Néobanques : les banques mobiles sont-elles de vraies banques ?

De nombreuses néobanques sont aujourd'hui de vraies banques.
De nombreuses néobanques sont aujourd'hui de vraies banques.

N26, Revolut, Orange Bank, Nickel… Si ces noms vous sont familiers, c’est parce que les néobanques se sont très rapidement imposées dans le paysage bancaire français. Ces banques nouvelle génération proposent des offres aux tarifs très attractifs, des fonctionnalités inédites et des parcours de souscription ultra rapides, loin des services des grandes banques traditionnelles. Mais ces banques mobiles sont-elles de vraies banques ? Voici quelques éléments de réponse !


Néobanque : comment savoir si ma banque mobile est une vraie banque ?

neobanques
Néobanques : des offres 100% mobile

Offres intéressantes, prix cassés, application mobile dernier cri, les néobanques ont mis un sacré coup de pied dans la fourmilière du secteur bancaire ! Débarquées sur le marché français il y a environ 5 ans, les néobanques, qu’on appelle également banques mobiles, ont cassé les codes, en proposant des packages bancaires attractifs accessibles en quelques minutes depuis son smartphone.

Mais ce n’est pas tout, les néobanques permettent d’accéder à de nombreux services bancaires sans conditions de revenus et sans se ruiner, grâce à des frais bancaires réduits au maximum et des cartes bancaires gratuites ou presque. Une petite révolution sur le marché bancaire, qui n’a pas manqué de séduire de nombreux consommateurs.

C’est quoi une vraie banque ?

Oui mais voilà, que se cache-t-il réellement derrière ces nouveaux acteurs bancaires 100% mobile ? Est-ce que les néobanques sont de vraies banques au même titre que les banques traditionnelles ?

Et bien ça dépend ! Tout d’abord, il est important de définir ce qu’est une vraie banque. Il faut savoir que les acteurs de la finance peuvent obtenir plusieurs licences, qui leur accordent différents droits en matière de services bancaires. Pour faire simple, une vraie banque est un établissement qui obtient un agrément d’établissement de crédit. Cela signifie qu’ils peuvent commercialiser eux-mêmes, en leur nom, des produits d’épargne, de crédits et d’offres bancaires.

  • Les différentes licences des acteurs de la finance
  • Etablissement de crédit : entreprise habilitée à recevoir des fonds et à octroyer des crédits
  • Etablissement de paiement : entreprise habilitée à fournir des services de paiement (moyens de paiement, dépôt et retrait d’argent, virements et prélèvements)
  • Etablissement de monnaie électronique : entreprise habilitée à émettre, gérer et mettre à disposition de la monnaie électronique
  • Agent prestataire de service de paiement : entreprise qui permet à des tiers d’accepter les paiements en ligne par carte bancaire
  • Intermédiaire en opérations de banque : entreprise qui met en relation deux parties souhaitant réaliser une opération de banque (exemple : courtier en crédit)

Si l’établissement possède une autre licence, il doit se rapprocher d’un établissement de crédit pour pouvoir proposer des offres bancaires. Les dépôts des clients seront alors détenus par l’établissement de crédit, et non par la banque mobile qui commercialise les offres.

N26, Revolut, Orange Bank… laquelle est une vraie banque ?

n26

Alors qu’en est-il des néobanques les plus prisées des consommateurs ? Lesquelles détiennent une licence d’établissement de crédit ?

N26 ou Revolut sont toutes deux aujourd’hui des établissements de crédit, et donc de vraies banques ! Elles n’ont donc pas d’intermédiaires financiers. C’est également le cas d’Orange Bank, qui est donc la première vraie banque française 100% mobile à pouvoir commercialiser des offres bancaires (cartes, livret d’épargne, crédits) et à héberger les fonds de ses clients. Ma French Bank, filiale de la Banque Postale suit les traces d’Orange Bank et a obtenu l’agrément d’établissement de crédit de la Banque Centrale Européenne.

Du côté de ce qu’on appelle les “comptes sans banque”, c’est à dire les néobanques qui n’ont pas de licence d’établissement de crédit, on retrouve notamment Nickel qui permet d’ouvrir un compte bancaire en quelques secondes chez un buraliste, et s’adresse notamment aux personnes en interdit bancaire, ou encore Sogexia, une fintech luxembourgeoise qui permet de souscrire à une carte de paiement en quelques clics.

Néobanque : des RIB français ou européens

Contrairement aux banques en ligne, les néobanques ne proposent pas toutes un RIB français. C’est notamment le cas de N26 qui met à disposition de ses clients un RIB allemand avec le préfixe “DE” ou encore Revolut qui opère désormais en Europe avec une licence lituanienne et un IBAN qui commence donc par “LT”. Sogexia dispose également d’un RIB luxembourgeois et d’un IBAN commençant par “LU”.

Orange Bank et Nickel, quant à elles, sont deux néobanques françaises qui permettent à leurs clients de bénéficier d’un RIB français.

Qu’est-ce que ça change d’avoir un RIB européen ? Normalement pas grand chose, d’autant plus que la discrimination à l’IBAN est interdite par la loi du 1er février 2016. Mais en pratique, ces RIB européens peuvent parfois poser problème, notamment auprès de certains organismes. Il n’est pas rare de voir encore aujourd’hui des refus de prélèvements ou de virements, mettant en cause un IBAN étranger.

Que faire en cas de refus d’un IBAN étranger ? Si vous êtes victime d’un refus de paiement ou de prélèvement à cause d’un IBAN étranger, il est nécessaire de rappeler par lettre recommandée à votre interlocuteur que cette pratique est illégale et punie par la loi. Si la demande n’aboutit pas, le mieux est de se rapprocher de l’autorité compétente : Banque de France, DGCCRF ou encore Autorité de contrôle prudentiel.

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