Le bilan 2017 de la Fédération Française des Télécoms

Pierre Louette, Président de la Fédération Française des Télécoms, et Directeur général délégué d’Orange, présente le bilan 2017.

Le 19 décembre, la Fédération Française des Télécoms a présenté les résultats de deux études sur le marché des télécoms. Créée il y a 10 ans, elle revient ainsi sur les évolutions du secteur depuis son existence et rappelle les enjeux actuels. Des chiffres clés qui visent à mettre en perspective les débats récents sur le déploiement des réseaux.

10 ans d’évolution des télécoms

La Fédération Française des Télécoms (FFT) rassemble plusieurs opérateurs, notamment Orange, SFR et Bouygues Telecom ; Free n’étant pas membre de la FFT. Cette année, la FFT fête ses 10 ans. A l’occasion de la présentation de son étude annuelle sur l’économie des télécoms, la Fédération dresse un bilan du secteur depuis 2007.

En l’espace de 10 ans, les réseaux et les abonnements télécoms se sont développés considérablement. Le haut débit (surtout ADSL) est ainsi passé de 15 millions d’abonnements en 2007 à 22 millions en 2017. De leur côté, les réseaux très haut débit (THD) ont fait leur apparition pour atteindre 6,5 millions d’abonnés en 2017 (sur 17 millions de logements éligibles). Les réseaux et les usages mobiles connaissent la même tendance :

  • +80% de sites mobiles entre 2006 et 2017 pour les 3 principaux opérateurs de la Fédération
  • +60% de cartes SIM sur la même période

Un investissement soutenu dans les réseaux internet et mobile

Entre 2007 et 2016, les opérateurs ont investi 71 milliards d’euros au total, répartis entre les réseaux fixe et mobile, soit un investissement moyen annuel de 7,1 milliards d’euros. En comparaison, entre 2008 et 2016, d’autres secteurs ont investi :

  • 5,1 milliards pour le transport et la distribution d’électricité
  • 4,7 milliards pour le réseau ferré

En 2017, la FFT estime déjà l’investissement à 10 milliards d’euros. Une dynamique que les opérateurs vont devoir poursuivre dans le cadre des objectifs de couverture du gouvernement.

Les forfaits internet et mobile les moins chers d’Europe

L’une des études présentées par la FFT montre une comparaison des offres internet et mobile des opérateurs leaders en France, en Allemagne, en Espagne, en Italie, en Pologne, au Royaume-Uni, ainsi qu’aux Etats-Unis. Déjà connue pour ses prix bas dans les télécoms, la France confirme sa position de pays le moins cher dans le domaine. L’écart avec les tarifs moyens des offres américaines est particulièrement marquant, celles-ci étant entre quatre et cinq fois plus chères.

Source : étude "Economie des Télécoms" 2017 de Arthur D. Little

Favorisée par une très forte concurrence sur le marché, la baisse des prix des opérateurs au cours des 10 dernières années (indice de prix de 63 en 2016 contre 100 en 2010) explique en partie la stagnation du chiffre d’affaires des 5 principaux opérateurs entre 2013 et 2016 à 40 milliards d’euros.

On met sur le marché de nouvelles technologies (fibre, 4G) au même prix (ADSL) ou à un prix inférieur (3G/2G) que la précédente. (Pierre Louette, Président de la Fédération Français des Télécoms)

Si pour le consommateur, la concurrence a été très bénéfique en matière de pouvoir d’achat, le bilan est perçu différemment par les opérateurs. En effet, pour eux, ce constat souligne plus le fait qu'ils doivent dépenser plus pour le déploiement, mais sans forcément gagner plus.

Avenir des déploiements : la Fédération Française des télécoms demande des “conditions favorables”

Alors que les opérateurs sont toujours en discussion avec le gouvernement, la Fédération a confirmé soutenir complètement les objectifs de déploiement, en rappelant néanmoins certaines demandes clés de ses membres. En effet, si les opérateurs sont prêts à poursuivre et intensifier les déploiements, les conditions actuelles constituent des freins. Les 3 principales conditions :

 Faire des licences mobiles un outil pour favoriser la couverture et non un outil budgétaire

 Simplifier les démarches administratives

Par exemple, pour obtenir l’autorisation de déployer un pylône, il faudrait actuellement 2 ans, contre environ 5 mois en Allemagne, d’après la Fédération.

En Espagne, la couverture en fibre FTTH a atteint 98% des foyers fin 2016. Un bilan spectaculaire face au taux de 26% en France et d’autant plus marquant que, Orange, opérateur historique en France, a davantage de clients FTTH en Espagne qu’en France. Pour la Fédération, cette différence s’explique en grande partie par une réglementation allégée en matière de déploiement.

 Alléger la fiscalité, pour qu’elle ne pénalise pas le déploiement

Cela fait notamment référence à l’élargissement récent de la taxe IFER qui a suscité beaucoup de réactions des acteurs du déploiement.

La fiscalité spécifique aux opérateurs télécoms Plusieurs taxes et impôts spécifiques s’appliquent, notamment l’IFER, une taxe sur les infrastructures fixe et mobile, la redevance des fréquences, la RCP pour la copie privée, la TOCE (ou taxe Copé), et la TST-D (taxe sur les services de télévision). En 2016, la fiscalité spécifique a coûté 1,2 milliards d’euros aux 3 principaux opérateurs de la FFT.

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