchi, IbanFirst, Stripe, Checkout.com |
| Roboadvisor | Conseil en investissement et gestion de portefeuille numérisés voire automatisés | Yomoni, WeSave, Nalo |
| Insurtech | Innovation numérique dans le domaine de l’assurance | Alan, Shift Technology, Inspeer |
| Regtech | Innovation destinée à simplifier le suivi des contraintes réglementaires financières | Scaled Risk, ComplyAdvantage, Fortia |
| Néobanque | Banque dématérialisée proposant des services bancaires innovants et à moindre coût | Revolut, N26, Nickel, Qonto, Shine |
| Cash management | Solution numérique de gestion des dépenses personnelles ou des flux de trésorerie d’une entreprise | Bankin’, Linxo |
| Crowdfunding ou Crowdlending | Plateforme de financement participatif faisant appel à un grand nombre de personnes pour financer un projet | KissKissBankBank, WiSEED, October |
| Comparateur | Solution de comparaison de produits financiers (comptes bancaires, crédits, placements, etc.) | Selectra, MeilleureBanque |
Les Fintech ne cessent d’innover, aussi ces quelques catégories ne sont-elles pas exhaustives. Certaines Fintech, pionnières sur un marché, n'appartiennent à aucune de ces catégories. Un exemple : Yelloan, une startup qui simplifie l’accès au crédit.
Les Fintech en France
Paris et la France : un hub pour les Fintech
La France fait aujourd’hui partie des principaux écosystèmes fintech en Europe. En 2026, l’écosystème français compte :
- Plus de 1 100 fintechs actives sur le territoire,
- Environ 54 000 emplois directs,
- 14 licornes fintech françaises (valorisation supérieure à 1 milliard de dollars),
- Environ 1,3 milliard d’euros levés en 2024, malgré un contexte de financement plus sélectif.
La France se positionne comme l’un des leaders européens, aux côtés du Royaume‑Uni, portée par la place financière de Paris, la qualité de ses ingénieurs et un cadre réglementaire structurant.
Toutefois, le secteur reste marqué par une forte concurrence : de nombreuses jeunes fintechs coexistent, mais seules certaines parviennent à atteindre une taille critique et à s’imposer durablement, illustrant un mouvement progressif de consolidation.
Levée de fonds et financement de Fintech en France : un écosystème
Les fintechs ont historiquement recours aux levées de fonds pour financer leur développement, notamment en raison des investissements technologiques élevés, des contraintes réglementaires et d’un seuil de rentabilité souvent long à atteindre.
Après un pic en 2021‑2022, les financements se sont normalisés :
- En 2024, les fintechs françaises ont levé environ 1,3 milliard d’euros,
- En 2025, les investissements restent soutenus mais davantage concentrés sur les acteurs les plus matures (B2B, infrastructure financière, cybersécurité, IA).
- Top 5 des levées de fonds de Fintechs françaises en novembre 2025
- Upway
- Zadient Technologies
- Deblock
- U-Space
- GetVocal AI
Les Fintech et la banque
Fintechs et banques : concurrentes et complémentaires
D’une part, certaines Fintechs empiètent sur des secteurs réservés aux banques de détail : le paiement (paytechs), les services bancaires du quotidien (néobanques), le crédit (crowdfunding et crowdlending).
Nombre de Fintechs ne sont pas des banques, mais permettent à l’utilisateur de contourner les banques pour certaines opérations.
En outre, les comparateurs accentuent la concurrence entre établissements bancaires, puisque le consommateur a désormais accès à toutes les offres du marché. L’asymétrie d’information s’est résorbée.
D’autre part, certaines Fintechs sont complémentaires aux activités traditionnelles de la banque. C’est le cas des regtechs, qui simplifient le suivi des contraintes réglementaires appliquées aux acteurs de la finance ; mais également des paytechs, qui en collaboration avec les banques, peuvent compléter l’offre de celles-ci pour mieux l’adapter aux besoins de leurs clients.
Bousculées par la révolution du digital, les banques sont contraintes d’adapter leur modèle. Toutefois, les banques semblent opter pour la collaboration avec les Fintechs afin de mieux réagir. Les banques ne peuvent ignorer la révolution digitale et ont besoin d’intégrer les innovations des Fintechs pour y faire face.
Banques et néobanques : les meilleurs ennemis ?
Parmi les différentes Fintechs, les néobanques sont peut-être celles qui viennent le plus directement concurrencer les banques de détail. Les néobanques empiètent sur leur secteur de prédilection, les services bancaires du quotidien aux particuliers ou aux entreprises.
Qui sont les néobanques ? Des entreprises souvent indépendantes des grands groupes bancaires, qui repensent l’approche des services bancaires et proposent ceux-ci à moindre coût. En règle générale, les néobanques ne proposent pas encore tous les services d’une banque. La force des néobanques : une offre adaptée aux nouveaux comportements digitaux et aux tarifs ultra-compétitifs.
Une menace pour les banques ? Oui et non. D’une part, le succès commercial des néobanques et le développement de leur panel de services indiquent que la concurrence sera de plus en plus forte. D’autre part, les utilisateurs qui se tournent vers les néobanques ne quittent pas leur banque ; les néobanques servent plutôt de complément. En outre, une complémentarité est possible entre ces acteurs et les banques traditionnelles : BNP Paribas a, par exemple, racheté Nickel en 2017.
Les fintechs et l'investissement en Bourse Des fintechs sont aussi présentes sur les marchés boursiers. Ces fintechs sont surtout présentes aux Etats-Unis et proposent de rendre accessibles l'investissement dans les cryptomonnaies ou sur les marchés boursiers. Ainsi, Robinhood permet aux utilisateurs d'investir en Bourse, sans passer par une banque et sans frais avec l'offre d'abonnement classique.
En France, Nalo permet à ses utilisateurs de bénéficier d'un contrat d'assurance-vie personnalisé grâce à un système d'intelligence artificielle.