L'application StopCovid enfin disponible sur Android et iOS

Application StopCovid

L'application StopCovid développée par le gouvernement français a été déployée le 2 juin dernier sur iOS et Android. Après de nombreux débats et de nombreux rebondissements, elle voit finalement le jour et a déjà été téléchargée plus de 600 000 fois au lendemain de sa sortie. Retrouvez notre analyse dans cet article.


StopCovid : l'application contestée de lutte contre le coronavirus disponible en téléchargement

Page d'accueil StopCovid

L'application StopCovid est disponible au téléchargement depuis le 2 juin dernier pour les systèmes d'exploitation Android et iOS. Téléchargée plus de 600 000 fois au lendemain de sa sortie, l'application semble rencontrer son public malgré les nombreux débats et controverses qu'elle a suscité tout au long de son développement. L'application est d'ailleurs numéro 1 dans la catégorie "Forme et Santé" de l'App Store.

Pour rappel, l'application StopCovid est une application développée à l'initiative du Gouvernement mais qui a aussi mobilisé de nombreux acteurs de différents horizons. Les entreprises françaises Capgemini, Dassault Systèmes, Lunabee Studio, Orange, Withings, des start up comme BoforCure ou C4Diagnostic, l'Institut Pasteur et des organismes publics l'Agence nationale de sécurité des systèmes d’information, Inserm et Santé publique France ont ainsi participé. Tous ces intervenants répondant à l'Inra (Institut National de Recherche en informatique et en Automatique ) en charge de la supervision du développement de l'application.

Le développement de l'application StopCovid a suscité de nombreux débats et interrogations sur l'anonymat des personnes, la collecte des données et le traçages des individus, qui plus est effectué par une application gouvernementale. Le CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés) a cependant rendu un avis globalement favorable le 26 mai dernier :

L’application utilisera des données pseudonymisées, sans recours à la géolocalisation, et ne conduira pas à créer un fichier des personnes contaminées. La CNIL constate que ses principales recommandations ont été prises en compte et estime ainsi que ce dispositif temporaire, basé sur le volontariat, peut légalement être mis en œuvre.

Le CNIL estime cependant que l'utilité de l'application devra être régulièrement évaluée et la durée de sa mise en oeuvre conditionnée aux résultats ce celle-ci.

Comment fonctionne l'application Stop Covid ?

L'application StopCovid fonctionne avec le Bluetooth et lorsque deux smartphones se trouvent à proximité (à moins d'un mètre) pour une durée de 15 minutes minimum, elle enregistre ce contact sur les deux appareils concernés. Dans les deux semaines suivantes, si une personne est diagnostiquée positive au coronavirus, une alerte apparaîtra sur le téléphone de toutes les personnes qu'elle a côtoyé : "Risque d'exposition au coronavirus. Vous avez croisé ces derniers jours une personne testée positive au coronavirus. Appuyez ici pour savoir quoi faire".

Pour que cette application fonctionne, il est ainsi nécessaire qu'un maximum de personnes l'installent. L'application étant basée sur le volontariat, son intérêt reste contingent du nombre de personnes qui vont effectivement l'utiliser. Comme l'explique Cédric O, secrétaire d'État au numérique, "Dès les premiers téléchargements, l'application évite des contaminations. On a besoin qu'un maximum de gens l'ait. On vise d'abord les personnes qui vivent dans les villes parce que ce sont elles qui font circuler le virus."

StopCovid

StopCovid repose ainsi principalement sur la volonté des utilisateurs à "jouer le jeu", une nécessité d'un point de vu légal pour le CNIL: "La commission remarque aussi que le consentement sera assuré à plusieurs niveaux : l’installation de l’application, l’activation du Bluetooth, la notification du résultat positif dans l’application notamment."

Pour qu'une alerte soit envoyée à toutes les personnes ayant côtoyé une personne infectée, il sera nécessaire que celle-ci l'indique dans l'application. Il suffira alors de renseigner un code fourni par les autorités sanitaires (une suite de caractères ou un code QR) et la date d'apparition des premiers symptômes. L'alerte s'activera alors pour les utilisateurs ayant croisé cette personne sans toutefois révéler son identité.

Cette déclaration est cependant laissée à la discrétion de l'utilisateur, encore une fois une condition sine qua none pour que l'application soit utilisée dans un état de droit démocratique garant des libertés individuelles. Si le CNIL a ainsi donné son aval, c'est aussi parce que le gouvernement a confirmé "l’absence de conséquence juridique négative attachée au choix de ne pas recourir à l’application" et a garanti l'absence de droit spécifique pour ceux qui y auront recours.

Comme le rappelle la Commission nationale de l'informatique et des libertés :

Le fait d’instituer un dispositif qui enregistre automatiquement les cas contacts de ses utilisateurs constitue une atteinte à la vie privée qui n’est admissible qu’à certaines conditions".

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