Les pays où l'électricité est la moins chère
Notre étude classe 156 pays selon le prix du kWh payé par un ménage. En haut du classement des tarifs les plus bas, on retrouve des pays producteurs d'hydrocarbures qui subventionnent fortement l'énergie :
| Pays | Prix du kWh | Source |
|---|---|---|
| Turkménistan | 0,0066 € | Turkmenergo |
| Soudan | 0,0070 € | SEDC |
| Bahreïn | 0,0074 € | EWA |
| Angola | 0,0110 € | ENDE |
| Éthiopie | 0,0140 € | Ethiopian Electric Power |
Méthodologie : prix relevé par Selectra en mars 2025, mis à jour tous les 6 mois. Il correspond à un consommateur résidentiel, puissance 5 kVA, pour le 300ᵉ kWh consommé dans le mois, dans la capitale, converti en euros au taux de change à la date de relève.
Mais un prix bas ne fait pas tout : mieux vaut viser les pays où l'électricité est peu chère et où les coupures sont rares. Ce classement-là place en tête Bahreïn, le Qatar et Oman — des pays où la population est habituée à une énergie quasi gratuite, subventionnée par l'État. Tout l'inverse de la France, où les taxes représentent environ 30 % du prix du kWh. En Europe, les tarifs les plus bas se trouvent en Turquie, en Ukraine et en Géorgie.
Prix de l'électricité et hyperinflation
Le Zimbabwe n'est plus le pays le moins cher du monde depuis qu'il a arrimé sa monnaie à l'or. À l'inverse, si la Turquie affiche un prix aussi faible, c'est en grande partie parce que sa monnaie, la livre turque, s'est fortement dévaluée ces dernières années.
Comment se classe la France ?
Avec un prix du kWh d'environ 0,20 € au moment de l'étude, la France se classe 118ᵉ sur 156 pays. En Europe, le pays le plus cher est l'Allemagne (0,3951 €, soit près du double du prix français). La France se situe 18ᵉ sur 43 en Europe, pour une moyenne continentale de 0,21 € par kWh.
Le prix de l'électricité par continent
| Continent | Prix du kWh moyen |
|---|---|
| Asie | 0,091 € |
| Amérique du Sud | 0,130 € |
| Afrique | 0,133 € |
| Océanie | 0,172 € |
| Amérique du Nord | 0,197 € |
| Europe | 0,207 € |
Moyenne des prix nationaux par continent, selon la définition des Nations unies (l'Amérique centrale est rattachée à l'Amérique du Nord).
L'Asie affiche l'électricité la moins chère : elle regroupe la plupart des producteurs d'hydrocarbures (pays du Golfe, Asie centrale), où l'électricité est très bon marché. À l'inverse, l'Europe, qui importe la quasi-totalité de ses hydrocarbures et applique des taxes élevées, a l'électricité la plus chère, au-dessus de 20 centimes par kWh.
Le prix moyen mondial
Le prix moyen de l'ensemble des pays étudiés s'établit à 0,15 €/kWh, soit environ 26 % de moins qu'en France.
Prix de l'électricité et libéralisation du marché
Nous avons classé les pays de l'étude en « libéralisé » et « non libéralisé » (les marchés partiellement ouverts, comme les États-Unis ou le Canada, sont comptés comme libéralisés) :
| Statut du marché | Prix moyen du kWh |
|---|---|
| Non libéralisé | 0,127 € |
| Libéralisé | 0,242 € |
Le prix est environ deux fois plus élevé dans les pays libéralisés. À première vue, cela ne plaide pas pour la libéralisation — mais deux facteurs nuancent le constat. D'abord, les pays libéralisés sont surtout des pays riches (Union européenne, États-Unis, Canada, Japon, Singapour). Ensuite, ils ne subissent pas de coupures de courant, un fléau qui touche la majorité des pays non libéralisés.
Prix de l'électricité et coupures de courant
Parmi les 10 pays où l'électricité est la moins chère, 9 connaissent des coupures fréquentes. La qualité de service est donc clairement corrélée au prix du kWh :
| Coupures de courant | Prix moyen du kWh |
|---|---|
| Fréquentes | 0,127 € |
| Rares | 0,187 € |
Le prix est environ 50 % plus élevé là où la qualité de service est bonne. Pour classer les pays, nous avons recensé ceux où des coupures touchent tous les clients résidentiels au moins quatre fois par an : sur les 156 pays analysés, 93 souffrent de problèmes de stabilité du réseau, soit 60 %.
Derrière ce constat se dessine une ligne de partage entre pays riches et libéralisés (électricité chère et fiable) et pays plus pauvres en monopole (électricité un peu moins chère mais service instable). Dans la quasi-totalité des pays qui subissent des coupures, celles-ci sont imputées à un manque d'offre : un prix ou des conditions qui ne permettent pas de développer de nouvelles capacités de production.